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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2401670

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2401670

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2401670
TypeOrdonnance
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Vaz de Azevedo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née le 29 janvier 2022 du silence gardé par le préfet du Puy-de-Dôme sur sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite dès lors que son dernier récépissé de demande de titre de séjour est expiré depuis le 5 juillet 2024 et qu'en l'absence de nouveau récépissé l'autorisant à travailler, il ne peut pas conclure un nouveau contrat d'alternance à compter de septembre 2024 en vue de l'obtention d'un master, ce qui menace la poursuite de ses études ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite de refus de titre de séjour dès lors que cette décision n'est pas motivée, est entachée d'une " erreur de droit au regard de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", et est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 " du même code.

Vu :

- la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le n° 2401669 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Panighel, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Le premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire.(). ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. M. B, entré en France en 2016 pour s'engager au titre de la Légion étrangère, affirme avoir présenté, au cours du mois de mai 2021, une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " afin de poursuivre des études en alternance. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué par M. B que la décision implicite dont il demande l'annulation porte refus de renouvellement d'un titre de séjour ou de retrait d'un tel titre. Il lui appartient donc de justifier de l'existence d'une condition d'urgence en vertu des principes rappelés au point 2.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de titre de séjour du préfet du Puy-de-Dôme, M. B fait valoir qu'il a conclu des contrats d'apprentissage, en dernier lieu le contrat conclu avec la société Techni Alarme Vigilec Auvergne pour la période du 7 novembre 2022 au 31 août 2024, qui lui ont permis de suivre une formation " Bachelor Marketing " dispensée par l'organisme de formation GFS. Il soutient que l'absence de renouvellement de son dernier récépissé de demande de titre de séjour, expiré le 5 juillet 2024 selon ses allégations, ne lui permet pas de conclure un nouveau contrat d'apprentissage dans le cadre de son inscription au " Programme Grande Ecole " de l'ESC Clermont au titre de l'année universitaire 2024-2025. Il fait valoir que, dans ces conditions, la poursuite de ses études est menacée puisqu'il ne peut réaliser son cursus au sein de l'ESC Clermont que dans le cadre d'une alternance. Toutefois, et à supposer même que la nouvelle formation qu'il souhaite suivre ne peut effectivement être réalisée que dans le cadre d'une alternance, ce qui ne ressort pas des pièces du dossier, M. B s'est régulièrement vu délivrer des récépissés de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler à compter du 29 septembre 2021 et ayant toujours été renouvelés jusqu'à présent. La situation dont se plaint le requérant ne trouve ainsi pas sa cause directe dans le refus implicite de séjour opposé, mais davantage dans le retard de l'administration à renouveler ledit récépissé. En outre, le requérant n'établit pas qu'il serait placé dans une situation telle qu'il en résulterait pour lui, notamment sur un plan matériel, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme justifiant de la situation d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Clermont-Ferrand, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

L. PANIGHEL

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No2401670

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