vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102707 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHOULET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 octobre 2021 et 29 septembre 2023, Mme A D, représentée par Me Choulet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre liminaire, d'organiser une médiation avec le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine ;
2°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie l'a placée en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022, ensemble la décision du 6 août 2021 de rejet de son recours administratif contre cette décision ;
3°) d'annuler la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a implicitement rejeté sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
4°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine a implicitement rejeté sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
5°) d'annuler la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le directeur de Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine a rejeté sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ainsi qu'en tant que de besoin les précédentes décisions de refus intervenues ;
6°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie de la placer en position de disponibilité d'office à compter du 20 janvier 2021, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
7°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie ou au directeur de Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine de procéder à une nouvelle instruction de sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
8°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et de Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine la somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître des conclusions relatives à l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
- sa requête est recevable dès lors d'une part, que les décisions attaquées présentent un lien suffisant entre elles, sans qu'y fasse obstacle, le cas échéant, le fait qu'elles émanent de personnes différentes et d'autre part, qu'ayant réceptionné le 7 juin 2021 la décision attaquée du 2 juin 2021, le recours administratif notifié le 6 août 2021 a conservé le délai de recours contentieux ;
En ce qui concerne la décision du directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie du 2 juin 2021 de placement en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022, ensemble la décision du 6 août 2021 de rejet de son recours administratif :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur dans la matérialité des faits sur le fondement des articles 28, 31 et 37 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 dès lors que la décision du 2 juin 2021 vise une demande de mise en disponibilité pour convenances personnelles qu'elle n'a pas formulée ; il n'y avait, à la date de la décision attaquée du 2 juin 2021, aucune ambiguïté quant au fait qu'elle demandait à être réintégrée, nonobstant l'éventuel caractère tardif de sa demande ;
- elles méconnaissent l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision du 2 juin 2021 procède au retrait dans un délai supérieur à quatre mois de la décision du 26 janvier 2021 de la placer en position de disponibilité d'office, laquelle constitue une décision créatrice de droits ; la circonstance qu'elle aurait pu être radiée des cadres en application des dispositions de l'article 37 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 est inopérante dès lors que, à supposer que la décision du 26 janvier 2021 soit illégale, elle ne pouvait être retirée que dans le délai de quatre mois ;
En ce qui concerne les décisions de rejet de sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi :
- les décisions de rejet de sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi méconnaissent l'article L. 5424-1 du code du travail ainsi que l'article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 et sont entachées d'une erreur de droit ; elle remplit les conditions juridiques lui ouvrant droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi car sa situation relève du 5° de l'article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 dès lors que sa relation de travail est suspendue en raison de l'impossibilité pour le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie de la réintégrer, faute d'emploi vacant ;
- à supposer que le centre hospitalier soit incompétent pour statuer sur sa demande, il lui appartenait de la transmettre à Pôle emploi sur le fondement de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, lequel est donc réputé avoir rendu une décision implicite de rejet à la même date, le 28 juillet 2021, en application de l'article L. 114-3 du même code ;
- à supposer que le courriel de Pôle emploi du 20 septembre 2021 soit une décision, cette dernière méconnaît également l'article L. 5424-1 du code du travail ainsi que l'article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 et est entachée d'une erreur de droit ;
- compte tenu des observations en défense de Pôle emploi selon lesquelles de précédentes décisions de refus de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi seraient intervenues, le Tribunal devra regarder en tant que de besoin ses conclusions comme dirigées contre ces précédentes décisions, ce qui est cependant sans incidence compte tenu de la nature de plein contentieux du recours.
Par un courrier enregistré le 6 avril 2022, Mme D accepte la demande d'accord pour médiation.
Par un courrier enregistré le 15 avril 2022, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie accepte la demande d'accord pour médiation.
Par un courrier enregistré le 5 mai 2022, le directeur régional de Pôle emploi Occitanie refuse la demande d'accord pour médiation.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 7 février et 3 août 2023, le directeur régional de Pôle emploi Occitanie conclut au rejet des conclusions aux fins d'annulation des décisions de refus de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi comme irrecevables, à sa mise hors de cause concernant les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 2 juin 2021 et au rejet des conclusions pour le surplus.
Il oppose une exception d'incompétence des conclusions tendant au versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi tirée de l'incompétence rationae materiae de la juridiction administrative.
Il soutient que les autres moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 7 juin et 30 octobre 2023, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie conclut, à titre principal au rejet de la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire au rejet de la requête comme mal fondée et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
A titre principal, il oppose deux fins de non-recevoir de la requête tirées d'une part, de l'absence de lien suffisant entre les différentes décisions attaquées et d'autre part, de la tardiveté des conclusions aux fins d'annulation de la décision du 2 juin 2021 sur le fondement de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dès lors que le recours administratif formé par la requérante contre cette décision ne lui a été notifié que le 6 août 2021, soit plus de deux mois après le délai de recours contentieux ouvert contre cette décision.
A titre subsidiaire, il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 novembre 2023.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier du 28 novembre 2023, de ce que la solution du litige était susceptible d'être fondée, en partie, sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation dirigées contre le courriel de Pôle emploi du 20 septembre 2021, dès lors que ce courriel se borne à confirmer à l'intéressée, en réponse à sa demande, que son activité à l'hôpital d'Oloron-Sainte-Marie n'a pas été prise en compte dans le calcul de ses droits, en indiquant que Pôle emploi ne dispose pas de l'information selon laquelle ce contrat serait terminé, ne constitue pas une décision susceptible d'être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir.
Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2023, Pôle emploi Occitanie a produit des observations en réponse à la communication de ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier,
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, sage-femme titulaire, exerce au sein du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie depuis le 1er août 2011. Mme D a été placée, à sa demande, en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2020 au 19 janvier 2021. Par courriel du 20 octobre 2020, dans l'éventualité de sa réintégration, Mme D s'est renseignée auprès de la directrice des ressources humaines du centre hospitalier concernant les postes disponibles. Par courrier du 19 novembre 2020, elle a proposé au centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie de mettre fin à ses fonctions par la conclusion d'une rupture conventionnelle. Par courrier du 14 janvier 2021, elle a présenté une demande de réintégration au terme de sa période de disponibilité expirant au 19 janvier 2021, laquelle a été rejetée par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie par courrier du 26 janvier 2021. Le 7 avril 2021, Pôle emploi Occitanie a confirmé à Mme D son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Par décisions du 28 avril et du 28 mai 2021, Pôle emploi Occitanie a rejeté les demandes d'allocation d'aide au retour à l'emploi présentées par Mme D. Par décision du 2 juin 2021, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a placé Mme D en position de disponibilité pour convenances personnelles pour la période du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022. Par courrier du 4 août 2021, Mme D a formé un recours administratif auprès du centre hospitalier contre la décision implicite de rejet de sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et contre la décision de placement en disponibilité d'office, lequel a été rejeté le 6 août 2021 par le directeur de ce centre. Mme D demande au tribunal d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie l'a placée en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022, ensemble la décision du 6 août 2021 de rejet de son recours administratif contre cette décision, et d'annuler les décisions par lesquelles le directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et le directeur de Pôle emploi Nouvelle-Aquitaine ont rejeté sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, des allocations mentionnées à l'article L. 5424-21, de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997, des sommes restant dues au titre du versement de l'allocation équivalent retraite prévue à l'article L. 5423-18, dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2009, et des sommes restant dues au titre de la prime forfaitaire prévue à l'article L. 5425-3, dans sa rédaction antérieure au 1er septembre 2017, ainsi que le service de toute autre allocation ou aide dont l'Etat lui confierait le versement par convention ; () . ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion. () ". Aux termes de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " () IV. - L'article L. 5424-1 du code du travail s'applique aux personnels mentionnés aux 1°, 2°, 5° et 7° du même article L. 5424-1, à l'exception de ceux relevant de l'article L. 4123-7 du code de la défense, lorsque ces personnels sont privés de leur emploi : 1° Soit que la privation d'emploi soit involontaire ou assimilée à une privation involontaire ; 2° Soit que la privation d'emploi résulte d'une rupture conventionnelle convenue en application du I du présent article ou, pour les agents employés en contrat à durée indéterminée de droit public et pour les personnels affiliés au régime de retraite institué en application du décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004 précité, en application de conditions prévues par voie réglementaire ; 3° Soit que la privation d'emploi résulte d'une démission régulièrement acceptée dans le cadre d'une restructuration de service donnant lieu au versement d'une indemnité de départ volontaire ou en application du I de l'article 150 de la loi n° 2008-1425 du 27 décembre 2008 de finances pour 2009. / Les agents publics dont l'employeur a adhéré au régime d'assurance chômage en application de l'article L. 5424-2 du code du travail ont droit à l'allocation dans les cas prévus au 1° du présent IV ainsi que, pour ceux qui sont employés en contrat à durée indéterminée de droit public, aux 2° et 3° du présent IV. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent IV, y compris les éléments de rémunération pris en compte pour le calcul de l'allocation mentionnée au premier alinéa de l'article L. 5424-1 du code du travail. ". Aux termes de l'article 1er de l'annexe A du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage : " Le régime d'assurance chômage assure un revenu de remplacement dénommé " allocation d'aide au retour à l'emploi ", pendant une durée déterminée, aux salariés qui remplissent des conditions relatives au motif de fin du contrat de travail et à la durée d'affiliation, ainsi que des conditions d'âge, d'aptitude physique, de chômage, d'inscription comme demandeur d'emploi et de recherche d'emploi ". Aux termes de l'article 1er du décret 741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Les caractéristiques de l'allocation d'assurance chômage à laquelle ont droit les personnels mentionnés au IV de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 susvisée sont définies par les mesures d'application du régime d'assurance chômage déterminées dans les conditions définies aux articles L. 5422-20 et L. 5524-3 du code du travail et par les dispositions du présent décret. ".
3. Il résulte des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, éclairés par les travaux préparatoires de la loi n° 2008-126 du 13 février 2008 de laquelle ils sont issus, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s'est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l'Agence nationale pour l'emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assedic), reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s'agissant des prestations servies au titre du régime d'assurance chômage. En revanche, un litige relatif aux prestations servies au titre du régime de solidarité relève de la compétence de la juridiction administrative, qu'il porte sur le droit aux prestations ou sur les modalités de leur versement ou, dès lors que n'est pas en cause la régularité d'un acte de poursuite, sur leur récupération en cas d'indu.
4. Relèvent de la compétence de la juridiction administrative les litiges relatifs à l'ouverture du droit à l'allocation d'assurance-chômage, notamment à l'allocation d'aide de retour à l'emploi, à son versement ou à sa récupération en cas d'indu, quand ils opposent un agent public, privé de son emploi, soit à l'Etat, soit à Pôle emploi dans les cas où l'Etat a confié à cet organisme la gestion de cette allocation.
5. Il ressort des pièces du dossier que, par une convention de gestion conclue le 16 novembre 2015 en application de l'article L. 5424-2 du code du travail, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a confié à l'établissement public administratif Pôle emploi la gestion de l'indemnisation du chômage de ses personnels, dont les agents titulaires de droit public relevant de la fonction publique hospitalière. En exécution de cette convention entrée en vigueur le 1er novembre 2015, Pôle emploi gère, pour le compte de cet employeur, l'examen des droits de ses personnels dès lors qu'ils se sont inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi et ont déposé une demande d'allocation, prend les décisions d'attribution ou de rejet des demandes d'allocation, et enfin procède au calcul et au versement des allocations et aides accordées, dont l'allocation d'aide au retour à l'emploi. En l'espèce, Mme D a été placée en position de disponibilité pour convenances personnelles à compter du 20 janvier 2020 pour un an, puis à compter du 20 janvier 2021 pour la même durée. La requérante a été inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi le 7 avril 2021, renouvelée le 26 mai 2021. Par courrier du 12 avril 2021, Pôle emploi Occitanie lui a demandé de compléter son dossier de demande d'allocation. Par décisions du 28 avril et du 28 mai 2021, cet établissement a rejeté sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi. La circonstance opposée en défense par Pôle emploi Occitanie selon laquelle, à défaut de communication par le centre hospitalier de l'attestation employeur requise, il aurait fait application du règlement d'assurance chômage annexé au décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage est sans incidence sur la détermination de l'ordre de juridiction compétent, dès lors que, par convention, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a confié à Pôle emploi la gestion de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation des décisions par lesquelles le directeur de Pôle emploi Occitanie a rejeté la demande de Mme D de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi relèvent de la compétence de la juridiction administrative. Il n'y a pas lieu d'accueillir l'exception d'incompétence soulevée par Pôle emploi Occitanie.
Sur la recevabilité :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie :
6. En premier lieu, les conclusions d'une requête unique tendant à ce que soient annulées plusieurs décisions sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant.
7. Or, les conclusions de la requête présentées par Mme D tendent à l'annulation à la fois de la décision la plaçant en position de disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022 et des décisions de rejet de sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi qu'un agent public peut obtenir lorsqu'il est involontairement privé d'emploi. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie tirée de ce que les décisions attaquées ne seraient pas suffisamment liées entre elles.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que par décision du 2 juin 2021, réceptionnée le 7 juin suivant, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a placé Mme D en position de disponibilité pour convenances personnelles pour la période du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022. Le 8 août 2021 étant un dimanche, le délai de recours contentieux contre cette décision a expiré le lundi 9 août suivant. Or, par courrier du 4 août 2021, réceptionné le 6 août suivant, Mme D a formé un recours administratif contre la décision implicite de rejet de sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et contre la décision de placement en disponibilité d'office, lequel a été rejeté le 6 août 2021 par le centre hospitalier. Dès lors, le recours administratif a été introduit par Mme D dans le délai de recours contentieux qui lui était imparti. Par suite, il n'y a pas lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie tirée de la tardiveté de la requête.
En ce qui concerne la décision de Pôle emploi du 20 septembre 2021 :
10. Mme D demande l'annulation, dans ses dernières écritures, de la décision de Pôle emploi du 20 septembre 2021. Cependant, ce courriel se borne à confirmer à l'intéressée, en réponse à sa demande, que son activité à l'hôpital d'Oloron-Sainte-Marie n'a pas été prise en compte dans le calcul de ses droits, en indiquant que Pôle emploi ne dispose pas de l'information selon laquelle ce contrat serait terminé (licenciement, démission, rupture conventionnelle). Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme une décision susceptible d'être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision de Pôle emploi du 20 septembre 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 2 juin 2021 de placement en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2021 au 19 janvier 2022, ensemble la décision du 6 août 2021 :
11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par décision du 1er février 2021, le directeur du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a donné délégation à Mme C E, directrice-adjointe en charge des ressources humaines et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer toutes décisions relevant du champ des compétences qui lui sont attribuées au titre de ses fonctions, dont les décisions relatives à la carrière du personnel titulaire de la fonction publique hospitalière. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 2 juin 2021, ensemble la décision de rejet de son recours administratif, aurait été prise par une autorité incompétente manque en fait.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 62 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son établissement, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () La disponibilité est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 41 et à l'article 43 et dans les cas prévus aux articles 55 et 56 ou à l'issue de la période correspondant à la situation définie à l'article 50-1. () ". Aux termes de l'article 28 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " La disponibilité est prononcée par l'autorité investie du pouvoir de nomination soit d'office, soit à la demande du fonctionnaire. ". Aux termes de l'article 31 du même décret : " La mise en disponibilité peut être accordée, sur demande du fonctionnaire et sous réserve des nécessités du service, dans les cas suivants : () 2° Pour convenances personnelles : la durée de la disponibilité ne peut, dans ce cas, excéder cinq années ; elle est renouvelable dans la limite d'une durée maximale de dix ans pour l'ensemble de la carrière, à la condition que l'intéressé, au plus tard au terme d'une période de cinq ans de disponibilité ait accompli, après avoir été réintégré, au moins dix-huit mois de services effectifs continus dans la fonction publique. () ". Aux termes de l'article 37 du même décret : " Deux mois au moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours, le fonctionnaire doit solliciter soit le renouvellement de sa disponibilité soit sa réintégration. Faute d'une telle demande, l'intéressé est rayé des cadres, à la date d'expiration de la période de disponibilité. () ".
13. Des démarches accomplies par le fonctionnaire placé en position de disponibilité tendant à identifier des postes susceptibles de lui convenir lors de sa réintégration ultérieure, ou l'expression par cet agent de simples souhaits de reprise des fonctions ne sauraient à cet égard tenir lieu de demande expresse de réintégration, ni produire les mêmes effets qu'elle.
14. Mme D a été placée, à sa demande, en disponibilité pour convenances personnelles du 20 janvier 2020 au 19 janvier 2021. En application de l'article 37 précité du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition, il lui appartenait de présenter une demande de réintégration deux mois avant le 19 janvier 2021, soit le 19 novembre 2020 au plus tard. Par courriel du 20 octobre 2020, Mme D a sollicité des informations auprès de la directrice des ressources humaines du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie concernant les postes disponibles dans les termes suivants : " Je suis en disponibilité depuis le 21 janvier 2020 et je dois vous rendre compte au moins deux mois avant l'échéance comme il est prévu au contrat/J'aimerais savoir si vous avez entrepris une démarche d'intégration en tant que sophrologue, praticienne en hypnonaissance ou sage-femme au sein de votre équipe. ". Ce courriel, compte tenu de son contenu, ne peut être regardé comme une demande expresse de réintégration. Par courrier du 19 novembre 2020, elle a fait part au centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie de son souhait de démissionner de ses fonctions par la conclusion d'un accord de rupture conventionnelle. Par courrier du 14 janvier 2021, réceptionné le 19 janvier suivant, elle a présenté une demande de réintégration au terme de sa période de disponibilité expirant au 19 janvier 2021, laquelle a été rejetée par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie. Cette demande a été formulée après expiration du délai de deux mois dont le respect incombait à Mme D, ainsi qu'elle le rappelle dans son courrier du 20 octobre 2020, en application de l'article 37 du décret du 13 octobre 1988 précité, lequel dispose qu'à défaut de demande présentée dans le délai, le fonctionnaire hospitalier est radié des cadres à l'expiration de sa période de disponibilité. Il s'ensuit que sa demande présentée le 14 janvier 2021 ne peut être regardée comme une demande de réintégration au sens de cet article. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir qu'en ne procédant pas à sa réintégration au 20 janvier 2021, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie aurait entaché la décision attaquée d'une erreur de droit.
15. En troisième lieu, si Mme D soutient que la décision du 2 juin 2021 vise " la demande de mise en disponibilité pour convenances personnelles de Mme D A " alors qu'il est constant qu'elle n'a jamais formulé une telle demande, une erreur dans les visas, lesquels n'ont pas de portée juridique propre, est ainsi sans influence sur la légalité de l'acte. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur dans la matérialité des faits ne peut qu'être écarté.
16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. "
17. Si Mme D soutient que la décision du 2 juin 2021 procède de façon illégale au retrait de la décision du 26 janvier 2021, par laquelle le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie l'avait placée en position de disponibilité d'office, il ressort des termes de cette dernière décision que le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a informé Mme D du rejet de sa demande de réintégration à l'issue de sa période de disponibilité en l'absence de respect du délai de demande de réintégration. Il précise que sa réintégration est à l'étude et que dans l'attente, l'établissement est dans l'obligation de la positionner en disponibilité d'office. Si la première information de ce courrier constitue une décision faisant grief, la seconde information portée à la connaissance de la requérante ne peut être qualifiée de décision produisant des effets juridiques. Après étude des droits de la requérante, le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie a décidé de la placer en disponibilité pour convenances personnelles à compter du 20 janvier 2021 par la décision du 2 juin 2021. Dès lors, la décision du 2 juin 2021 ne peut être regardée comme procédant au retrait d'une décision créatrice de droits en méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions de rejet de la demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi :
18. Aux termes de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : 1° Les agents publics radiés d'office des cadres ou des contrôles et les personnels de droit public ou de droit privé licenciés pour tout motif, à l'exclusion des personnels radiés ou licenciés pour abandon de poste et des fonctionnaires optant pour la perte de la qualité d'agent titulaire de la fonction publique territoriale à la suite d'une fin de détachement dans les conditions prévues à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée ; 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur ; 3° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat a pris fin durant ou au terme de la période d'essai, à l'initiative de l'employeur ; 4° Les agents publics placés d'office, pour raison de santé, en disponibilité non indemnisée ou en congé non rémunéré à l'expiration des droits à congés maladie ; 5° Les agents publics dont la relation de travail avec l'employeur a été suspendue, lorsqu'ils sont placés ou maintenus en disponibilité ou en congé non rémunéré en cas d'impossibilité pour cet employeur, faute d'emploi vacant, de les réintégrer ou de les réemployer. Toutefois, les personnels qui n'ont pas sollicité leur réintégration ou leur réemploi dans les délais prescrits ne sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi qu'à l'expiration d'un délai de même durée courant à compter de la date à laquelle ils présentent leur demande./ Lorsque les privations d'emploi mentionnées aux 1° à 3° interviennent au cours d'une période de suspension de la relation de travail avec l'employeur d'origine, les agents publics doivent justifier qu'ils n'ont pas été réintégrés auprès de leur employeur, par une attestation écrite de celui-ci. / Les agents publics mentionnés au 5° sont réputés remplir la condition de recherche d'emploi prévue à l'article L. 5421-3 du code du travail tant que leur réintégration ou leur réemploi est impossible, faute d'emploi vacant. ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le 7 avril 2021, Pôle emploi Occitanie a confirmé à Mme D son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Par décisions du 28 avril et du 28 mai 2021, Pôle emploi Occitanie a rejeté les demandes d'allocation d'aide au retour à l'emploi présentées par Mme D. Par courrier du 26 mai 2021, Mme D a demandé au centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter du 20 janvier 2021. Sa demande est restée sans réponse. Cependant, il résulte d'une part du point 5 que, la gestion de l'assurance-chômage a été confiée par convention par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie à Pôle emploi. Dans ces conditions, aucune décision implicite de rejet d'une demande d'allocation à l'aide au retour à l'emploi n'est née de l'absence de réponse du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie à la demande de Mme D de bénéfice de cette aide, laquelle avait en parallèle et au préalable effectué les démarches requises auprès de Pôle emploi Occitanie.
20. D'autre part, il résulte du point 14 que Mme D n'a pas respecté le délai de deux mois pour formuler une demande de réintégration à l'expiration de sa période de disponibilité. Dès lors, elle ne peut être regardée, du fait de son placement en disponibilité à compter du 20 janvier 2021, comme involontairement privée de son emploi à compter de cette date au sens du 5° de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 précité et ainsi comme ouvrant droit au bénéfice de cette allocation. Il s'ensuit qu'en rejetant, au nom du centre hospitalier, sa demande d'allocation d'aide au retour à l'emploi, Pôle emploi Occitanie n'a pas entaché ses décisions du 28 avril 2021 et du 28 mai 2021 d'une erreur de droit.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
22. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de cette même requête.
Sur les frais de l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et de Pôle emploi Occitanie, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme D une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera au centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A D, au centre hospitalier d'Oloron-Sainte-Marie et à Pôle emploi Occitanie.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. CORTHIER La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959
Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2203658
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société DNB Promotion, qui demandait l'annulation du refus de permis de construire et l'injonction de le délivrer. La juridiction a jugé recevable le recours mais a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté, ce dernier agissant en vertu d'une délégation régulière. L'examen des autres moyens, notamment ceux relatifs aux conditions d'accès au projet (article 8.1 du PLUi) et à la voirie (article R. 111-2 du code de l'urbanisme), n'est pas rapporté dans l'extrait fourni.
02/04/2026