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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2503686

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2503686

mercredi 4 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2503686
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de Mme B... contestant la décision de la CAF des Pyrénées-Atlantiques du 12 novembre 2025, qui ne lui accordait qu’une remise partielle d’un indu d’aide personnelle au logement de 175 euros, laissant 131,25 euros à sa charge. Statuant en tant que juge de plein contentieux de l’aide sociale, le tribunal a rappelé qu’il lui appartient d’examiner si une remise gracieuse est justifiée au regard de la bonne foi et de la précarité du débiteur. La requérante n’a pas fourni les précisions et justificatifs nécessaires pour établir sa bonne foi ou sa situation de précarité, malgré une invitation à régulariser restée sans suite. En application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement insuffisamment motivée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2025, Mme A... B... doit être regardée comme contestant la décision du 12 novembre 2025, qu’elle produit, par laquelle la caisse d’allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques ne lui a accordé qu’une remise partielle d’une dette constituée d’un indu d’aide personnelle au logement d’un montant de 175 euros, en laissant à sa charge le remboursement de la somme de 131,25 euros.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 772-6 du même code : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ».

3. Enfin, aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai. (…) ».

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse d’un indu de prestation sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa finalité de juge de plein contentieux de l’aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

5. Par la présente requête, Mme B... conteste la décision du 12 novembre 2025 par laquelle la CAF de Bayonne ne lui a accordé qu’une remise partielle d’un indu d’aide personnelle au logement, laissant à sa charge la somme de 131,25 euros, et soutient que cette dette est due à une erreur de la caisse d’allocations familiales et qu’elle ne peut rembourser cet indu en raison de sa situation financière précaire. Toutefois, elle n’apporte pas suffisamment d’éléments permettant au tribunal d’apprécier sa bonne foi et l’existence d’une situation de précarité faisant obstacle au remboursement de sa dette.

6. Par un courrier recommandé du 9 décembre 2025, présenté le 11 décembre suivant et non réclamé, Mme B... a été invitée par le greffe du tribunal à régulariser sa requête, dans un délai d’un mois, à l’aide d’un formulaire prérempli. Ce formulaire l’informait notamment de la nécessité, sous peine d’irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments et des justificatifs permettant d’établir sa bonne foi et sa situation de précarité éventuelle. Toutefois, le pli a été retourné au greffe avec la mention « avisé non réclamé » et précise la date de vaine présentation du facteur au domicile de Mme B.... Cette dernière, qui n’a pas retourné au tribunal ce formulaire, n’a pas complété la motivation de sa requête.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B..., qui n’est pas assortie de précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, ne peut qu’être rejetée, en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Pau, le 4 février 2026.



La vice-présidente du tribunal,



S. PERDU



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des Familles, C... et des Personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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