mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201113 |
| Type | Décision |
| Formation | CHAMBRE 2 |
| Avocat requérant | SCP CGCB & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 20 mai 2022 sous le n° 2201113 et un mémoire enregistré le 17 février 2023, la société par actions simplifiée Chiberta tennis country club, représentée par Me Malo, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du maire d'Anglet du 25 novembre 2021 portant opposition à sa déclaration préalable relative à des modifications de façades et à la rénovation de la toiture du bâtiment d'accueil d'un club de tennis, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de prendre une décision de non-opposition à sa déclaration préalable ou à défaut de réexaminer cette dernière ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Anglet une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que la commune considère que la surface imperméabilisée ne sera pas agrandie par le projet ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que le projet ne porte aucune atteinte visible dans l'environnement existant.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2023, la commune d'Anglet, représentée par la SCP CGCB et Associés, société d'avocats, conclut à titre principal au non-lieu à statuer et à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation unilatérale du bail emphytéotique a eu pour effet de faire disparaître le litige ;
- les moyens soulevés par la société Chiberta tennis country club ne sont pas fondés ;
- la décision attaquée pouvait se fonder sur ce que le projet porte atteinte à l'intérêt des lieux dès lors que la construction existante était de nature à mettre en cause le caractère lacustre et bucolique du site inscrit du lac de Chiberta, eu égard notamment à l'utilisation d'aluminium, de création de grandes ouvertures sans rapport avec les constructions traditionnelles de bord de lac ;
II. Par une requête enregistrée le 23 mai 2022 sous le n° 2201160 et un mémoire enregistré le 17 février 2023, la société par actions simplifiée Chiberta tennis country club, représentée par Me Malo, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel le maire d'Anglet a rejeté sa demande d'autorisation d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de délivrer l'autorisation sollicitée ou à défaut de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Anglet une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;
- il se fonde sur l'arrêté du 25 novembre 2021 portant opposition à sa déclaration préalable qui est illégal du fait de l'insuffisance de motivation en fait et de ce que le projet ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ;
Par un mémoire enregistré le 6 janvier 2023, la commune d'Anglet, représentée par la SCP CGCB et Associés, société d'avocats, conclut à titre principal au non-lieu à statuer et à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation unilatérale du bail emphytéotique a eu pour effet de faire disparaître le litige ;
- les moyens soulevés par la société Chiberta tennis country club ne sont pas fondés ;
- la décision attaquée pouvait se fonder sur ce que le projet porte atteinte à l'intérêt des lieux dès lors que la construction existante était de nature à mettre en cause le caractère lacustre et bucolique du site inscrit du lac de Chiberta eu égard notamment à l'utilisation d'aluminium, de création de grandes ouvertures sans rapport avec les constructions traditionnelles de bord de lac.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lepers Delepierre,
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Malo, représentant la société Chiberta tennis country club, et de Me Triantafilidis, représentant la commune d'Anglet.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 novembre 2021, le maire de la commune d'Anglet s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Chiberta tennis country club relative à des modifications de façades et à la rénovation de la toiture du bâtiment d'accueil d'un club de tennis. Par arrêté du 10 janvier 2022, cette même autorité a rejeté la demande d'aménagement ou de modification de ce bâtiment, en tant qu'établissement recevant du public. La société Chiberta tennis country club demande l'annulation de ces arrêtés ainsi que les décisions par lesquelles le maire de la commune d'Anglet a implicitement rejeté les recours gracieux formés contre eux.
2. Les requêtes n°2201113 et n° 2201160 portent sur le même bâtiment et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 25 novembre 2021 :
S'agissant de l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune d'Anglet :
3. Si, par courrier du 20 juillet 2022, le maire d'Anglet a décidé de la résiliation, à compter du 1er novembre suivant, du bail emphytéotique d'occupation du terrain supportant les installations sportives exploitées par la société Chiberta tennis country club qui liait cette commune à cette dernière, cette circonstance, postérieure à la décision attaquée, est sans incidence sur l'existence de celle-ci. Dès lors, les présentes conclusions ne sont pas devenues sans objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune d'Anglet doit être écartée.
S'agissant du fond du litige :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. ()". Aux termes de l'article R. 424-5 de ce code : " En cas d'autorisation ou de non-opposition à déclaration préalable, la décision mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. 423-6. Si la décision comporte rejet de la demande, () elle doit être motivée. ".
5. L'arrêté attaqué se fonde sur ce que le projet présenté est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, et sur ce qu'il ne respecte donc pas les dispositions de l'article DC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Anglet. En s'abstenant ainsi de préciser les éléments de fait qui en constituent le fondement, en particulier, en n'indiquant pas les raisons pour lesquelles, d'une part, les lieux avoisinants présentent un intérêt, d'autre part, le projet porterait atteinte à cet environnement, l'arrêté attaqué n'a pas satisfait à l'obligation de motivation en fait prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme.
6. En deuxième lieu, si la commune d'Anglet demande qu'il soit procédé à une substitution du motif de l'arrêté attaqué en se bornant à préciser le motif tiré de la méconnaissance de l'article DC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune, cette éventuelle substitution ne saurait, en tout état de cause, remédier au vice de forme résultant de l'insuffisance de motivation de cette décision.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article DC 11 du règlement du PLU : " La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions, leur aspect extérieur, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, au paysages naturels ou urbains ".
8. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de cette autorisation, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction pourrait, compte tenu de sa nature et de ses effets, avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité de l'autorisation délivrée, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par le plan local d'urbanisme de la commune.
9. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment d'accueil du club de tennis, dont les travaux ont fait l'objet de la déclaration préalable présentée par la société requérante, prend place dans le périmètre d'un site inscrit, en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, par l'arrêté ministériel du 24 novembre 1972, et dans la zone des sites pittoresques du territoire de la commune d'Anglet, aux abords du lac de Chiberta, d'un golf et d'une zone d'habitations. Ce site présente donc un intérêt particulier. Toutefois, compte tenu du choix des matériaux utilisés et de l'absence d'unicité architecturale dans le secteur, le projet de modification des menuiseries, lequel consiste notamment en l'ajout et la suppression de fenêtres, en l'ajout d'une porte fenêtre et de grandes ouvertures dans les façades sud-ouest et sud-est du bâtiment, et en un remplacement de l'ensemble des menuiseries en aluminium par des huisseries à double vitrage de teinte gris clair, et le projet de restauration de la toiture du bâtiment existant en cause ne sont pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire d'Anglet a fait une inexacte application des dispositions de l'article DC 11 du plan local d'urbanisme de la commune.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre l'arrêté du 25 novembre 2021 :
10. La décision attaquée ne peut être regardée comme étant exempte du vice relevé au point 9 dont est entaché l'arrêté du maire d'Anglet du 25 novembre 2021.
En ce qui concerne l'arrêté du maire d'Anglet du 10 janvier 2022 :
S'agissant de l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune d'Anglet :
11. L'exception de non-lieu à statuer doit être écartée pour le même motif que celui exposé au point 3.
S'agissant du fond du litige :
12. Aux termes de l'article L.122-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2 () ". Aux termes de l'article R.425-15 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article
L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité compétente. / Le permis de construire indique, lorsque l'aménagement intérieur de l'établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt de la demande, qu'une autorisation complémentaire au seul titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue avant son ouverture au public en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée ".
13. L'arrêté attaqué se fonde sur l'arrêté du maire d'Anglet du 25 novembre 2021 portant opposition à la déclaration préalable déposée par la société Chiberta tennis country club relative à des modifications de façades et à la rénovation de la toiture du bâtiment mentionné au point 1. Ainsi qu'il a été dit précédemment, cet arrêté du 25 novembre 2021 est entaché d'illégalité. Par voie de conséquence, l'arrêté attaqué est lui-même entaché d'erreur de droit.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre l'arrêté du 25 novembre 2021 :
14. La décision attaquée ne peut être regardée comme étant exempte du vice relevé au point 13 dont est entaché l'arrêté du maire d'Anglet du 10 janvier 2022.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les arrêtés du maire d'Anglet du 25 novembre 2021 et du 10 janvier 2022, et les décisions implicites de rejet des recours gracieux formés contre ces arrêtés doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article
L. 421-6. () ". Aux termes de l'article L. 600-2 du même code : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire. ". Lorsqu'une juridiction, à la suite de l'annulation d'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol, fait droit à des conclusions aux fins d'injonction sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, ces conclusions du requérant doivent être regardées comme confirmant sa demande initiale. Par suite, la condition posée par l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme imposant que la demande ou la déclaration soit confirmée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire doit être regardée comme remplie lorsque la juridiction enjoint à l'autorité administrative de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée.
17. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article de l'article L. 600-4-1 du même code : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier. ".
18. Il résulte de ces dispositions ainsi que de celles précitées de l'article L. 424-3 du même code que, lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncé dans sa décision ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions aux fins d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
19. Il n'est ni allégué ni établi, d'une part, qu'à la date de l'arrêté du maire d'Anglet du 25 novembre 2021, les dispositions en vigueur s'opposaient à ce qu'une décision portant non-opposition à la déclaration préalable présentée par la société Chiberta tennis country club soit prise, d'autre part, que la situation de fait existant à la date du présent jugement y fait obstacle. Par suite, l'annulation de cet arrêté implique nécessairement que le maire d'Anglet prenne cette décision, dans un délai d'un mois suivant la date de notification du présent jugement.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".
21. L'annulation de l'arrêté du maire d'Anglet du 10 janvier 2022 implique seulement, eu égard au motif d'annulation retenu, qu'il soit enjoint à cette même autorité de prendre une nouvelle décision, après une nouvelle instruction de la demande d'aménagement d'un établissement recevant du public, présentée par la société Chiberta tennis country club, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
23. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune d'Anglet doivent dès lors être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme de
1 000 euros au titre des frais exposés par la société Chiberta tennis country club et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du maire d'Anglet du 25 novembre 2021 et du 10 janvier 2022 ainsi que les décisions portant rejet implicite des recours gracieux formés contre ses arrêtés sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Anglet de prendre une décision de non-opposition à la déclaration préalable présentée par la société Chiberta tennis country club, dans un délai de deux mois suivant la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Il est enjoint au maire d'Anglet de prendre une nouvelle décision après une nouvelle instruction de la demande d'aménagement d'un établissement recevant du public présentée par la société Chiberta tennis country club, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : La commune d'Anglet versera à la société Chiberta tennis country club une somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions de la requête n° 2201160 de la société Chiberta tennis country club sont rejetées pour le surplus.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Chiberta tennis country club, au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et à la commune d'Anglet.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Lepers Delepierre, conseillère,
M. Aubry, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
La rapporteure,
L. LEPERS DELEPIERRE
Le président,
F. DE SAINT-EXUPERY
DE CASTILLON
La greffière
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2201113,2201160
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2400856
Le Tribunal Administratif de Pau a statué sur un recours en excès de pouvoir visant le refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté un non-lieu à statuer sur la demande d'annulation, car le préfet avait ultérieurement enregistré la demande et délivré un récépissé, abrogeant implicitement la décision initiale contestée. La demande de condamnation aux frais de procédure a été rejetée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2401893
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 12 juillet 2024. Le tribunal a jugé que le préfet des Pyrénées-Atlantiques était compétent pour signer cet arrêté, qui rejetait une demande de titre de séjour et ordonnait une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La décision a été prise en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 432-1 et L. 611-3.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2401932
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 11 juillet 2024 refusant son titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que le refus, fondé sur l'absence de liens personnels et familiaux suffisamment anciens et stables en France, était suffisamment motivé au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Elle a également jugé que la décision ne méconnaissait pas les exigences de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni celles de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2402294
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler l'arrêté préfectoral du 1er août 2024 lui enjoignant de quitter le territoire français. La juridiction a jugé que l'obligation de quitter le territoire (OQTF) était légalement fondée sur l'article L. 611-1 4° du CESEDA, au motif que sa demande d'asile avait été définitivement rejetée par l'OFPRA. Les autres moyens, notamment ceux relatifs à la motivation de la décision et à la méconnaissance de la Convention internationale des droits de l'enfant, ont été écartés.
19/03/2026