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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2501110

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2501110

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2501110
TypeDécision
Avocat requérantFIRHOLTZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2025, M. C B, représenté par

Me Firholtz, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un récépissé sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer rétroactivement un récépissé lui permettant de bénéficier des aides qui lui sont dues pour les périodes où il n'était muni que d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il se trouve dans une situation anormalement longue de précarité administrative et matérielle en ce qu'il risque d'être privé de l'allocation adultes handicapés ;

- il satisfait aux conditions du renouvellement de son titre et a relancé à plusieurs reprises la préfecture, sans succès.

- il n'a pas réceptionné de décision administrative défavorable au jour de sa requête.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'urgence et le caractère utile de la mesure demandée ne sont pas établis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- et les observations de Me Firholtz, avocate de M. B, absent.

Le préfet du Bas-Rhin n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant turc né le

12 février 1973, est entré en France en septembre 1973. Le 12 février 1989, il s'est vu délivrer une carte de résident, renouvelée jusqu'au 11 février 2019. Par une demande du 30 août 2019, il a sollicité le renouvellement de son titre. Par une décision du 29 novembre 2024, le préfet du Bas-Rhin n'a pas fait droit à sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif que sa présence constitue une menace grave pour l'ordre public et lui a délivré, toutefois, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, valable pour une durée d'un mois et à renouveler chaque mois.

4. Le préfet du Bas-Rhin s'étant prononcé le 29 novembre 2024 sur le droit au séjour du requérant, les mesures demandées par ce dernier sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative font obstacle à l'exécution de cette décision.

5. Il résulte de ce qui précède que les conditions prévues par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas remplies et qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B présentées sur ce fondement.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. B dirigées contre l'État qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.

Fait à Strasbourg, le 27 mars 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Lamoot

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