mercredi 16 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2501048 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 avril 2025, Mme A C B, doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer sans délai, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Elle soutient que :
- elle est étudiante à l'école Polytech Clermont et elle doit effectuer un stage à partir du 14 avril 2025 pour valider son année universitaire ; il lui est pour cela indispensable d'obtenir un document permettant de justifier de la régularité de son séjour, mais la préfecture ne donne aucune suite à ses sollicitations en ce sens ;
- la situation à laquelle elle est confrontée porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener à bien ses études et d'accéder à un stage obligatoire.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, mention " étudiant ".
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
4. Pour justifier de l'urgence à enjoindre la mesure sollicitée, Mme B soutient qu'elle doit réaliser un stage à partir du 14 avril 2025, dans le cadre de son cursus universitaire à l'école Polytech Clermont et qu'il lui est pour cela indispensable de détenir un document permettant de justifier de la régularité de son séjour. Toutefois, à l'appui de ses allégations, la requérante ne produit qu'une annexe à sa convention de stage, qui n'a été signée que par la représente de l'entreprise chargée de l'accueillir et ne démontre pas, à elle seule, que Mme B est bel et bien tenue de réaliser le stage dont elle se prévaut à compter du 14 avril 2025. Dans ces conditions, l'intéressée ne démontre pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Clermont-Ferrand, le 16 avril 2025.
La présidente du tribunal,
S. BADER-KOZA
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.zr