mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204592 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CARTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 et 27 juillet 2022, M. B C représenté par Me Akopov, avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner au préfet de la Moselle, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous sous soixante-douze heures aux fins dépôt de son dossier de demande de titre de séjour et de la délivrance d'un récépissé de cette demande, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, passé un délai de vingt-quatre heures après notification de l'ordonnance à intervenir ; de dire que l'ordonnance sera exécutoire dès sa mise à disposition ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence tient à ce qu'il est entravé dans ses projets ;
- le stress éprouvé face à sa situation administrative fragilise sa santé psychologique ;
- il peut prétendre de plein droit à la délivrance d'un titre de séjour ;
- le retard mis à lui fixer un rendez-vous heurte les principes reconnus par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- il ne sera porté atteinte à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'est en l'espèce porté atteinte à aucune liberté fondamentale ;
- l'urgence ne pourra être retenue ;
- le requérant n'établit avoir effectivement tenté d'obtenir un rendez-vous ;
- l'intéressé ne peut se prévaloir d'une liberté générale d'aller et venir sur le territoire d'un état dont il n'a pas la nationalité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 juillet 2022 en présence de Mme Tho, greffière d'audience, M. D a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. M. C demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui fixer un rendez-vous sous soixante-douze heures aux fins de dépôt de son dossier de demande de titre de séjour.
3. Il résulte de l'instruction que M. C n'a jamais été autorisé à séjourner en France, où il dit être arrivé en 2020. Il ne peut dès lors prétendre que le fait qu'il n'a pas été en mesure de présenter une demande de titre de séjour porte atteinte à une situation acquise. Contrairement à ce qu'il affirme, il n'établit pas avoir tenté d'obtenir un rendez-vous à cette fin. De la même manière, en se bornant à faire valoir qu'il souhaite s'installer en France et y exercer une activité professionnelle, l'intéressé n'établit pas, ainsi que cela lui incombe, l'urgence qu'il y a à ordonner la mesure qu'il sollicite.
4. Il suit de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative précitées ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
5. Les conclusions présentées pour M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et tendant à la condamnation de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er:La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.
Fait à Strasbourg, le 3 août 2022.
Le juge des référés,
X. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. A