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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2406662

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2406662

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2406662
TypeDécision
Avocat requérantSCHMITT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Schmitt, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 30 août 2024 par laquelle la commission de l'académie de Strasbourg a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Bas-Rhin du 25 juin 2024, qui avait rejeté sa demande d'autorisation d'instruire en famille son fils D au titre de l'année 2024-2025 ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de lui délivrer une autorisation provisoire d'instruction en famille, dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête en annulation ou, à défaut, jusqu'à la décision statuant sur son recours préalable ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que : la décision contestée l'oblige, sous peine de sanctions pénales, à inscrire immédiatement son fils dans un établissement d'enseignement scolaire ; une scolarisation en établissement emporterait des conséquences graves sur l'équilibre et la santé de son fils ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée les moyens tirés de ce que : elle est, au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration a vérifié l'existence d'une situation propre à son enfant, ce qu'il ne lui appartient pas de faire ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la situation de son enfant, qui eu égard à ses difficultés d'adaptation et de comportement en dernière année d'école maternelle et en cours préparatoire en 2020 et 2021, qui ont fait l'objet d'une prise en charge par un rééducateur du Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté et d'un accompagnement par un psychologue de l'éducation nationale, et aux résultats satisfaisants de son instruction en famille depuis cette époque, doit être qualifiée de situation propre au sens des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 24 septembre 2024 en présence de Mme Immelé, greffière d'audience, M. Rees a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Schmitt, avocat de Mme C, ainsi que celles de cette dernière ;

- les observations de M. B, représentant du recteur de l'académie de Strasbourg.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 mai 2024, Mme C a sollicité, sur le fondement du 4° de l'article L.131-5 du code de l'éducation, l'autorisation d'instruire en famille son fils D, né en 2014. Par une décision du 25 juin 2024, le directeur académique des services de l'éducation nationale du Bas-Rhin a rejeté sa demande. Le 30 août 2024, la commission de l'académie de Strasbourg a rejeté son recours administratif préalable contre cette décision.

2. Par une ordonnance du 27 août 2024, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de la décision du directeur académique des services de l'éducation nationale du Bas-Rhin du 25 juin 2024. Mme C demande aujourd'hui au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision de la commission de l'académie de Strasbourg du 30 août 2024.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de l'éducation : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. () L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant:/ () 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. () ".

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens dont fait état Mme C, et notamment pas, en l'absence d'élément permettant de vérifier l'actualité des difficultés d'adaptation de son enfant qu'elle invoque, celui tiré de l'erreur d'appréciation de la situation de ce dernier au regard des dispositions du 4° de l'article L.131-5 du code de l'éducation précité, n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, les conclusions présentées par Mme C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du même code, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A C et au recteur de l'académie de Strasbourg. Copie en sera adressée à la ministre de l'éducation nationale.

Fait à Strasbourg, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

P. REES

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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