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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2402835

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2402835

vendredi 17 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2402835
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi par M. A d’une requête contestant le refus implicite de la CAF de la Haute-Garonne de le décharger de sa contribution à l’entretien et à l’éducation de ses enfants et de lui rembourser les sommes perçues. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent. Il a estimé que ces conclusions, relatives au recouvrement de la pension alimentaire, relèvent de la compétence du juge judiciaire, en application des articles 373-2-2 du code civil et L. 213-3 du code de l’organisation judiciaire. La décision a été prise par ordonnance sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. B A demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 5 septembre 2024 du silence gardé par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne sur sa demande tendant à la décharge de la contribution à l'entretien et à l'éducation de ses enfants et au remboursement des sommes indument perçues ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Garonne, d'une part, de procéder à la mainlevée de la procédure en paiement direct mise en œuvre à son encontre, eu égard à la convention parentale signée entre ce dernier et son ex-épouse, d'autre part, de lui restituer les sommes indument perçues au titre de la contribution à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ;

4°) de mettre à la charge de cet organisme la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice subi ;

5°) de mettre à la charge du même organisme la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Aux termes de l'article 373-2-2 du code civil : " I.- En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié. / Les modalités et les garanties de cette pension alimentaire sont fixées par : / 1° Une décision judiciaire ; / 2° Une convention homologuée par le juge ; / 3° Une convention de divorce ou de séparation de corps par consentement mutuel selon les modalités prévues à l'article 229-1 ; / 4° Un acte reçu en la forme authentique par un notaire ; / 5° Une convention à laquelle l'organisme débiteur des prestations familiales a donné force exécutoire en application de l'article L. 582-2 du code de la sécurité sociale ; / 6° Une transaction ou un acte constatant un accord issu d'une médiation, d'une conciliation ou d'une procédure participative, lorsqu'ils sont contresignés par les avocats de chacune des parties et revêtus de la formule exécutoire par le greffe de la juridiction compétente en application du 7° de l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution. () / II.- Lorsque la pension est fixée en tout ou partie en numéraire par un des titres mentionnés aux 1° à 6° du I, son versement par l'intermédiaire de l'organisme débiteur des prestations familiales au parent créancier est mis en place, pour la part en numéraire, dans les conditions et selon les modalités prévues au chapitre II du titre VIII du livre V du code de la sécurité sociale et par le code de procédure civile. ". Aux termes de l'article L. 582-1 du code de la sécurité sociale : " I. - Les organismes débiteurs des prestations familiales sont chargés de l'intermédiation financière des pensions alimentaires mentionnées à l'article 373-2-2 du code civil () ". En vertu des dispositions de l'article L. 213-3 du code de l'organisation judiciaire, le juge aux affaires familiales, dans chaque tribunal judiciaire, connaît notamment du divorce, de la séparation de corps et de leurs conséquences, de la liquidation et du partage des intérêts patrimoniaux des époux, ainsi que des actions liées à la fixation de l'obligation alimentaire, de la contribution aux charges du mariage et de la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants.

3. Il résulte des dispositions précitées que les conclusions de M. A, relatives au recouvrement de la contribution à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, relèvent manifestement de la compétence du juge judiciaire.

4. Par voie de conséquence, la requête de M. A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître, en application des dispositions du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Pau, le 17 janvier 2025.

La présidente de la 3ème chambre,

F. MADELAIGUE

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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