mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402270 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ROY LISA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Roy, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le département du Puy-de-Dôme a refusé de valoriser son droit au revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui verser ses droits au revenu de solidarité active dès la notification de l'ordonnance à venir ;
3°) de mettre à la charge du département du Puy-de-Dôme la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la décision en litige la prive de tout revenu et porte directement atteinte à sa situation personnelle ;
- la signature d'un contrat d'engagement réciproque lui a été refusée ;
- elle est placée dans une situation d'extrême précarité qui la contraint à s'endetter auprès de son colocataire afin de s'acquitter de ses charges courantes et à accepter le secours financier d'un ami.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que la commission de recours amiable a été saisie pour avis ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le département n'apporte aucune preuve de l'existence d'une quelconque vie de couple ni de revenus du foyer supérieurs au montant forfaitaire mensuel de 635,71 euros ; elle est en simple colocation avec son aidant familial.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Le premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le département du Puy-de-Dôme a refusé de revaloriser son droit au revenu de solidarité active. Si la requérante indique qu'elle a introduit un recours en annulation contre cette décision, elle n'a pas joint la copie de cette requête à la présente demande de suspension en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Par suite, la requête aux fins de suspension présentée par Mme B est manifestement irrecevable.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B, y compris celles aux fins d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
No 2402270
AC