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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2100295

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2100295

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2100295
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrésidente Bader-Koza
Avocat requérantSCP LOIACONO-MOREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2021 et complétée le 18 février 2021, et un mémoire, enregistré le 29 décembre 2021, Mme D B, représentée par Me Loiacono :

1°) forme opposition à la contrainte émise le 15 janvier 2021 par la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité de 184,86 euros versée à tort du 1er novembre 2019 au 31 décembre 2019 et d'un indu de prime d'activité de 604,02 euros versée à tort du 1er mai 2018 au 30 avril 2019 ;

2°) demande au tribunal de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme se trouve dans l'impossibilité d'apporter la preuve de l'existence d'un quelconque indu, dès lors que ses services lui ont, à de multiples reprises, fournit des informations contradictoires ;

- les indus en litige ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense et des pièces, enregistrés les 31 mai 2021, 11 janvier 2022 et 13 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet.

Elle fait valoir que :

- le recours de Mme B est irrecevable, conformément aux dispositions de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale ; en effet, la contrainte en litige lui a été notifiée le 30 janvier 2021 et le délai de recours expirait le 15 février 2021 ; ainsi, le recours contentieux introduit le 24 février 2021 est tardif ;

- Mme B est redevable de la somme de 332,13 euros au titre de la prime d'activité ; en premier lieu, la dette d'un montant de 604,02 euros, ramené à 221,64 euros après révision du dossier, a pour origine la prise en compte de la somme de 843,50 euros versée par le comité de gestion des œuvres sociales dans le cadre de la rentrée scolaire ; toutefois, si les services de la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme ont appliqué un coefficient aux salaires nets imposables perçus par M. B, elle a annulé cette application ce qui a réduit la dette de la requérante ; en second lieu, la dette d'un montant de 184,86 euros, ramené à 110,49 euros après révision du dossier, concerne la prise en compte des salaires de sa fille C depuis le mois d'août 2019 que l'intéressée avait omis d'indiquer dans sa déclaration trimestrielle de prime d'activité.

Par une intervention, enregistrée le 13 février 2021, Mme E A, assistante sociale du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête de Mme B.

Elle soutient que :

- M. et Mme B rencontrent des difficultés avec les services de la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme depuis 2019 et ils se sont à de nombreuses reprises rendus dans leurs locaux afin de comprendre l'origine de leur dette ;

- lors d'un entretien le 11 janvier 2021, un agent de la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme leur a indiqué que les sommes réclamées étaient dues à une mauvaise prise en compte d'une prestation annuelle versée par le comité de gestion des œuvres sociales sur les années 2018 et 2019 ; toutefois, la contrainte litigieuse indique que la créance de 184,86 euros a pour origine un changement de situation d'Anthony, leur fils ;

- M. et Mme B peuvent rembourser les sommes dues, dès lors que leur situation financière est stable et saine ; ils souhaitent toutefois comprendre l'origine des créances.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;

- et les observations de Me Loiacono, avocat de Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été admise au bénéfice de la prime d'activité. Par une décision du 3 janvier 2020, la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme a notifié à l'intéressée un trop-perçu au titre de cette prime d'activité d'un montant de 184,86 euros versé à tort du 1er novembre 2019 au 31 décembre 2019 à la suite d'un changement de situation de l'un de ses enfants. Par une décision du 20 janvier 2020, cette même caisse a notifié à Mme B un trop-perçu d'un montant de 604,02 euros au titre de la prime d'activité versé à tort du 1er mai 2018 au 30 avril 2019 à la suite de la régularisation des ressources trimestrielles de M. B. La caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme l'a mise en demeure de payer ces sommes par un courrier du 10 septembre 2020. Le 15 janvier 2021, cette caisse a émis une contrainte à l'encontre de Mme B pour le recouvrement de son indu. Par la présente requête, cette dernière forme opposition à cette contrainte.

Sur l'intervention de Mme A :

2. Mme A, assistante sociale du CHU de Clermont-Ferrand, employeur du mari de la requérante ne justifie pas d'un intérêt suffisant à l'annulation de la décision attaquée. Par suite, son intervention au soutien de la requête de Mme B, n'est pas recevable.

Sur les conclusions à fin d'opposition à la contrainte :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 133-3 dudit code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. () ".

4. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision, ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions précitées.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, d'une part, le premier indu d'un montant de 221,64 euros a pour origine l'absence de déclaration de la prime de scolarité versée au mois d'août 2018 par le CGOS à l'époux de la requérante ; d'autre part, le second indu mis à la charge de Mme B d'un montant de 110,49 euros a pour origine la prise en compte de la situation professionnelle de la fille de la requérante, qui a omis de déclarer ses salaires depuis le mois d'août 2019. Dans ses conditions, alors que Mme B a manqué à ses obligations déclaratives, elle n'est pas fondée à soutenir que les indus en litige n'étaient pas fondés.

6. En second lieu, à l'appui d'une opposition à contrainte, un requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et l'exigibilité de la créance qui lui est réclamée. En l'espèce, Mme B se borne à soutenir que la gestion de son dossier par les services de la CAF a été confuse et incompréhensible. Ces éléments sont inopérants quant à la légalité de la contrainte en litige.

7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, la requête de Mme B doit être rejetée y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention de Mme A n'est pas admise.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la caisse d'allocations familiales du Puy-de-Dôme.

Copie en sera adressée, pour information, à Mme E A.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

La présidente,

S. BADER-KOZA La greffière,

E. CONSTANTIN-OUAGNE

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Lm/ eco

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