Le Tribunal administratif de Pau, statuant en ordonnance, rejette la requête de Mme A... qui contestait le refus de remise d’un indu de prime d’activité de 136,81 euros. La requérante n’a pas fourni les précisions nécessaires sur sa situation financière et sa bonne foi, malgré une demande de régularisation du greffe. En application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête est rejetée car elle n’est pas assortie des éléments permettant d’en apprécier le bien-fondé.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2025, Mme B... A... conteste la décision du 17 septembre 2025 par laquelle le directeur de la caisse d’allocations familiales des Landes a rejeté sa demande de remise de sa dette constituée d’un indu de prime d’activité s’élevant à 136,81 euros, et sollicite la remise totale de cette dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative, applicable en matière de contentieux sociaux : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse d’un indu de prestation sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Pour refuser à Mme A... une remise de sa dette résultant d’un indu de prime d’activité d’un montant de 136,81 euros, la caisse d’allocations familiales des Landes a évalué son quotient familial à 852 euros et a retenu qu’elle était responsable de cet indu en raison d’un retard de déclaration de 6 mois.
5. La requérante se prévaut de sa bonne foi sans autre précision quant au motif fondant la décision en litige. Elle fait valoir, en outre, qu’elle ne peut rembourser l’indu étant en situation de précarité avec deux enfants à charge. Toutefois, elle n’apporte aucune précision ni ne produit d’élément permettant d’apprécier le montant de ses revenus et de ses charges au regard de la composition de son foyer, et l’état de précarité qu’elle invoque.
6. Par un courrier adressé en recommandé le 15 octobre 2025, dont elle a accusé réception le 17 octobre suivant, Mme A... a été invitée par le greffe du tribunal à régulariser sa requête dans un délai d’un mois à l’aide d’un formulaire pré rempli. Ce formulaire l’informait notamment de la nécessité, sous peine d’irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments destinés à établir l’illégalité de la décision contestée et de transmettre à celui-ci tout document utile au soutien de sa demande. Toutefois, en dépit de cette demande, Mme A..., qui n’a pas retourné ce formulaire au tribunal, n’a pas complété la motivation de sa requête.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A..., qui n’est pas assortie des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, ne peut qu’être rejetée, en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Pau, le 30 janvier 2026.
La vice-présidente du tribunal,
S. PERDU
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,