mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100350 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP HURMIC KACI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2009523 du 9 février 2021, le président du tribunal administratif de Lyon a transmis au présent tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 30 décembre 2020, par laquelle M. C A, représenté par Me Portron, demande :
1°) l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise à son encontre le 28 septembre 2020, ensemble la décision de rejet opposée à l'opposition formée contre cet avis, ainsi que le reversement des sommes indûment prélevées sur son compte ;
2°) la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le rejet opposé à son opposition a été signé par une autorité qui devra justifier de sa compétence ;
- la créance relative à un indu de solde versé entre le 1er octobre 2011 et le 11 novembre 2012 est prescrite ; aucune interruption n'est justifiée jusqu'au 28 septembre 2020, date de l'émission de la dernière saisie administrative ;
- les paiements effectués pour la période postérieure au 12 novembre 2012, s'élevant à 11 773 euros, correspondent à l'intégralité de la créance non prescrite ; en réalité, ils dépassent même le montant de la créance non prescrite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2021, la direction départementale des finances publiques de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Elle précise qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 octobre 2021 et le 7 décembre 2021, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle précise qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2021, présenté pour M. A, ce dernier conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 1er juillet 2014, le centre expert des ressources humaines et de la solde a informé M. A d'un indu de rémunération de 27 575,64 euros, pour la période comprise entre le 1er octobre 2011 et le 14 juin 2013. La direction départementale des finances publiques (DDFIP) de l'Ardèche a émis le 23 septembre 2014 à l'encontre de l'intéressé un titre de perception d'un montant de 27 576 euros. Le 28 février 2017, une saisie à tiers détenteur a été notifiée à M. A, lequel a formé une opposition à cette saisie. Par un jugement n° 1800234 du 5 avril 2019, devenu définitif, le présent tribunal a annulé cette saisie à tiers détenteur en tant qu'elle vise à récupérer auprès de la société Gan Prévoyance un indu de rémunération pour la période antérieure au 12 novembre 2012, et a rejeté le surplus des conclusions, notamment celles dirigées contre le titre exécutoire du 23 septembre 2014. Le 28 septembre 2020, la DDFIP de l'Ardèche a émis à l'encontre de M. A une saisie à tiers détenteur auprès de la société Planity pour un montant de 18 535 euros correspondant à l'indu de rémunération non encore recouvré. L'intéressé a formé une opposition à l'encontre de cet acte de poursuite, lequel a été rejeté. Par la présente requête, il demande l'annulation de cet acte de poursuite, ainsi que le reversement des sommes indûment prélevées sur son compte.
Sur les conclusions principales :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 18 septembre 2019, le directeur départemental des finances publiques de l'Ardèche a délégué à M. B, signataire du rejet de l'opposition formée contre la saisie du 28 septembre 2020, la compétence pour signer des actes et décisions au nombre desquels figurent la décision du 27 octobre 2020 rejetant la réclamation formée contre la saisie à tiers détenteur émise le 28 septembre 2020. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : 1° Soit d'une opposition à l'exécution en cas de contestation de l'existence de la créance, de son montant ou de son exigibilité ; 2° Soit d'une opposition à poursuites en cas de contestation de la régularité de la forme d'un acte de poursuite. L'opposition à l'exécution et l'opposition à poursuites ont pour effet de suspendre le recouvrement de la créance. Aux termes de l'article L. 273 A du livre des procédures fiscales : " Les créances de l'Etat ou celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers sur la base d'un titre de perception délivré par lui en application de l'article L. 252 A peuvent être recouvrées par voie de saisie à tiers détenteur ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; () ".
4. Il appartient au juge administratif compétent en application de ces dispositions pour connaître des contestations portant sur l'exigibilité des sommes réclamées, d'apprécier, le cas échéant, si un acte de poursuite antérieur à celui qui a provoqué la contestation du contribuable a pu, eu égard aux conditions dans lesquelles il a été notifié à ce dernier, interrompre le cours de la prescription de l'action en recouvrement.
5. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. / () ".
6. Il résulte notamment de ces dispositions que tant la lettre par laquelle l'administration informe un agent public de son intention de répéter une somme versée indûment, qu'un ordre de reversement ou un titre exécutoire, interrompent la prescription à la date de leur notification. La preuve de celle-ci incombe à l'administration.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le trop-perçu de solde en litige, d'un montant total initial de 25 756 euros, a été versé le 1er septembre 2013. Le ministre des armées avait ainsi jusqu'au 1er octobre 2015 pour demander le reversement de ces sommes et le titre de perception du 23 septembre 2014, notifié le 12 novembre 2014, a ainsi été émis dans le délai légal. Si la saisie administrative à tiers détenteur émise à l'encontre de M. A le 28 février 2017 a été annulée par le jugement précité du présent tribunal du 5 avril 2019, devenu définitif, en tant qu'elle visait à recouvrer la partie du trop-perçu de solde initial portant sur la période antérieure au 12 novembre 2012, ce même jugement a expressément rejeté le surplus des conclusions du requérant, de sorte que l'action en recouvrement et, a fortiori, la créance n'étaient nullement prescrites à la date de la saisie administrative à tiers détenteur ici en litige émise pour recouvrer auprès de la société Planity le résiduel de la créance de l'Etat.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que par des versements mensuels, M. A a remboursé un montant de 11 773 euros. Dans ces conditions, le montant de la créance mentionné dans l'avis de saisie administrative à tiers détenteur, s'élevant désormais à 18 535 euros, n'est pas utilement contesté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint de lui reverser les sommes correspondant à la partie de la créance déjà remboursée, doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre des armées et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé : S. ROUSSEAU La présidente,
Signé : S. PERDU
La greffière,
Signé : P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre des armées et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chacun en ce qui les concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition :
La greffière,
Pour expédition :
Le greffier,
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026