LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2307870

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2307870

mardi 19 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2307870
TypeDécision
RecoursInterprétation
Avocat requérantSCP SAIDJI-MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 novembre et le 12 décembre 2023, les consorts D, représentés par Me Gorgol, demandent à la juge des référés :

1°) de prescrire une expertise en vue de déterminer les conditions de la prise en charge de M. E D, par l'Hôpital Robert Pax à compter du 28 avril 2022, et d'évaluer les préjudices résultant de celle-ci ;

2°) qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport dans un délai d'un mois ;

3°) qu'il soit enjoint à l'expert de produire son rapport dans un délai de deux mois ;

4°) que l'expert se fasse remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission et qu'il dispose des pouvoirs d'investigation les plus étendus ;

5°) de donner acte de ce qu'ils offrent de consigner les frais d'expertise ;

6°) demande que les frais d'expertise soient pris en charge par l'Hôpital Robert Pax.

Ils soutiennent que la prise en charge de M. E D à compter du 28 avril 2022 par l'Hôpital Robert Pax suite à la mise en place d'une prothèse de hanche a été fautive et lui a causé divers préjudices et que la responsabilité de l'Hôpital Robert Pax est susceptible d'être engagée.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 novembre 2023 et le 16 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) déclare que le relevé définitif des débours ne pourra être produit qu'à l'issue de l'expertise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Saidji :

1°) déclare ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage quant au bien-fondé de sa mise en cause ;

2°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, l'Hôpital Robert Pax, représentés par Me Rousseau :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport dans un délai de quatre semaines ;

3°) demande à ce qu'un collège d'experts soit désigné, composé d'un chirurgien orthopédiste et d'un infectiologue ;

4°) sollicite l'extension des opérations d'expertise à la Clinique Saint-Nabor et au SSR Le Hohberg ;

5°) demande que les frais d'expertise soient mis à la charge des Consorts D ;

6°) demande la réservation des dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2024, la Clinique Saint-Nabor, représentée par Me Zuck :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée sous les protestations et réserves d'usage ;

2°) sollicite la production, par l'organisme de sécurité sociale, avant le début des opérations d'expertise, du relevé des débours et frais médicaux et définitifs ;

3°) demande qu'il soit enjoint à l'expert de déposer un pré-rapport.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le CMPR Le Hohberg, représenté par Me Adjemi :

1°) déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tous droits et moyens réservés ;

2°) demande que l'avance des frais d'expertise soit mise à la charge des Consorts D ;

3°) sollicite la production, par l'organisme de sécurité sociale, avant le début des opérations d'expertise, du relevé des débours et frais médicaux ;

4°) demande à ce que les entiers frais et dépens soient mis à la charge des Consorts D.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Anne Lecard en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. E D aurait été opéré à la Clinique Saint-Nabor de Saint-Avold aux fins de mise en place d'une prothèse de hanche le 23 mars 2022, conduisant à une hospitalisation jusqu'au 8 avril 2022. Il aurait alors présenté une fièvre importante et aurait été transféré au SSR Le Hohberg à Sarreguemines le 8 avril 2022. M. D aurait été hospitalisé au SSR jusqu'au 28 avril 2022, date à laquelle il aurait été transféré à l'Hôpital Robert Pax, pour une pneumopathie, une détresse respiratoire, une infection à la bactérie Escherichia coli et un choc septique. Durant cette hospitalisation, l'état de santé du patient ne se serait pas du tout amélioré, marquant une perte de poids d'environ 24 kilogrammes, ainsi qu'une perte totale d'autonomie depuis l'opération du 23 mars 2022. L'hospitalisation ne pouvant excéder 30 jours, M. D aurait été transféré au SSR de Freyming-Merlebach pour sa rééducation. Le SSR de Freyming-Merlebach aurait alors refusé de prendre en charge M. D qui, du fait de son état de santé et notamment de l'infection, n'était pas en mesure de poursuivre une rééducation. Il aurait alors été renvoyé à l'Hôpital Robert Pax de Sarreguemines. Le 9 juin 2022, M. D aurait à nouveau été transféré vers le SSR de Sarralbe. A la suite de crises d'hypothermie et de frissons, M. D aurait été transféré à l'Hôpital Robert Pax le 13 juin 2022. L'épouse du patient, lasse de la prise en charge de son mari, a demandé à ce que ce dernier soit transféré aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg le 16 juin 2022. Après un mois en soins intensifs, M. D aurait été transféré à l'Hôpital SOS Santé à Saint-Avold à compter du 15 juillet 2022. Une nouvelle fois, l'hospitalisation ne pouvant excéder 30 jours, M. D aurait intégré une nouvelle structure, à savoir l'unité de soins longue durée du groupe Sos Santé de la clinique Saint-François de Forbach, le 17 août 2022. M. D décède alors le 16 octobre 2022. Les ayants-droits de feu M. D sollicitent de la juge des référés que soit désigné un expert en vue de déterminer les conditions de la prise en charge du patient par la clinique Saint-Nabor, le SSR le Hohberg et l'Hôpital Robert Pax à compter du 28 avril 2022, de déterminer les préjudices résultant de cette prise en charge et les responsabilités imputables.

Sur la mesure d'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal relevant de la compétence du juge administratif. Cette utilité doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.

3. La mesure d'expertise demandée par les Consorts D entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.

Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur le périmètre de l'expertise :

4. La juge des référés peut être saisie de conclusions tendant à ce que l'expertise qu'il lui est demandé de prescrire soit réalisée au contradictoire de toute partie dont la participation est susceptible d'être utile, dès lors que le litige relève au moins partiellement de la juridiction administrative.

5. Il résulte de l'instruction que M. D a été transféré dans différentes structures médicales. Ainsi, le patient aurait été hospitalisé à la Clinique Saint-Nabor du 23 mars au 8 avril 2022. Il aurait également été hospitalisé au SSR Le Hohberg du 8 au 28 avril 2022, avant d'être pris en charge par l'Hôpital Robert Pax.

6. Dans ces conditions, la participation de la Clinique Saint-Nabor ainsi que celle du SSR Le Hohberg peut s'avérer utile. Les opérations doivent donc être menées au contradictoire de la Clinique Saint-Nabor, du SSR Le Hohberg ainsi que de l'Hôpital Robert Pax.

Sur les conclusions tendant à enjoindre à la caisse primaire d'assurance maladie du Meurthe-et-Moselle la production du relevé de ses frais et débours avant le commencement de l'expertise :

7. Il résulte de l'instruction qu'à ce stade de la procédure, la production du relevé détaillé des débours et frais médicaux de la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle ne présente pas un caractère d'utilité eu égard à la mission de l'expert telle qu'elle est fixée par la présente ordonnance. Il appartiendra à l'expert de solliciter, s'il l'estime nécessaire, la communication du relevé détaillé des débours et frais médicaux en lien avec la prise en charge de M. D. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la Clinique Saint-Nabor et du CMPR Le Hohberg tendant à la communication de ce relevé.

Sur les conclusions relatives à la production d'un pré-rapport :

8. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions des Consorts D, de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, de l'Hôpital Robert Pax ainsi que de la Clinique Saint-Nabor tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées, sans que le rejet de cette demande ne fasse obstacle à ce que l'expert établisse un pré-rapport soumis au contradictoire des parties s'il l'estime utile, sur le fondement de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Sur les conclusions tendant à enjoindre à l'expert de produire un rapport dans un délai imparti :

9. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert de produire son rapport dans un délai imparti. Il en résulte que les conclusions des Consorts D tendant à ce que l'expert dresse son rapport et l'adresse dans un délai de deux mois sont dépourvues de fondement juridique et doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives à l'étendue des pouvoirs de l'expert et à la communication des pièces médicales :

10. Aux termes de l'article R. 4127-4 du code de la santé publique : " Le secret professionnel institué dans l'intérêt des patients s'impose à tout médecin dans les conditions établies par la loi. Le secret couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession, c'est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu'il a vu, entendu ou compris ". Ces dispositions impliquent que seul le patient concerné peut lever le secret médical en transmettant lui-même son dossier ou en autorisant sa communication. Dès lors, il n'appartient pas au tribunal d'autoriser la communication du dossier médical à l'expert. Par suite, il y a lieu de rejeter la demande des Consorts D tendant à ce que l'expert se voit communiquer par des tiers des pièces du dossier médical de M. D. Cela ne fait cependant pas obstacle à ce qu'ils demandent et communiquent eux-mêmes les pièces du dossier médical de M. D.

Sur les conclusions relatives à la consignation des frais d'expertise :

11. L'expertise demandée par la requérante sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative n'est pas soumise à la procédure de consignation préalable d'une provision prévue par l'article 269 du code de procédure civile. Ainsi, dès lors qu'il n'appartient pas à la juge des référés, dans le cadre de la présente instance, de déterminer une telle provision, les conclusions présentées à cette fin par les Consorts D doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux éventuelles avances sur les frais d'expertise :

12. Aux termes de l'article R. 621-12 du code de justice administrative : " Le président de la juridiction [] peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations []. "

13. En l'absence d'allocation provisionnelle ordonnée par la présente décision, la demande du SSR le Hohberg est prématurée et ne peut, dès lors, qu'être rejetée.

Sur les conclusions relatives aux frais d'expertise :

14. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ()en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'ordonnance est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. ()". Aux termes de l'article R. 761-4 dudit code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué.() ". Aux termes de l'article R. 621-11 du même code : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. (.) ".

15. Il résulte de ces dispositions combinées que la détermination du montant des frais et honoraires d'expertises et de la personne à la charge de laquelle ces frais doivent être mis est effectuée par une ordonnance prise par le président du tribunal ou le magistrat qu'il désigne après la remise du rapport par l'expert.

16. Les demandes des Consorts D, de l'Hôpital Robert Pax et du CMPR Le Hohberg relatives à la prise en charge des frais d'expertise sont prématurées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : Un collège d'experts, composé du Dr. Christian Rabaud, infectiologue, exerçant au CHRU de Nancy, Bâtiment Philippe Canton, Allée du Morvan, à Vandoeuvre les Nancy (54511), et du Dr. Serge De Nadai, gériatre, exerçant aux Hôpitaux Privés de Metz, rue de champ Montoy à Metz (57070), est désigné. Il aura pour mission, dans le respect du secret médical, de :

1° informer les parties, dès l'engagement des opérations d'expertise, et au plus tard lors de la première réunion d'expertise, sur le déroulement, les moyens techniques envisagés et le coût estimé des opérations, afin de mettre les demandeurs à même d'évaluer l'utilité de la poursuite des opérations. Cette information sera renouvelée chaque fois que des investigations supplémentaires seront de nature à modifier substantiellement cette première estimation indicative ;

Sur la prise en charge par la Clinique Saint-Nabor :

2° prendre connaissance de l'entier dossier médical de M. D en lien avec sa prise en charge par la Clinique Saint-Nabor à compter du 23 mars 2022, dans le respect du secret médical, et décrire l'état de santé antérieur de M. D ;

3° décrire les conditions dans lesquelles M. D a été admis et soigné au sein de la Clinique Saint-Nabor à compter du 23 mars 2022 ;

4° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;

5° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

6° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

7° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

8° se prononcer sur les origines des complications survenues, en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à la Clinique Saint-Nabor ;

9° déterminer à quelles dates les premiers signes de l'infection ont été constatés, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique, dire quels ont été les moyens cliniques, paracliniques et biologiques retenus, permettant d'établir le diagnostic ;

10° dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection, quel type de germe a été identifié, quelle est son origine, son caractère exogène ou endogène, si l'infection a pour origine une cause extérieure et étrangère au lieu où ont été dispensés les soins, quelles sont les origines possibles de cette infection ;

11° préciser si les précautions ont été prises concernant les mesures d'hygiène prescrites par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales et, le cas échéant, quelle norme n'a pas été appliquée ;

12° préciser si les moyens en personnel et matériel mis en œuvre au moment de la réalisation de l'acte en cause correspondaient aux obligations prescrites en matière de sécurité ;

13° préciser si M. D présentait des facteurs de vulnérabilité susceptibles de contribuer à la survenue et au développement de l'infection, et l'infection présentait un caractère inévitable et pourquoi ;

14° préciser si le diagnostic et le traitement de l'infection ont été conduits conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, distinguer entre les conséquences de l'infection et les conséquences du retard de traitement ;

15° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

16° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée au patient et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

17° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à M. D une chance d'éviter le décès ;

18° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

19° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, sexuel, ) , subis, par M. D résultant des potentiels manquements de la Clinique Saint Nabor ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ;

20° préciser l'imputabilité entre le fait dommageable, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur la réalité des lésions initiales, la réalité de l'état séquellaire, l'imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales, et en précisant l'incidence éventuelle d'un état antérieur ;

21° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement de la Clinique Saint Nabor en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

Sur la prise en charge par le SSR Le Hohberg :

22° prendre connaissance de l'entier dossier médical de M. D en lien avec sa prise en charge par le SSR Le Hohberg à compter du 8 avril 2022, dans le respect du secret médical, et décrire l'état de santé antérieur de M. D ;

23° décrire les conditions dans lesquelles M. D a été admis et soigné au sein du SSR Le Hohberg à compter du 8 avril 2022 ;

24° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;

25° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

26° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

27° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

28° se prononcer sur les origines des complications survenues, en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable au SSR Le Hohberg ;

29° déterminer à quelles dates les premiers signes de l'infection ont été constatés, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique, dire quels ont été les moyens cliniques, paracliniques et biologiques retenus, permettant d'établir le diagnostic ;

30° dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection, quel type de germe a été identifié, quelle est son origine, son caractère exogène ou endogène, si l'infection a pour origine une cause extérieure et étrangère au lieu où ont été dispensés les soins, quelles sont les origines possibles de cette infection ;

31° préciser si les précautions ont été prises concernant les mesures d'hygiène prescrites par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales et, le cas échéant, quelle norme n'a pas été appliquée ;

32° préciser si les moyens en personnel et matériel mis en œuvre au moment de la réalisation de l'acte en cause correspondaient aux obligations prescrites en matière de sécurité ;

33° préciser si M. D présentait des facteurs de vulnérabilité susceptibles de contribuer à la survenue et au développement de l'infection, et l'infection présentait un caractère inévitable et pourquoi ;

34° préciser si le diagnostic et le traitement de l'infection ont été conduits conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, distinguer entre les conséquences de l'infection et les conséquences du retard de traitement ;

35° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

36° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée au patient et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

37° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à M. D une chance d'éviter le décès ;

38° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

39° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, sexuel, ) , subis, par M. D résultant des potentiels manquements de la Clinique Saint Nabor ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ;

40° préciser l'imputabilité entre le fait dommageable, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur la réalité des lésions initiales, la réalité de l'état séquellaire, l'imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales, et en précisant l'incidence éventuelle d'un état antérieur ;

41° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement du SSR Le Hohberg en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

Sur la prise en charge par l'Hôpital Robert Pax :

42° prendre connaissance de l'entier dossier médical de M. D en lien avec sa prise en charge par l'Hôpital Robert Pax à compter du 28 avril 2022, dans le respect du secret médical, et décrire l'état de santé antérieur de M. D ;

43° décrire les conditions dans lesquelles M. D a été admis et soigné au sein de l'Hôpital Robert Pax à compter du 28 avril 2022 ;

44° préciser les examens prodigués, les interventions pratiquées, les traitements entrepris et les complications survenues ;

45° indiquer et décrire les affections imputées au soin et éventuels manquements de soin en cause ;

46° dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science médicale ;

47° réunir tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, le suivi d'opération ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

48° se prononcer sur les origines des complications survenues, en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à l'Hôpital Robert Pax ;

49° déterminer à quelles dates les premiers signes de l'infection ont été constatés, a été porté le diagnostic, a été mise en œuvre la thérapeutique, dire quels ont été les moyens cliniques, paracliniques et biologiques retenus, permettant d'établir le diagnostic ;

50° dire quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection, quel type de germe a été identifié, quelle est son origine, son caractère exogène ou endogène, si l'infection a pour origine une cause extérieure et étrangère au lieu où ont été dispensés les soins, quelles sont les origines possibles de cette infection ;

51° préciser si les précautions ont été prises concernant les mesures d'hygiène prescrites par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales et, le cas échéant, quelle norme n'a pas été appliquée ;

52° préciser si les moyens en personnel et matériel mis en œuvre au moment de la réalisation de l'acte en cause correspondaient aux obligations prescrites en matière de sécurité ;

53° préciser si M. D présentait des facteurs de vulnérabilité susceptibles de contribuer à la survenue et au développement de l'infection, et l'infection présentait un caractère inévitable et pourquoi ;

54° préciser si le diagnostic et le traitement de l'infection ont été conduits conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, distinguer entre les conséquences de l'infection et les conséquences du retard de traitement ;

55° dire si l'on est en présence de conséquences anormales et, le cas échéant, si celles-ci étaient, au regard de l'état de la personne comme de l'évolution de cet état, probables, attendues ou encore redoutées ;

56° déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée au patient et à sa famille sur les risques des actes médicaux et des traitements subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

57° indiquer si le manquement éventuellement constaté a fait perdre à M. D une chance d'éviter le décès ;

58° en cas de retard de diagnostic, établir si ce dernier était difficile à établir ; établir si le suivi chirurgical a été conforme aux règles de l'art médical ;

59° se prononcer sur l'existence de tout préjudice (physique, moral, sexuel, ) , subis, par M. D résultant des potentiels manquements de la Clinique Saint Nabor ; évaluer leur importance, en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ;

60° préciser l'imputabilité entre le fait dommageable, les lésions initiales et les séquelles invoquées en se prononçant sur la réalité des lésions initiales, la réalité de l'état séquellaire, l'imputabilité directe et certaine des séquelles aux lésions initiales, et en précisant l'incidence éventuelle d'un état antérieur ;

61° déterminer les frais médicaux et débours (assistance d'une tierce personne, appareillages, fournitures, soins particuliers) en relation directe et exclusive avec un éventuel manquement de l'Hôpital Robert Pax en les distinguant expressément de ceux imputables à l'état initial ;

Article 2 : La clinique Saint-Nabor et le CMPR Le Hohberg sont mis à la cause.

Article 3 : Le collège d'experts accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par la juge des référés. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Le collège d'experts disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus, dans le respect du secret médical. Il pourra entendre tous sachants, recueillir tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.

Article 5 : Les frais et honoraires dus aux experts seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. Les experts peuvent demander à la juge des référés une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de ses honoraires et débours. Cette demande peut intervenir en cours d'expertise.

Article 6 : Le collège d'experts pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.

Article 7 : À tout moment au cours de sa mission, le collège d'experts pourra proposer au juge des référés une médiation entre les parties.

Article 8 : Le collège d'experts déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges avant le 1er novembre 2024, accompagné de l'état de leurs vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 9 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B née D, à M. C D, à Mme F D, à la Clinique Saint-Nabor, au CMPR Le Hohberg, à l'Hôpital Robert Pax, à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe et Moselle, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au Dr. Christian Rabaud et au Dr. Serge De Nadai, experts.

Fait à Strasbourg, le 19 mars 2024.

La juge des référés,

A. LECARD

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA67Interprétation

Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2602087

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... d’une demande d’injonction, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet du Bas-Rhin à instruire les demandes de titres de voyage pour ses filles mineures. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, conformément aux articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il a également jugé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les circonstances invoquées par le requérant ne suffisant pas à l’établir.

01/06/2026

TA06Interprétation

Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600609

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a été saisi par une requérante pour faire constater l'absence d'offre de logement adaptée à ses besoins après une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire. Le juge a constaté que l'État, en la personne du préfet des Alpes-Maritimes, n'avait pas satisfait à son obligation de résultat dans le délai de six mois prévu par l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. En application des articles L. 441-2-3-1 du même code et R. 778-1 du code de justice administrative, le tribunal a en conséquence ordonné au préfet de procéder au relogement de la requérante, sous astreinte.

03/04/2026

TA59Interprétation

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2505961

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane (CABBALR) visant à annuler un titre de recettes émis par la communauté d’agglomération de Lens-Liévin (CALL). Le tribunal a jugé que le titre, relatif au recouvrement d'une dotation de solidarité communautaire, était régulier en la forme et suffisamment motivé, notamment en indiquant les bases de liquidation de la créance. La décision s'appuie sur les dispositions du code général des collectivités territoriales et du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

31/03/2026

CAA13Interprétation

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA02864

27/03/2026

← Retour aux décisions