jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301852 |
| Type | Décision |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | CABINET SAUMIER-VUILLAUME |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête n°2301852 et un mémoire enregistrés le 15 mars et le 11 octobre 2023, Mme A, représentée par Me Saumier Vuillaume, demande au Tribunal :
- D'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à sa charge la somme de 520,48 euros correspondant à un indu d'aide au logement ;
- D'annuler la décision du 19 janvier 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle refuse de lui octroyer une remise gracieuse de sa dette ;
- D'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Moselle de recalculer ses droits à l'aide au logement à compter du 1er janvier 2021 en tenant compte de ses salaires et des données de ses précomptes trimestriels ;
- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Moselle d'une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que les décisions du 1er décembre 2022 et du 19 janvier 2023 sont entachées d'un vice d'incompétence ; la décision du 1er décembre 2022 n'est pas motivée ; la caisse d'allocations familiales de la Moselle a violé la loi et a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023 la caisse d'allocations familiales de la Moselle conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
II - Par une requête n°2303507 et un mémoire enregistrés le 17 mai et le 11 octobre 2023, Mme A, représentée par Me Saumier Vuillaume, demande au Tribunal :
- D'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à sa charge la somme de 520,48 euros correspondant à un indu d'aide au logement ;
- D'annuler la décision du 6 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Moselle confirme la mise à sa charge d'une somme de 520,48 euros correspondant à un indu d'aide au logement ;
- D'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Moselle de recalculer ses droits à l'aide au logement à compter du 1er janvier 2021 en tenant compte de ses salaires et des données de ses précomptes trimestriels ;
- De mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Moselle d'une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que les décisions du 1er décembre 2022 et du 19 janvier 2023 sont entachées d'un vice d'incompétence ; la décision du 1er décembre 2022 n'est pas motivée ; la caisse d'allocations familiales de la Moselle a violé la loi et a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023 la caisse d'allocations familiales de la Moselle conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitat ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2301852 et n°2303507 sont relatives à la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de statuer par un seul jugement.
2. La caisse d'allocations familiales de la Moselle a mis à la charge de Mme A, par décision du 1er décembre 2022, la somme de 520,48 euros correspondant à un indu d'aide au logement pour la période de janvier à novembre 2022. Elle a formé un recours administratif préalable contre cette décision qui a été confirmée par la caisse par décision du 6 mars 2023. Par ailleurs, la requérante a demandé une remise gracieuse de sa dette ce que la caisse d'allocations familiales de la Moselle a refusé par décision du 9 janvier 2023. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler ces trois décisions.
Sur la décision du 1er décembre 2022 :
3. Aux termes de l'article L 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. "
4. En application de ces dispositions, la décision du 3 mars 2023 prise par la caisse d'allocations familiales de la Moselle sur recours administratif préalable obligatoire s'est substituée à la décision initiale du 1er décembre 2022. Par suite, le recours contre cette dernière décision est irrecevable et doit être rejetée.
Sur le bien-fondé de l'indu d'aide au logement :
5. La décision, prise sur recours administratif préalable, datée du 6 mars 2023 est signée par Monsieur D C ayant reçu délégation du Directeur et également secrétaire de la Commission de Recours Amiable de la Caf de la Moselle désigné lors du conseil d'administration du 3 mars 2022. Par suite, le moyen de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. La décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est ainsi suffisamment motivée.
7. Aux termes de l'article L 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine () ". L'article R. 822-4 du même code, dans sa version applicable au présent litige, dispose que : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ".
8. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision, qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qu'il lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
9. Il résulte de l'instruction que la dette d'aide au logement mise à la charge de Mme A par la caisse d'allocations familiales de la Moselle et dont l'intéressée sollicite l'annulation, provient de ce que le montant de l'aide au logement a été calculé sur la base de son seul statut de salarié alors qu'elle est également vendeuse à domicile donc considérée comme une travailleuse indépendante non inscrit au RCS. Or, au regard de la législation fiscale le travailleur indépendant est imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et n'est pas, contrairement à ce que prétend la requérante, un salarié. Cette situation est révélée par son avis d'imposition. En conséquence, c'est à bon droit et sans commettre d'erreur d'appréciation que la caisse d'allocations familiales de la Moselle a calculé le montant de l'aide en tenant compte des revenus industriels et commerciaux qu'elle tirait de son activité de travailleur indépendant.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 6 mars 2023 de la caisse d'allocations familiales de la Moselle.
Sur le refus de remise gracieuse de l'indu d'aide au logement :
11. Aux termes de l'article R. 825-3 dudit code : " Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement (), sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. ".
12. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Par ailleurs, il résulte de la combinaison des dispositions précitées que si l'autorité compétente a la faculté de procéder à la remise ou à la réduction de la dette de l'allocataire en cas de précarité financière du débiteur de bonne foi d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement, cette faculté ne peut s'exercer dans le cas où l'indu est imputable à une manœuvre frauduleuse ou à une fausse déclaration. Au nombre des fausses déclarations figurent les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative de l'ensemble des ressources de toutes les personnes composant le foyer. Par suite les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et l'absence de motivation de la décision du 19 janvier 2023 sont inopérants et doivent être écartés.
13. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales de la Moselle ne remet pas en cause la bonne foi de Mme A. Elle peut donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de sa situation de précarité. Avec les documents produits à l'audience Mme A démontre qu'elle est dans une situation financière qui justifie que lui soit remis gracieusement une partie de sa dette d'aide au logement restant due.
14. En conséquence la décision du 19 janvier 2023 est annulée. Il est remis gracieusement à Mme A une somme de 200 euros à valoir sur sa dette d'aide au logement restant due.
15. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de rejeter les conclusions de Mme A au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1. La décision du 19 janvier 2023 de la caisse d'allocations familiales de la Moselle est annulée.
Article 2. Il est remis gracieusement à Mme A une somme de 200 euros à valoir sur sa dette d'aide au logement restant due.
Article 3. Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 4. Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Caisse d'allocations familiales de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le magistrat désigné,
H. SIMONLa greffière,
S. AMIRACH
La République mande et ordonne au Ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,-2303507TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE
STRASBOURG
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500482
Le Tribunal Administratif de la Martinique a jugé une poursuite pour contravention de grande voirie concernant une occupation illégale du domaine public maritime. Le tribunal a condamné M. C... à une amende de 5 000 euros et l'a enjoint de remettre les lieux en l'état, rejetant ses moyens de défense. La décision s'appuie sur les articles L. 2132-3-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, considérant que les travaux réalisés constituent une atteinte à l'intégrité du domaine public.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500519
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B... visant à annuler un titre de recettes émis pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que le requérant ne remplissait plus la condition de résidence stable et effective en France, requise par les articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles, suite à son déménagement en Belgique. L'indu réclamé pour la période du 1er juin 2022 au 31 août 2023 est donc justifié.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2400807
**Sujet principal** : Le litige concerne une poursuite pour contravention de grande voirie liée à la construction d'un mur de soutènement sur le domaine public maritime à la Martinique. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en formation de juge unique. **Solution retenue** : Le tribunal rejette les moyens soulevés par la défense concernant l'irrégularité des poursuites. Il constate que l'agent verbalisateur était régulièrement commissionné et assermenté, et que le préfet était compétent pour saisir la juridiction. La régularité de l'action publique est donc établie. **Textes appliqués** : Les articles L. 2132-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, notamment l'article L. 2132-3-2, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500535
Sujet principal : Recours contre une amende forfaitaire majorée et un retrait de points suite à une infraction au code de la route. Juridiction : Tribunal Administratif de la Martinique (formation de juge unique). Solution retenue : Le tribunal déclare incompétent pour statuer sur la demande de décharge de la majoration de l'amende, cette contestation relevant de la juridiction judiciaire (articles 529-2, 529-9 et 530-2 du code de procédure pénale). Concernant le retrait de points, l'analyse juridique n'est pas entièrement reproduite, mais le tribunal examine la légalité de la décision ministérielle au regard des dispositions du code de la route, notamment l'article L. 223-3 relatif à l'information du contrevenant.
02/04/2026