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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2503851

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2503851

vendredi 9 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2503851
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP LACOURTE RAQUIN TATAR

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand rejette la requête indemnitaire de M. et Mme B... et E... comme manifestement irrecevable. Les requérants avaient saisi le juge avant l’expiration du délai de deux mois suivant leur demande préalable adressée au syndicat mixte Le Grand Clermont, de sorte qu’aucune décision administrative n’était encore née. En application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative, cette irrecevabilité ne pouvant être régularisée que par l’intervention ultérieure d’une décision, le tribunal rejette la requête par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 décembre 2025, M. et Mme B... et E..., représentés par le cabinet Lacourte Raquin Tatar avocats, Me Guinot, demande au tribunal :

1°) de condamner le syndicat mixte le Grand Clermont à leur verser la somme de 233 104 euros assortie des intérêts au taux légal ;

2°) de mettre à la charge du syndicat mixte le Grand Clermont la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes du premier alinéa de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ».

Il résulte de ces dispositions que lorsqu’un requérant, après avoir présenté une demande à l’administration, saisit le juge administratif avant que celle-ci ne se soit prononcée sur cette demande, ses conclusions, dirigées contre une décision qui n’est pas encore née, sont irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d’instance, par l’intervention d’une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu’aucune décision n’a été prise par l’administration, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi. Une telle irrecevabilité étant manifeste et le juge ne pouvant inviter le requérant à la régulariser, puisqu’une telle régularisation ne peut résulter que de l’intervention ultérieure d’une décision expresse ou implicite, les conclusions qui en sont entachées peuvent être rejetées par ordonnance sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Il ressort des pièces du dossier que le 22 décembre 2025, M. et Mme B... et E... ont sollicité du syndicat mixte Le Grand Clermont le versement d’une somme de 200 000 euros à titre d’indemnisation des préjudices résultant de la faute commise par ses services dans l’instruction de la demande de permis d’aménager déposée par la SAS Conceptions Urbaines. Une décision implicite de rejet de cette demande ne pouvant naître qu’à l’expiration d’un délai de deux mois à compter de sa réception, les conclusions indemnitaires de la requête sont prématurées et ne sont, par suite pas recevables.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B... et F... est entachée d’irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par application des dispositions citées ci-dessus de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B... et F... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et à Mme A... B... ainsi qu’à E....


Fait à Clermont-Ferrand, le 9 janvier 2026.

La présidente de la 2ème chambre,





C. BENTÉJAC

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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