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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2500414

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2500414

lundi 10 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2500414
TypeDécision

Résumé IA

Refus d'enregistrement de demande de titre de séjour. Le Tribunal Administratif de Pau, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B. La condition d'urgence n'est pas remplie, faute de circonstances particulières justifiant un traitement prioritaire de sa demande déposée en octobre 2024. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de délai pour recevoir un étranger en préfecture, mais l'administration doit le faire dans un délai raisonnable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2025, Mme D B, épouse A, représentée par Me Pather, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète des Landes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

2°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est maintenue dans une situation de précarité extrême, privée illégalement de la possibilité de solliciter un droit, et ce malgré huit relances pour l'enregistrement de sa demande déposée depuis près de cinq mois ;

- la mesure est utile dès lors que l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous la prive de toute voie de droit permettant de faire examiner sa demande de titre de séjour ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été régulièrement communiquée à la préfète des Landes qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est entrée sur le territoire français le 17 mai 2019 selon ses déclarations et a déposé une demande d'asile qui a été rejetée. Après son mariage avec un ressortissant albanais le 25 novembre 2023, elle a sollicité un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale le 3 octobre 2024 par courrier de son avocat. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'enjoindre l'autorité administrative, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de cet article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.

4. L'étranger qui estime être dans une situation d'urgence immédiate ne lui permettant pas d'attendre une réponse de l'autorité administrative à la demande de rendez-vous qu'il a présenté, peut saisir le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. En l'espèce, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète des Landes d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Toutefois, si Mme B fait état de ce que son conseil a sollicité à huit reprises les services de la préfecture pour obtenir un rendez-vous qui n'ont pas encore permis, à la date de l'introduction de sa requête en référé, qu'un rendez-vous lui soit fixé, elle ne fait en revanche état d'aucune urgence particulière justifiant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qui lui sont conférés par les dispositions rappelées au point 2. En effet, si la requérante fait état d'une présence sur le territoire national depuis 2019, elle n'a sollicité la régularisation de sa situation administrative après le rejet de sa demande d'asile que le 3 octobre 2024 et se borne à se prévaloir de son droit au dépôt de sa demande de titre de séjour et du fait qu'elle se trouve de ce fait maintenue en situation irrégulière et de grande précarité, mais ne justifie ainsi d'aucune circonstance particulière au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle ou familiale, impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai. Il s'ensuit que la condition d'urgence imposée par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par Mme B en ce comprises ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète des Landes.

Fait à Pau, le 10 mars 2025.

La juge des référés,

F. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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