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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2301423

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2301423

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2301423
TypeDécision
Formation5ème chambre
Avocat requérantROMMELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er mars 2023, Mme C..., représentée par Me Rommelaere, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour à la suite de sa demande reçue le 3 juin 2022 ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale tel que protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir qu’elle a délivré à Mme B... une carte de séjour temporaire le 19 octobre 2023 valable du 29 août 2023 au 28 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Klipfel,
- et les observations de Me Bosselut, substituant Me Rommelaere et représentant Mme B....


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante malgache née le 5 mai 2004, est entrée en France avec ses parents et sa soeur le 11 septembre 2017 selon ses dires. Le 30 mai 2022, Mme B... a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 435-1, L. 423-23 et L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le silence gardé par l’administration pendant un délai de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme B... demande l’annulation de cette décision.

Sur l’admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. L'aide juridictionnelle est attribuée de plein droit à titre provisoire dans le cadre des procédures présentant un caractère d'urgence dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. L'aide juridictionnelle provisoire devient définitive si le contrôle des ressources du demandeur réalisé a posteriori par le bureau d'aide juridictionnelle établit l'insuffisance des ressources. ». Aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l’application de ces dispositions : « (…) / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ».

En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre Mme B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Sur l’exception de non-lieu :

Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, la préfète du Bas-Rhin a délivré à Mme B... une carte de séjour temporaire valable du 29 août 2023 au 28 août 2024. Dès lors, les conclusions aux fins d’annulation, d’injonction et d’astreinte de la requête ont perdu leur objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

Mme B... ayant été admise provisoirement à l’aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve, d’une part, de l’admission définitive de Mme B... à l’aide juridictionnelle et, d’autre part, que Me Rommelaere, avocate de Mme B..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État de mettre à la charge de l’État le versement à Me Rommelaere de la somme de 800 euros hors taxes. Dans le cas où Mme B... ne serait pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






D E C I D E :



Article 1 : Mme B... est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte de la requête de Mme B....

Article 3 : Sous réserve, d’une part, de l’admission définitive de Mme B... à l’aide juridictionnelle et, d’autre part, que Me Rommelaere renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, l’État versera à Me Rommelaere, avocate de Mme B..., une somme de 800 (huit cents) euros hors taxes sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où Mme B... ne serait pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., à Me Rommelaere et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et des outre-mer.





Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.


La rapporteure,

V. KLIPFEL
Le président,

C. CARRIER


Le greffier,





P. HAAG





La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,


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