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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2501461

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2501461

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2501461
TypeDécision
Avocat requérantBLANVILLAIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant marocain, d'une demande d'injonction visant à obtenir la délivrance d'un titre de séjour et d'un récépissé l'autorisant à travailler. En cours d'instance, le préfet a édité une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 17 mars 2026 et délivré un récépissé, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. Le juge a donc constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ces demandes et a rejeté les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2025, M. C B, représenté par Me Blanvillain, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir pendant la durée nécessaire au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- le requérant se trouve dans une situation anormalement longue de précarité administrative et matérielle en ce qu'il ne peut obtenir un permis de conduire et qu'il risque de perdre son emploi.

Sur le caractère utile :

- la préfecture dispose de l'ensemble des documents nécessaires à l'instruction de sa demande.

Sur l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative :

- le requérant n'a pas réceptionné de décision administrative défavorable au jour de sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, le préfet de la Moselle conclut à ce qu'il n'y ait plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et de rejeter le surplus de la requête.

Il soutient que l'intéressé bénéficie désormais d'un récépissé, et qu'une carte de séjour temporaire a été éditée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 24 mars 2025.

Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant marocain né le 28 mars 2004, est entré en France le 17 juillet 2016 muni d'un visa valable jusqu'au 13 août 2016. Il a bénéficié d'un document de circulation pour étranger mineur jusqu'au 27 décembre 2021. Par une demande du 1er février 2022, le requérant a sollicité son admission au séjour en sa qualité de mineur entré en France avant l'âge de treize ans. Il s'est vu délivrer plusieurs récépissés, dont le dernier valable jusqu'au 2 mars 2025.

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Bas-Rhin a décidé de donner une suite favorable à sa demande en éditant une carte de séjour temporaire valable du 18 mars 2025 au 17 mars 2026 et en lui délivrant dans cette attente un récépissé valable jusqu'au 26 mai 2025. Les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative présentées par M. B ayant ainsi perdu leur objet en cours d'instance, il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Blanvillain et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.

Fait à Strasbourg, le 8 avril 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Lamoot

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