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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2400351

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2400351

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2400351
TypeDécision
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 3

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 12 février 2024 sous le n° 2400351, M. B A, représenté par Me Pather, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et l'a astreint à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- en raison de cette lacune, il n'est pas possible d'établir que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision rendue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur sa demande d'asile ; par ailleurs il n'est pas possible de contester utilement la décision dès lors que le préfet ne précise pas le fondement juridique sur lequel il a entendu se placer pour estimer qu'il n'avait plus droit au maintien sur le territoire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 542-1 et L. 611-1-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet qui n'a pas visé les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne justifie pas avoir apprécié les conséquences de la mesure sur l'intérêt supérieur de ses enfants ;

- la décision méconnait ces stipulations.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une décision du 14 mars 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II. Par une requête, enregistrée le 12 février 2024 sous le n° 2400352, Mme C D, représentée par Me Pather, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2024 par lequel le préfet du Gers l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et l'a astreinte à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch ;

3°) d'enjoindre au préfet du Gers de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- en raison de cette lacune, il n'est pas possible d'établir que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et ne s'est pas senti lié par la décision rendue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur sa demande d'asile ; par ailleurs il n'est pas possible de contester utilement la décision dès lors que le préfet ne précise pas le fondement juridique sur lequel il a entendu se placer pour estimer qu'il n'avait plus droit au maintien sur le territoire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 542-1 et L. 611-1-4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet qui n'a pas visé les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne justifie pas avoir apprécié les conséquences de la mesure sur l'intérêt supérieur de ses enfants ;

- la décision méconnait ces stipulations.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2024, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une décision du 14 mars 2024, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de New-York relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 13 mars 2024 à 14 heures en présence de Mme Caloone, greffière d'audience :

- le rapport de Mme E ;

- et les observations de Me Dumaz-Zamora, substituant Me Pather, représentant M. A et Mme D, qui confirme les conclusions et moyens développés dans leses requêtes , en y ajoutant un moyen tiré de ce qu'il n'est pas établi par le préfet que les ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile rejetant leurs demandes d'asile leur ont été notifiées dans une langue qu'ils comprennent, de sorte que leur droit au maintien sur le territoire n'avait pas pris fin à la date des arrêtés attaqués.

Le préfet du Gers n'étant ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 8 juin 1980 à Oran (Algérie), est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 28 août 2022, accompagné par son épouse, Mme D, née le 8 octobre 1989 à Oran (Algérie) et de leurs trois enfants de même nationalité. Les intéressés ont déposé des demandes d'asiles, lesquelles ont été définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile par deux ordonnances du 16 novembre 2023. Par deux arrêtés du 19 janvier 2024, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a obligé M. A et Mme D à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et les a astreints à se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch. Par les présentes requêtes, M. A et Mme D demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées, enregistrées sous les nos 2400351 et 2400352, présentées par M. A et Mme D à l'encontre des mesures d'éloignement respectivement édictées à leur encontre présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

3. Par deux décisions du 14 mars 2024, M. A et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il s'ensuit que leurs demandes tendant à être admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ont perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

4. En premier lieu, les décisions attaquées visent les dispositions de l'article L. 542-3 et celles du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui les fondent et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elles mentionnent les décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur les demandes d'asile de M. A et Mme D et rappellent les éléments tenant à leur situation personnelle et familiale au regard d'un éventuel droit au séjour sur le territoire. Ainsi, elles comportent un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui les fondent, et le visa des dispositions de l'article L. 611-1 4° et de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, lequel renvoie aux articles L. 542-1 et L. 542-2 du même code, permet aux requérants de les contester utilement. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucune autre pièce des dossiers que le préfet du Gers n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A et Mme D, ni qu'il se serait senti lié, à tort, par les décisions prises sur leurs demandes d'asile, de sorte que ce moyen sera également écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). " Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article R. 532-54 de ce code : " Le secrétaire général de la Cour nationale du droit d'asile notifie la décision de la cour au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et l'informe dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend du caractère positif ou négatif de la décision prise. Il la notifie également au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ". Aux termes de l'article R. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ".

6. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande l'asile a le droit de séjourner sur le territoire national à ce titre jusqu'à ce que la décision rejetant sa demande lui ait été notifiée régulièrement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé devant la Cour nationale du droit d'asile, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. A défaut, l'autorité administrative ne peut regarder l'étranger à qui l'asile a été refusé comme ne bénéficiant plus de son droit provisoire au séjour ou comme se maintenant irrégulièrement sur le territoire. En cas de contestation sur ce point, il appartient à l'autorité administrative de justifier que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été régulièrement notifiée à l'intéressé.

7. Les relevés " Telemofpra " produits en défense par le préfet du Gers et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, mentionnent que les recours formés le 3 octobre 2023 par M. A et Mme D à l'encontre des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ont été rejetés par la Cour nationale du droit d'asile par des ordonnances du 16 novembre 2023 notifiées aux intéressés le 7 décembre suivant. En outre, si les requérants soutiennent que ces ordonnances du 16 novembre 2023 leur ont été notifiées dans une langue qu'ils ne sont pas en mesure de comprendre, ils s'abstiennent de produire les documents qu'ils ont, ainsi qu'il vient d'être dit, nécessairement reçus de cette juridiction et ne mettent ainsi pas le tribunal en mesure d'apprécier si la formalité prévue par les dispositions citées au point 5 a été respectée. Par ailleurs, et en tout état de cause, à supposer même que les notifications des ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile seraient ainsi irrégulières, cette circonstance reste sans incidence sur la légalité des mesures d'éloignement attaquées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L.611-1, L. 542-1 et R. 532-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celui tiré de ce que les ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile n'auraient pas été notifiées dans une langue que M. A et Mme D sont en capacité de comprendre doivent être écartés.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

9. D'une part, les arrêtés attaqués, qui visent la convention de New-York relative aux droits de l'enfant, mentionnent que les trois enfants mineurs des requérants, de même nationalité que leurs parents, lesquels font respectivement l'objet d'une mesure d'éloignement, sont scolarisés depuis peu de temps sur le territoire. Ce faisant, le préfet doit être regardé comme ayant suffisamment apprécié en l'espèce les conséquences des décisions en litige sur la situation des enfants mineurs de M. A et Mme D. D'autre part, il n'est pas contesté que les mesures d'éloignement en litige n'ont ni pour objet, ni pour effet, de séparer les trois enfants mineurs de M. A et Mme D de leurs parents, qu'ils ont vocation à suivre dans leur pays d'origine. Par ailleurs, et eu égard notamment à leur âge, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils ne seraient pas en mesure de poursuivre dans leur pays d'origine, une scolarité à peine entamée. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de droit et de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré par la voie d'exception de l'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles fixant le pays de renvoi doit être écarté.

11. En second lieu, M. A et Mme D soutiennent qu'ils encourent des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine. Toutefois, et alors que leurs demandes d'asile ont été définitivement rejetées par la Cour nationale du droit d'asile, les requérants ne produisent aucun élément suffisamment précis et circonstancié permettant d'établir qu'ils seraient actuellement et personnellement exposés à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat d'Auch :

12. En premier lieu, les décisions faisant obligation à M. A et Mme D de se présenter au commissariat d'Auch constituent des mesures de police visant à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui doit être motivées en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Cette motivation peut toutefois se confondre avec celles des décisions portant obligation de quitter le territoire français assorties d'un délai de départ volontaire, lesquelles sont, ainsi qu'il a été dit au point 4, suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre de celles portant astreinte à se présenter au commissariat d'Auch une fois par semaine doit être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ".

15. La circonstance que les arrêtés attaqués ne mentionnent pas que les décisions portant astreinte à se présenter au commissariat d'Auch sont prises pour une durée limitée au délai de départ volontaire de trente jours, n'est pas de nature à entacher ces décisions d'illégalité dès lors qu'il ressort des termes de ces arrêtés que les décisions en litige ont été prises sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces des dossiers que ces décisions auraient produit des effets après l'expiration du délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 19 janvier 2024 du préfet du Gers, de sorte que les conclusions qu'ils présentent à cette fin doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation des requêtes de M. A et Mme D, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction de cette même requête ne peuvent également qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme dont M. A et Mme D demandent le versement à leur conseil, sur le fondement combiné de ces dispositions et de celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A et Mme D.

Article 2 : Les requêtes de M. A et Mme D sont rejetées.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. B A, Mme C D et au préfet du Gers.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.

La présidente,

Signé

V. QUEMENERLa greffière,

Signé

M. CALOONE

La République mande et ordonne au préfet du Gers, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

Signé

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