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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2501777

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2501777

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2501777
TypeDécision
Avocat requérantELSAESSER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé, a été saisi par M. B pour obtenir, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une injonction sous astreinte afin que le préfet du Bas-Rhin statue rapidement sur sa demande de regroupement familial. Le juge des référés a rejeté cette demande, estimant que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, car le requérant n'avait complété son dossier que quinze jours avant l'introduction de son recours. En revanche, il a prononcé l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative et de la loi relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2025, M. A B, représenté par Me Elsaesser, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative au préfet du Bas-Rhin de statuer sur sa demande de regroupement familial dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la mesure est utile ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la demande est désormais complète et sera traitée dans les plus brefs délais.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Sibileau comme juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 24 mars 2025 :

- le rapport de M. Sibileau, juge des référés ;

- et les observations de Me Elsaesser, pour M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 24 mars 2025.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président "

2. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

4. Il résulte de l'instruction que ce n'est que le 20 février 2025, soit moins de quinze jours avant l'introduction de la présente requête, que M. B a adressé à l'Office français de l'immigration et de l'intégration les dernières pièces nécessaires pour compléter son dossier. La condition d'urgence qu'il y aurait à ordonner au préfet du Bas-Rhin de se prononcer dans les meilleurs délais sur la demande de regroupement familial présentée par l'intéressé, ne peut dès lors être regardée comme satisfaite.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1 : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le suplus de conclusions de la requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet du Bas-Rhin.

Fait à Strasbourg, le 8 avril 2025.

Le juge des référés,

J-B. SIBILEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Lamoot

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