lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301119 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ALEXANDRE - LÉVY - KAHN - BRAUN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, Mme B A, représentée par Me Alexandre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 décembre 2022 par laquelle l'Ehpad Jean Monnet a refusé de lui verser la somme de 1 001 euros, assortie des intérêts au taux légal, correspondant à l'indemnité compensatrice de congés annuels qu'elle estime lui être due ;
2°) de mettre à la charge de l'Ehpad Jean Monnet une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'Ehpad Jean Monnet, en refusant de lui verser une indemnité compensatrice de congés annuels, a méconnu les dispositions de l'article 8 du décret n° 91-155 du 6 février 1991.
L'Ehpad Jean Monnet, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Laetitia Kalt,
- et les conclusions de M. Laurent Guth.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par l'Ehpad Jean Monnet en qualité d'adjoint administratif par un contrat à durée déterminée, à compter du 19 novembre 2018, puis à durée indéterminée à compter du 1er mars 2019. Par une lettre du 31 juillet 2019, réceptionnée par l'Ehpad Jean Monnet le 2 août 2019, Mme A a démissionné et demandé à être dispensée d'effectuer le préavis d'un mois prévu à son contrat. Par un courrier du 5 août 2019, l'Ehpad a accepté la démission de Mme A, l'a dispensée d'effectuer son préavis et l'a informée du paiement d'un jour de congé annuel. Par un courrier du 21 novembre 2022, réceptionné par l'Ehpad le 23 novembre 2022, Mme A a présenté une demande indemnitaire tendant à obtenir le paiement d'une indemnité compensatrice de dix jours de congés annuels. Cette demande a été rejetée par un courrier du 19 décembre 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner l'Ehpad à lui payer la somme de 1 001 euros à ce titre.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " I. L'agent contractuel en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectuée, à un congé annuel rémunéré, déterminé dans les mêmes conditions que celui accordé aux fonctionnaires titulaires des établissements mentionnés à l'article L. 5 du code général de la fonction publique. / Il ne peut prétendre aux congés prévus aux articles L. 621-2 et L. 651-1 du code général de la fonction publique. / II. En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, de démission ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration en raison notamment de la définition par l'autorité investie du pouvoir de nomination du calendrier des congés annuels ou pour raison de santé, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. / L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. L'indemnité est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus non pris ".
3. Il résulte des dispositions précitées que l'indemnité de congés payés qu'elles prévoient n'est due que dans le cas où l'agent n'a pu les prendre effectivement du fait de l'administration.
4. Mme A allègue qu'elle est en droit de demander une indemnité compensatrice correspondant à dix jours de congés annuels non pris. Toutefois, et alors qu'elle ne produit aux débats aucun document ou planning permettant d'apprécier les jours de congés qu'elle a pris et ceux restant à prendre, il ne ressort en tout état de cause pas des pièces du dossier que Mme A, qui a démissionné, aurait été empêchée de prendre les jours de congés acquis du fait de l'administration.
5. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige et la condamnation de l'Ehpad Jean Monnet à lui payer l'indemnité compensatrice de congés payés prévue par les dispositions précitées.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Ehpad Jean Monnet, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande Mme A au titre des frais exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Ehpad Jean Monnet.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,
Mme Laetitia Kalt, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 juin 2024.
La rapporteure,
L. KALT
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, du travail et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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