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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2501039

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2501039

mercredi 16 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2501039
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Pau, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B et Mme D. Ceux-ci demandaient d'enjoindre à la SA SNCF Réseau d'entretenir la voie ferrée jouxtant leur propriété, en raison de l'urgence liée à l'effondrement de leur clôture et à l'impossibilité d'accéder à leurs compteurs. Le juge a estimé que la demande se heurtait à une décision implicite de rejet de la SNCF, née le 10 avril 2025, et qu'ordonner la mesure sollicitée reviendrait à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans application des articles L. 521-1 et L. 521-2.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2025, M. A B et Mme C D, représentés par la SCP Mauvezin Soulié, demandent au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la SA SNCF Réseau de procéder à l'entretien de la voie de chemin de fer jouxtant leur propriété, notamment en procédant à l'arrachage des végétaux prévenant l'accès aux compteurs utilitaires de celle-ci, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en raison du défaut d'entretien de cet ouvrage, leur clôture s'est effondrée et nécessite des travaux de réparation, et ils ne peuvent accéder aux compteurs d'eau et d'électricité de leur propriété sans se blesser du fait de la présence de ronces ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'ils ont sollicité à de nombreuses reprises la SA SNCF Réseau depuis 2023 aux fins d'obtenir l'entretien de l'ouvrage, y compris par le biais d'une conciliation judiciaire à laquelle la SA SNCF Réseau ne s'est pas présentée, et que cette dernière a indiqué ne pas entendre procéder à l'entretien de cette portion de voie ferrée ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Madelaigue, vice-présidente, comme juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme D sont propriétaires d'une maison d'habitation située à Borderes-sur-l'Echez, qui jouxte une voie de chemin de fer. Ils demandent qu'il soit enjoint à la SA SNCF Résau, gestionnaire du réseau ferré, de procéder à l'entretien de cette portion de la voie ferrée.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 4 février 2025, reçu le 10 février 2025, M. B et Mme D ont mis en demeure la SA SNCF Réseau de procéder à l'entretien de la portion de voie ferrée jouxtant leur propriété. Cette demande est restée sans réponse, de sorte qu'une décision implicite de rejet est née le 10 avril 2025. Dans ces conditions, le juge des référés ne peut, sans faire obstacle à l'exécution de cette décision qu'il appartient aux requérants de contester, ordonner la mesure sollicitée.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B et de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Mme C D.

Fait à Pau, le 16 avril 2025

La juge des référés,

F. MADELAIGUE

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière :

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