mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2402397 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AVK AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. A C et Mme D C, épouse B, représentés par la SELARL AVK et Associés, Me Gros, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner une médiation en application des dispositions des articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative ;
2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 28 août 2024 par lequel le maire de la commune de Courpière a prescrit, à compter du 1er octobre 2024, la réalisation d'office, par la commune et à leurs frais, de travaux de mise en sécurité de bâtiments dont ils sont propriétaires, sis 8 rue Champêtre et 35 boulevard Vercingétorix, cadastrés section BL numéros 695 et 697 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Courpière la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, d'une part, les travaux envisagés auront un impact sur leur patrimoine et emporteront pour eux des conséquences financières ; d'autre part, ils ont engagé une partie importante des travaux prescrits, de telle sorte que l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et immédiate à leurs intérêts ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
* ils n'ont pas été informés qu'un arrêté d'exécution d'office allait être édicté à leur encontre, alors que les arrêtés de péril dont ils ont fait l'objet ont été édictés il y a plus de trois ans, ce qui les a privés d'une garantie ; en particulier, ils n'ont pas pu se prononcer sur le montant des travaux envisagés, dont la somme, qui va in fine être mise à leur charge, s'élèverait à 150 000 euros ;
* ils n'ont pas été informés qu'un rapport d'information de la police municipale a été dressé le 26 août 2024, conjointement avec les services techniques de la mairie de Courpière ;
* l'arrêté attaqué est illégal en raison de circonstances postérieures à son édiction qui doivent être prises en considération, eu égard à l'évolution de l'office du juge de l'excès de pouvoir, qui peut être transposée à l'office du juge du référé-suspension ; en l'espèce, une partie des travaux de mise en sécurité a été réalisée le 23 septembre 2024 et une autre va être réalisée dans les plus brefs délais.
Vu :
- la requête n° 2402396 enregistrée le 26 septembre 2024 par laquelle M. et Mme C demandent l'annulation de la décision en litige ;
- l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires de bâtiments situés sur le territoire de la commune de Courpière, sis section BL n° 695 et 697. Faute d'avoir réalisés dans les délais qui leur étaient impartis les travaux prescrits par les mises en demeure qui ont été édictées à leur encontre les 21 octobre et 8 décembre 2021, le maire de la commune de Courpière a pris, le 28 août 2024, un arrêté d'exécution d'office des travaux de mise en sécurité des bâtiments, aux frais de leurs propriétaires. Par la présente requête, M. et Mme C demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté attaqué, M. et Mme C font valoir que les travaux envisagés risquent d'impacter leur patrimoine, notamment financier et, qu'ils ont d'ores et déjà réalisés une partie importante des travaux prescrits. Toutefois, les requérants, qui ne produisent aucune pièce permettant d'attester de la nature et de la consistance de leur patrimoine, notamment financier, n'établissent pas que l'exécution de l'arrêté en litige porterait atteinte de manière suffisamment grave à leurs intérêts. En outre, la circonstance que les requérants ont déjà réalisés des travaux de mise en sécurité n'a d'incidence que sur la mise en œuvre effective des mesures prescrites par l'arrêté attaqué et ne saurait, là encore, préjudicier de manière suffisamment grave et immédiate à la situation des intéressés. Par suite, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 août 2024 ne peuvent qu'être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Le rejet de ces conclusions entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions relatives à la médiation :
6. Aux termes de l'article L. 213-7 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci. ".
7. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions à fin de suspension présentées par M. et Mme C ne nécessitent pas, en l'état de l'instruction, qu'une médiation soit ordonnée en application des dispositions précitées de l'article L. 213-7 du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné une médiation ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme D C, épouse B.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Courpière.
Fait à Clermont-Ferrand, le 1er octobre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.zr