jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100100 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FABBRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) SPM diagnostic, représentée par Me Fabbri, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Garein à lui verser la somme de 4 842 euros correspondant à la facture numéro 19-06-0348 du 18 juin 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Garein la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le devis qu'elle a émis le 16 mai 2019 a été accepté et signé par la commune de Garein le 19 mai 2019 ; la facture a été établie conformément à ce devis, le 18 juin 2019 ;
- le devis prévoyait que le nombre d'analyses d'échantillons d'amiante était à définir suivant le programme des travaux et les modalités de la norme NFX 46 020 ; il a été établi conformément à cette norme ;
- la commune de Garein était informée de la méthodologie appliquée pour procéder aux repérages ainsi qu'aux opérations de sondage et de prélèvements ;
- les prélèvements d'échantillons d'amiante étaient indispensables à la réalisation de la mission ;
- les diligences effectuées sont conformes aux règles de l'art et aux normes applicables, ce qui a permis à la commune de Garein d'utiliser le rapport établi à l'issue de la mission ;
- ce n'est que trois mois après son intervention que la commune de Garein lui a fait part de son refus de payer la prestation réalisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2021, la commune de Garein, représentée par Me Peneau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société SPM Diagnostic la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'analyse de 57 échantillons au prix unitaire de 55 euros hors taxes n'a jamais fait l'objet d'un accord des parties, ni même d'une éventuelle information sur la nécessité de ce supplément, dans son principe comme dans son étendue ;
- le devis comporte une mention imprécise et trompeuse quant aux frais d'analyse d'échantillons, " en supplément si nécessaire ", si bien qu'il est contradictoire d'énoncer que ces analyses revêtiraient un caractère obligatoire ;
- le mémento joint au devis n'avait pour objet que d'informer sur les obligations pesant sur un propriétaire en matière de diagnostics, afin de dégager sa responsabilité ; la norme NFX 46-020 ne définit pas le nombre de prélèvements nécessaires si bien que même à la lecture de cette norme, elle ne pouvait connaître le coût de l'intervention de la SARL SPM diagnostic ;
- la SARL SPM diagnostic, en sa qualité de professionnel, avait l'obligation d'indiquer à sa co-contractante une fourchette de nombre de prélèvements à effectuer de manière à la convaincre de recourir à cette prestation ;
- elle est fondée à refuser de régler toute somme excédant celle de 1 080 euros toutes taxes comprises prévue au devis qu'elle a accepté et qu'elle a mandatée le 18 février 2020.
Par ordonnance du 22 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 mai 2019, la commune de Garein (Landes) a sollicité la SARL SPM diagnostic, exerçant sous l'enseigne Agenda 40 Mont-de-Marsan, afin de réaliser, avant travaux, les diagnostics amiante, plomb, termite et mérule dans une maison construite avant 1949, d'une superficie fixée postérieurement à 263 m2. L'entreprise a établi un devis, le même jour, qui lui a été retourné signé. Elle demande au tribunal de condamner la commune de Garein à lui verser la somme de 4 842 euros toutes taxes comprises correspondant à la facture qu'elle a émise le 18 juin 2019, après réalisation de la prestation.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le montant contractuel du devis établi le 16 mai 2019 :
2. La SARL SPM diagnostic sollicite le paiement de la facture émise le 18 juin 2019, d'un montant de 4 842 euros, et soutient qu'elle a été établie conformément au devis présenté, le 16 mai 2019, à la commune de Garein qui l'a accepté et signé. Elle souligne que ce devis indiquait que le nombre d'analyses d'échantillons d'amiante était à définir suivant le programme des travaux et les modalités de la norme NFX 46 020, qu'il a été établi conformément à cette norme, et que la commune de Garein était informée de la méthodologie appliquée pour procéder aux repérages ainsi qu'aux opérations de sondage et de prélèvements.
3. La commune de Garein conteste être redevable de cette somme. Elle fait valoir que le montant du devis qu'elle a accepté s'élevait à 1 080 euros toutes taxes comprises et qu'elle a réglé cette créance par un mandat émis le 18 février 2020.
4. Il résulte de l'instruction que le devis établi par la requérante prévoit quatre postes de dépenses : un " forfait pour déplacement, édition et transmission du rapport, SAV : pour diagnostics avant travaux d'une maison d'environ 220 m2 ", s'élevant à 150 euros hors taxes, un " constat des risques d'exposition au plomb ", s'élevant à 250 euros hors taxes, un " constat de repérage amiante* " pour 250 euros hors taxes, et un " état parasitaire* " pour 250 euros hors taxes. Par un renvoi d'astérisque, il est par ailleurs mentionné en bas de page : " * en supplément si nécessaire : / frais analyse échantillon amiante 55 € HT par prélèvement (rebouchage en option 2 € HT / prélèvement) ; à définir suivant programme de travaux et modalités définies par la Norme NFX 46 020 / frais analyse de bois pour identification Champignon 100 € HT par prélèvement ". Enfin, il est mentionné un total hors taxes de 900 euros et un total toutes taxes comprises de 1 080 euros " hors analyse ". Était annexé au devis un document intitulé " Mémento - les diagnostics amiante et plomb avant/après travaux ou démolition ". Cette annexe comporte une rubrique " pourquoi des diagnostics avant travaux ou démolition " et une autre portant sur " les responsabilités des maîtres d'ouvrage ", et est complétée par des photographies du matériel utilisé pour procéder aux prélèvements, de leur mise en œuvre et des rebouchages.
5. La facture adressée à la commune de Garein reprend les quatre postes de dépense du devis, d'un montant de 900 euros hors taxes, auxquels s'ajoute une ligne de " frais analyse échantillon amiante " d'un montant de 3 135 euros hors taxes pour 57 prélèvements à 55 euros hors taxes, soit un total de 4 035 euros hors taxes ou 4 842 euros toutes taxes comprises. Si la SARL SPM diagnostic soutient que les frais d'analyse d'échantillons étaient prévus au devis, il résulte de ce qui précède que le montant total du devis s'élevait à 1 080 euros toutes taxes comprises, sans que les mentions marginales relatives au coût des analyses des prélèvements, " si nécessaire ", non plus que la mention " hors analyse " figurant sous le total ne suffisent à considérer que ce montant n'était qu'une part de ce que la commune de Garein s'engageait à payer en signant ce devis. L'information délivrée en annexe, qui ne porte aucunement sur le coût supplémentaire induit par l'analyse des prélèvements, ne saurait davantage engager le client quant à ce coût. Par ailleurs, la requérante ne conteste pas avoir reçu paiement du montant de 1 080 euros correspondant au montant figurant sur le devis. Dans ces conditions, ses conclusions tendant à la condamnation de la commune de Garein à lui payer le solde de la facture, au titre de son obligation de paiement, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la facturation des prélèvements pour analyse :
6. Le titulaire d'un marché a droit au paiement des prestations supplémentaires qui, réalisées avec ou sans ordre de service du maître d'ouvrage, ont été indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art, sauf dans le cas où la personne publique s'est préalablement opposée, de manière précise, à leur réalisation. Par ailleurs, il a également droit au paiement des travaux résultant de sujétions imprévues présentant un caractère exceptionnel et imprévisible, dont la cause est extérieure aux parties et qui ont eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat.
7. Il n'est pas contesté que la SARL SPM diagnostic a réalisé 57 prélèvements d'échantillons pour analyse afin de réaliser le diagnostic amiante. Elle se réfère à la norme NFX 46 020 pour justifier de la nécessité de procéder à ces prélèvements afin d'effectuer sa mission dans les règles de l'art. Il n'est pas davantage contesté que la commune n'a refusé de payer ces prélèvements que le 20 septembre 2019, soit près de trois mois après avoir reçu la facture. Toutefois, alors que le nombre de prélèvements effectués a eu pour effet de quadrupler le coût de la prestation, et alors que la commune conteste que la totalité des prélèvements ait été indispensable dans une maison construite avant 1949 et contenant des matériaux dont il est facile, selon elle, " de savoir qu'ils sont antérieurs à l'apparition de l'amiante sur le marché de la construction ", la requérante n'établit pas que la norme invoquée impose un tel nombre de prélèvements. Si cette norme stipule, comme elle le fait valoir, que le donneur d'ordre ne doit pas définir le nombre de prélèvements à analyser, que le poste relatif aux prélèvements et aux analyses de laboratoire ne peut pas être forfaitisé par le donneur d'ordre, et que le nombre d'investigations approfondies, de sondages, de prélèvements et d'analyse à effectuer ne peut pas être déterminé avant l'achèvement de la mission de repérage, il n'en résulte pas qu'elle puisse se prévaloir de cette norme pour justifier d'avoir procédé à 57 prélèvements. Dans ces conditions, elle n'établit pas le caractère indispensable de ces prélèvements afin de réaliser sa mission dans les règles de l'art. Par ailleurs et en tout état de cause, alors que ces prélèvements ont eu pour conséquence de bouleverser l'économie du marché, il ne résulte pas de l'instruction que l'entreprise aurait informé sa cliente du nombre de prélèvements qu'elle entendait réaliser, au mépris des exigences de loyauté des relations contractuelles. Il s'ensuit que la SARL SPM diagnostic ne peut prétendre à l'indemnisation des prestations supplémentaires qu'elle a facturées à la commune de Garein.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Garein, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SARL SPM diagnostic demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL SPM diagnostic la somme demandée par la commune de Garein au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL SPM diagnostic est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Garein présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL SPM diagnostic et à la commune de Garein.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La rapporteure,
Signé
A. B
La présidente,
Signé
M. A La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026