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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2402873

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2402873

mardi 13 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2402873
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5e chambre
Avocat requérantSELARL CDA JOLY & OSTER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a examiné la requête de M. C... contre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) pour une faute médicale lors de sa prise en charge le 6 mai 2019, où un scanner préconisé n'a pas été réalisé, ce qui a contribué à une nécrose cutanée. La juridiction a retenu une responsabilité partielle des HUS, limitée à 40 %, estimant que la nécrose était déjà inévitable en raison d'une compression antérieure par un autre établissement. En conséquence, le tribunal a condamné les HUS à verser à M. C... une indemnité réduite pour ses préjudices (notamment souffrances endurées et préjudice esthétique permanent) et à la CPAM du Bas-Rhin la somme de 1 361,44 euros au titre des débours, avec intérêts. La décision s'appuie sur les principes de la responsabilité pour faute en droit administratif, sans application de textes spécifiques mentionnés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, M. A... C..., représenté par Me Krieger-Junger, demande au tribunal :

1°) de condamner les hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) à lui verser la somme globale de 38 177 euros en réparation des préjudices subis à la suite de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Strasbourg le 6 mai 2019, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge des HUS la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens y compris les frais d’expertise avancés dans le cadre de l’instance judiciaire ;

3°) de déclarer le jugement exécutoire par provision.

Il soutient que :
- les HUS ont commis une faute de nature à engager leur responsabilité dès lors que seule une radiographie de son pied a été réalisée lors de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Strasbourg le 6 mai 2019, au lieu du scanner préconisé ;
- il est fondé à solliciter le versement d’une somme de 7 350 euros en réparation du préjudice de perte de gains professionnels subi sur la période de mai à novembre 2019 ;
- son déficit fonctionnel temporaire doit être indemnisé à hauteur de 2 427 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire qui a été évalué à 3 sur 7 par l’expert et est fondé à solliciter le versement de la somme de 1 000 euros à ce titre ;
- ses souffrances endurées évaluées par l’expert à 2,5 sur 7 doivent être indemnisées à hauteur de 3 000 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent, évalué à 8%, doit être indemnisé à hauteur de 14 400 euros ;
- le préjudice esthétique permanent évalué à 1 sur 7 doit être indemnisé à hauteur de 2 000 euros ;
- son préjudice d’agrément est de nature à ouvrir droit à réparation par le versement d’une somme de 5 000 euros ;
- il est fondé à solliciter le versement de la somme de 3 000 euros au titre du préjudice moral subi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2025, les HUS, représentés par la SELARL CDA Joly & Oster, concluent au rejet des demandes du requérant et de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Bas-Rhin s’agissant des préjudices qui ne leur sont pas imputables, à ce que l’indemnisation des préjudices qui leur sont imputables soit ramenée à de plus justes proportions et à ce qu’il soit statué ce que de droit quant aux frais.

Ils soutiennent que :
- ils s’en remettent à la sagesse du tribunal quant à l’existence d’une faute résultant de l’absence de réalisation d’un scanner le 6 mai 2019 ;
- la non-réalisation du scanner et le maintien de la botte plâtrée par l’équipe des HUS sont intervenus à un stade où la compression inappropriée était déjà exercée depuis de nombreuses heures et alors que la nécrose était inévitable en raison de la pose de cette botte par le groupe hospitalier de la région (GHR) de Mulhouse et Sud-Alsace le 4 mai 2019, de telle sorte qu’ils ne peuvent être tenus responsables qu’à hauteur de 40% des conséquences de la nécrose cutanée ;
- ils n’ont pas à assumer la responsabilité des conséquences du traumatisme initial ;
- les arrêts de travail de M. C..., les périodes de déficit fonctionnel temporaire, le préjudice esthétique temporaire, le déficit fonctionnel permanent et le préjudice d’agrément ne sont pas imputables à la nécrose localisée ;
- les souffrances endurées ne sauraient être indemnisées qu’à hauteur de 200 euros après application du taux d’imputabilité de 40% ;
- le préjudice esthétique permanent peut être indemnisé à hauteur de 400 euros après application du taux d’imputabilité de 40% ;
- le choc psychologique subi par l’intéressé lors de l’accident survenu sur son lieu de travail ne saurait ouvrir droit à indemnisation de la part des HUS ;
- les soins locaux de traitement de la nécrose cutanée peuvent être imputables pour partie aux HUS, à hauteur de 40% mais les soins réalisés du seul fait de l’accident initial ne sauraient être mis à la charge des HUS ;
- les frais de pansement ne peuvent être pris en charge qu’à hauteur de 40% ;
- la consultation du 15 mai 2019 correspond à une prise en charge orthopédique classique programmée de telle sorte que les frais de transport en taxi afférents ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.

Par des mémoires, enregistrés le 26 avril 2024 et le 12 novembre 2024, la caisse primaire d’assurance maladie du Bas-Rhin conclut, dans le dernier état de ses écritures, à la condamnation des HUS au paiement d’une somme de 1 361,44 euros assortie des intérêts au taux légal, au titre des débours exposés en faveur de son assuré ainsi qu’au paiement de la somme de 453,81 euros correspondant à l’indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions de l’article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Elle soutient que :
- les HUS ont commis une faute de nature à engager leur responsabilité en ne réalisant pas, dès le 6 mai 2019, le scanner qui était préconisé ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 1 361,44 euros, au titre des dépenses de santé actuelles, correspondant aux frais médicaux, frais pharmaceutiques et frais de transport en lien avec la faute commise.

Par des lettres du 16 octobre 2025 et du 25 novembre 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur des moyens d’ordre public tirés de l’irrecevabilité des conclusions du requérant tendant à ce que le tribunal ordonne l’exécution provisoire du jugement à intervenir, les décisions de justice des juridictions administratives étant exécutoires en vertu de l’article L. 11 du code de justice administrative et de l’irrecevabilité des conclusions de M. C... présentées sur le fondement de l’article R. 761-1 du code de justice administrative en l’absence de dépens exposés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Muller, première conseillère,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- les observations de Me Weis, substituant Me Joly et représentant les hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Une note en délibéré, présentée par M. C..., a été enregistrée le 16 décembre 2025.

Considérant ce qui suit :

M. C..., né le 10 avril 1974, conducteur routier, a été victime d’un écrasement de la cheville droite, sur son lieu de travail, dans la nuit du 3 au 4 mai 2019. Il a été transféré le 4 mai 2019 au centre hospitalier de Mulhouse où a été diagnostiqué, à l’issue d’un examen clinique et d’une radiographie, un petit arrachement de la malléole externe et où a été posée une botte plâtrée afin d’immobiliser la cheville. Le 6 mai 2019, M. C... a consulté, sur les consignes du GHR de Mulhouse et Sud-Alsace, le service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier universitaire (CHU) de Strasbourg, au sein duquel une radiographie de contrôle a été réalisée. Un scanner effectué le 13 mai suivant a révélé une fracture postérieure du calcaneus et la botte plâtrée a été remplacée par un plâtre fendu amovible lors d’une consultation du 15 mai 2019. M. C... a ensuite souffert d’une nécrose cutanée qui a nécessité des soins infirmiers réguliers. M. C... a présenté aux HUS une demande indemnitaire préalable reçue le 10 janvier 2024. Du silence gardé sur cette demande par l’établissement hospitalier est née une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. C... demande au tribunal la condamnation des HUS à réparer les préjudices subis à la suite de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Strasbourg le 6 mai 2019.

Sur les conclusions à fin d’indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité des Hôpitaux universitaires de Strasbourg :

Aux termes de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique : « I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère (…) ».

Il résulte de l’instruction, et notamment du rapport de l’expertise contradictoire, en date du 16 août 2021, diligentée par la juge des référés du tribunal judiciaire de Saverne, que M. C... s’est présenté au service accueil-urgences du GHR de Mulhouse et Sud-Alsace le 3 mai 2019 à la suite du traumatisme subi sur son lieu de travail où il a notamment bénéficié de la pose d’un plâtre circulaire. Faute d’avoir pu pratiquer un scanner de la cheville droite de M. C..., en raison de l’absence d’un radiologue compétent en matière d’analyse radiographique ostéoarticulaire, l’interne de l’établissement hospitalier de Mulhouse a pris un rendez-vous en faveur de l’intéressé au service accueil-urgences du CHU de Strasbourg le 6 mai 2019 afin de procéder à la réalisation d’une tomodensitométrie. Le rapport d’expertise précise toutefois que, lors de cette consultation au CHU de Strasbourg, le chirurgien orthopédiste de garde n’a pas réalisé de scanner en urgence et s’est borné à effectuer une radiographie de contrôle. Le scanner préconisé n’a été réalisé que le 13 mai 2019, révélant une fracture postérieure du calcanéus. Il résulte de l’instruction, notamment du rapport d’expertise susmentionné, que si la nécrose dont a souffert M. C... a été causée par la mise en place d’une botte plâtrée au service accueil-urgences du GHR de Mulhouse et Sud-Alsace, le 3 mai 2019, alors qu’un plâtre fendu aurait été plus adapté, l’interne du service des urgences du CHU de Strasbourg, qui était informé de toutes les complications et de la nécessité de réaliser un scanner, en s’abstenant de réaliser cet examen dès le 6 mai 2019 et en ne procédant pas au changement du plâtre compressif ce jour, a commis une faute qui a contribué à la survenance de la nécrose cutanée dont a été victime le patient. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à rechercher la responsabilité des HUS de Strasbourg. Dans les circonstances de l’espèce, eu égard notamment au dire du docteur Boniface produit par les HUS et non contesté par les parties, les dommages dont le requérant sollicite l’indemnisation ne sont en lien avec la faute commise par les HUS qu’à hauteur de 40%.

En ce qui concerne les préjudices :

Il résulte de l’instruction, et plus particulièrement du rapport d’expertise susmentionné, que la consolidation de l’état de santé du requérant peut être fixée au 30 juin 2020.

S’agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux pertes de gains professionnels :

M. C... qui exerce la profession de conducteur routier a été placé en arrêt de travail du 4 mai au 8 novembre 2019. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction que l’absence de reprise de son activité professionnelle après l’accident survenu le 3 mai 2019 et la perte de revenus qui en a résulté soient imputables à la faute commise par les HUS. Dans ces circonstances, la demande d’indemnisation au titre de la perte de gains professionnels doit être rejetée.

Quant aux dépenses de santé :

Il résulte de l’instruction et notamment de l’attestation d’imputabilité du médecin conseil produite par la caisse, que les débours exposés par la caisse en lien avec la nécrose cutanée dont a souffert M. C... s’élèvent à la somme globale de 1 361,44 euros, correspondant à des frais infirmiers nécessités par l’apparition de la nécrose, à des frais pharmaceutiques ainsi qu’à des frais de transport liés à la consultation médicale du 15 mai 2019 au cours de laquelle la botte plâtrée de l’intéressé a été remplacée par un plâtre fendu amovible.

S’agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

Si l’expert retient que M. C... a connu des périodes de déficit fonctionnel temporaire total et partiel sur la période du 4 mai 2019 au 29 juin 2020, il ne résulte toutefois pas de l’instruction que ce déficit fonctionnel temporaire serait en lien direct avec la faute commise par les HUS ayant contribué à la nécrose cutanée dont a souffert l’intéressé. Il s’ensuit que la demande d’indemnisation présentée à ce titre doit être rejetée.

Quant aux souffrances endurées :

Il résulte de l’instruction, notamment du rapport d’expertise judiciaire, que les souffrances endurées par M. C..., en rapport direct avec la nécrose cutanée, ont été évaluées par l’expert à hauteur de 0,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par l’intéressé en les évaluant à la somme de 500 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

L’expert qui a examiné M. C... n’a pas retenu l’existence d’un préjudice esthétique temporaire en lien direct avec la faute commise par les HUS ayant contribué à la nécrose cutanée. Ainsi, dans les circonstances de l’espèce, alors que le requérant n’apporte aucun élément permettant d’établir l’existence d’un tel préjudice découlant directement de la faute commise, la demande d’indemnisation de ce poste de préjudice ne peut pas être accueillie.

S’agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

Si l’expert retient que le déficit fonctionnel permanent du requérant s’élève à 8%, ce taux porte sur une limitation dans la cinétique articulaire flexion-extension au niveau du pied droit, sans trouble sensitivo-moteur périphérique, qui n’est pas imputable à la faute commise par les HUS. Dès lors, la demande d’indemnisation au titre du déficit fonctionnel permanent doit être rejetée.

Quant au préjudice esthétique permanent :

Le préjudice esthétique permanent du requérant résultant de la nécrose cutanée a été estimé à 1 sur une échelle de 7 par l’expert. Dans les circonstances de l’espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en fixant à 1 000 euros la somme destinée à le réparer.

Quant au préjudice d’agrément :

Il ne résulte pas de l’instruction qu’il existerait un préjudice d’agrément en lien avec la faute commise par les HUS.

Quant au préjudice moral :

Il résulte de l’instruction que le choc psychologique ressenti par M. C... lors de l’accident survenu le 3 mai 2019 est sans lien avec la faute commise par les HUS. Par suite, les conclusions tendant à réparer le préjudice moral subi ne peuvent qu’être rejetées.

Il résulte de tout ce qui précède que le montant total des préjudices de M. C... s’élève à la somme de 1 500 euros et les débours exposés par la caisse primaire d’assurance maladie du Bas-Rhin à la somme de 1 361,44 euros. Compte tenu du partage de responsabilité exposé au point 3, les HUS doivent, par suite, être condamnés à verser à M. C... la somme de 600 euros et à la caisse primaire d’assurance maladie la somme de 544,58 euros au titre des débours exposés.

Sur la subrogation :

Il appartient au juge administratif, lorsqu’il détermine le montant et la forme des indemnités allouées par lui, de prendre, au besoin d’office, les mesures nécessaires pour que sa décision n’ait pas pour effet de procurer à la victime d’un dommage, par les indemnités qu’elle a pu ou pourrait obtenir en raison des mêmes faits, une réparation supérieure au préjudice subi. Lorsque ces indemnités n'ont pas encore été versées ou ne semblent pas encore avoir été versées, le juge doit subordonner le paiement des sommes mises à la charge de la personne publique à la subrogation de celle-ci, à concurrence desdites sommes, dans les droits que détient la victime à l'égard du responsable au civil.

Il résulte de l’instruction que M. C... a engagé, parallèlement à son action devant le juge administratif, une action devant le juge judiciaire dirigée contre son employeur, mise en délibéré le 19 novembre 2025. Dès lors, il y a lieu de subordonner le paiement des indemnités mises à la charge des HUS à la subrogation de ceux-ci, à concurrence de la somme de 600 euros dans les droits qui résultent pour M. C... la condamnation qui a ou sera, le cas échéant, définitivement prononcée à son profit par l’autorité judiciaire contre son employeur.

Sur les intérêts et la capitalisation :

Le requérant a droit aux intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable, soit le 10 janvier 2024.

La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d’une année. Dans ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu’à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée par le requérant, le 23 avril 2024. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 janvier 2025, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d’intérêts, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

La CPAM du Bas-Rhin a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 544,58 euros à compter de la date d’enregistrement de son premier mémoire, soit le 26 avril 2024.

Sur l’indemnité forfaitaire de gestion :

Aux termes des dispositions de l’article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : « En contrepartie des frais qu’elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d’assurance maladie à laquelle est affilié l’assuré social victime de l’accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l’organisme national d’assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d’un montant maximum de 910 euros et d’un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. ». Aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 18 décembre 2025 relatif aux montants minimal et maximal de l’indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l’année 2026 : « Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 122 € et 1 228 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2026. ».

Il y a lieu de condamner les HUS à verser à la CPAM du Bas-Rhin la somme de 181, 53 euros au titre de l’indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions précitées.

Sur les dépens :

Aux termes de l’article R. 761-1 du code de justice administrative : « Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ».

Si M. C... sollicite la mise à la charge des HUS des frais d’expertise judiciaire, une telle somme, relative à une expertise qui n’a pas été ordonnée par le tribunal mais par la juge des référés du tribunal judiciaire de Saverne, ne revêt pas le caractère de dépens. La présente instance n’ayant, par ailleurs, donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l’article R. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge des HUS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C... et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions à fin de déclaration du jugement exécutoire :

Aux termes de l’article L11 du code de justice administrative : « Les jugements sont exécutoires ».

Il s’ensuit que des conclusions tendant à ce que l’exécution du présent jugement soit ordonné sont irrecevables et doivent être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : Les HUS sont condamnés à verser à M. C... la somme de 600 (six cents) euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 janvier 2024 et de la capitalisation des intérêts à compter du 10 janvier 2025.

Article 2 : Le paiement de la somme de 600 (six cents) euros est subordonné à la subrogation des HUS, à concurrence de ce montant, dans les droits résultant pour M. C... la condamnation définitivement prononcée à son profit, le cas échéant, contre son employeur, par l’autorité judiciaire.

Article 3 : Les HUS sont condamnés à verser à la CPAM du Bas-Rhin la somme de 544,58 euros (cinq cent quarante-quatre euros et cinquante-huit centimes), assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 avril 2024.

Article 4 : Les HUS verseront à la CPAM du Bas-Rhin l’indemnité forfaitaire de gestion pour un montant de 181,53 euros (cent quatre-vingt-un euros et cinquante-trois centimes).

Article 5 : Les HUS verseront à M. C... une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C..., à la caisse primaire d’assurance maladie du Bas-Rhin et aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Délibéré après l’audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Carrier, président,
- Mme Bronnenkant, première conseillère,
- Mme Muller, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2026.


La rapporteure,





P. MULLERLe président,





C. CARRIER
Le greffier,





P. SOUHAIT

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,




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