LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2302734

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2302734

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2302734
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantGUYON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la demande d'indemnisation d'une ancienne salariée d'un établissement médico-social, suspendue puis licenciée pour non-respect de l'obligation vaccinale contre la Covid-19. La juridiction a jugé irrecevable sa demande fondée sur la responsabilité pour faute de l'État, faute d'avoir soulevé ce moyen dans sa réclamation préalable obligatoire, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Elle a également estimé que les conditions pour engager la responsabilité sans faute de l'État pour rupture d'égalité devant les charges publiques n'étaient pas réunies, les préjudices allégués n'étant pas anormaux et spéciaux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2023, Mme A... C..., représentée par Me Guyon, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser une somme de 44 162,10 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 23 octobre 2023 et de la capitalisation de ces intérêts ;

2°) d’enjoindre à l’Etat de lui verser cette somme dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C... soutient que :
- sa requête est recevable ;
- son action n’est pas prescrite ;
- l’Etat a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité dès lors que :
* l’obligation vaccinale à laquelle elle a été soumise méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu’elle porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit à mener une vie privée et familiale normale, au droit à l’épanouissement personnel, au droit au retour à une vie normale telle qu’elle était avant la pandémie et au droit à la santé notamment mentale ;
* cette obligation porte atteinte au droit de propriété garanti notamment par l’article 1er du protocole additionnel à la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée au regard des objectifs poursuivis ;
* cette obligation n’a été levée que tardivement, près de trois mois après l’avis rendu par la Haute autorité sanitaire estimant qu’elle n’était plus justifiée ;
- elle est fondée à demander la réparation de ses préjudices, lesquels doivent être évalués comme suit :
* 22 114,55 euros au titre du préjudice financier ;
* 7 047,55 euros au titre des pertes de droit à la retraite ;
* 10 000 euros au titre de sa reconstitution de carrière ;
* 5 000 euros au titre du préjudice moral ;
- la responsabilité sans faute de l’Etat doit être engagée du fait de la loi du 5 août 2021 pour rupture d’égalité devant les charges publiques et la réparation assurée pour les mêmes préjudices dès lors qu’elle a subi des dommages anormaux et spéciaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, la ministre de la santé et de l’accès aux soins conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et ses protocoles additionnels ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.

Par un courrier du 22 janvier 2026, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que les conclusions indemnitaires fondées sur la responsabilité pour faute de l’Etat sont irrecevables faute de liaison du contentieux, ce fait générateur n’ayant pas fait l’objet de réclamation préalable.

Mme C... a produit des observations en réponse à ce moyen, enregistrées le 23 janvier 2026.

La procédure a été communiquée à la maison de retraite Etxetoa qui n’a pas produit d’observation.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa, conseillère,
- et les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

Mme C..., recrutée en qualité d’agent de service par un contrat à durée indéterminée à temps partiel depuis le 3 septembre 2014 à la maison de retraite Etxetoa, située à Souraïde (Pyrénées-Atlantiques) a été astreinte à l’obligation vaccinale contre la covid-19 en raison de son activité professionnelle. Par une décision du 20 octobre 2021, le directeur de cet établissement l’a suspendue de ses fonctions sans traitement à compter du 15 septembre 2021, jusqu’à la présentation d’un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination. Le 19 juin 2023, la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités des Pyrénées-Atlantiques a accepté la demande d’homologation d’une rupture conventionnelle entre Mme C... et la maison de retraite Etxetoa. Par un courrier du 23 octobre 2023, Mme C... a formé une demande indemnitaire préalable implicitement rejetée. Par la présente requête, elle demande la condamnation de l’Etat à lui verser une somme de 44 162,10 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute de l’Etat :

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « (…) Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ».

Le contentieux n’est lié par la demande indemnitaire préalablement formée devant l’administration que sur les seules causes juridiques contenues dans cette demande préalable ou qui sont d’ordre public.

Il résulte de l’instruction que Mme C..., le 23 octobre 2023, a adressé à la première ministre un courrier intitulé « demande indemnitaire préalable » aux termes duquel, d’une part, elle faisait état d’un préjudice financier et d’un préjudice moral et, d’autre part, elle réclamait le paiement de la somme de 44 162,10 euros. Cette demande indemnitaire contenait ainsi l’exposé du fait générateur du dommage à savoir l’obligation vaccinale instaurée par la loi du 5 août 2021. Si cette demande n’indiquait pas expressément la cause juridique sur laquelle elle se fondait, tant la mention du fait générateur du dommage que l’absence de faute invoquée par Mme C... permettaient néanmoins de considérer qu’elle plaçait son action sur le terrain de la responsabilité sans faute. Dès lors, la demande du 23 octobre 2023 de la requérante doit être regardée comme présentant le caractère d’une réclamation préalable, au sens de l’article R. 421-1 du code de justice administrative, propre à lier le contentieux en ce qui concerne seulement les conclusions indemnitaires fondées sur la responsabilité sans faute de l’Etat. En revanche, cette demande n’a pas lié le contentieux en ce qui concerne les conclusions indemnitaires fondées sur la responsabilité pour faute de l’Etat qui constitue une cause juridique distincte de celle de la responsabilité sans faute et qui n’est pas d’ordre public. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme C... sur le fondement de la responsabilité pour faute sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l’Etat :

La responsabilité de l'Etat du fait des lois est susceptible d'être engagée sur le fondement de l'égalité des citoyens devant les charges publiques, pour assurer la réparation de préjudices nés de l'adoption d'une loi à la condition que cette loi n'ait pas entendu exclure toute indemnisation et que le préjudice dont il est demandé réparation, revêtant un caractère grave et spécial, ne puisse, dès lors, être regardé comme une charge incombant normalement aux intéressés.

Mme C..., qui a fait l’objet d’un traitement similaire à celui de l’ensemble des personnels soignants, n’établit pas avoir subi un préjudice spécial. Dans ces conditions, l’intéressée n’est pas fondée à se prévaloir d’une responsabilité sans faute de l’Etat.
Il résulte de tout ce qui précède que Mme C... n’est pas fondée à demander la condamnation de l’Etat à lui verser une somme de 44 162,10 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d’indemnisation présentées par Mme C..., n’appelle, par lui-même, aucune mesure d’exécution. Par suite, les conclusions à fin d’injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme C... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.



D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Une copie en sera adressée à la maison de retraite Etxetoa.

Délibéré après l'audience du 29 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Madelaigue, présidente,
Mme Marquesuzaa, conseillère,
Mme Becirspahic, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.


La rapporteure,

A. MARQUESUZAA
La présidente,

F. MADELAIGUE
La greffière,

M. B...



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :
La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions