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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2502067

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2502067

vendredi 28 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2502067
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantL'ILL LEGAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 21 mars 2025, Mme D B C, représentée par Me Thalinger, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté du 17 février 2025 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a retiré son certificat de résidence algérien, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et lui a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui restituer sa carte de résidence algérienne, à titre subsidiaire, de lui délivrer un certificat de résidence algérienne portant la mention " salarié ", et à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est présumée en matière de retrait de titre de séjour ;

- elle se trouve dans une situation de précarité du fait de la suspension de son contrat de travail sans rémunération.

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :

En ce qui concerne le retrait de certificat de résidence algérien :

- la décision contestée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de l'inapplicabilité des dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît en tout état de cause les dispositions de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la simple substitution légale demandée par le préfet n'est pas envisageable puisque la décision attaquée se fonde sur des motifs étrangers à la fraude ;

- il ne peut lui être reproché ne pas avoir informé l'autorité préfectorale de son changement de situation familiale dès lors qu'aucun dispositif de retrait du certificat de résidence n'est légalement prévu par l'accord franco-algérien ;

- la signature apposée sur la déclaration de communauté de vie correspond bien à celle de M. E et ne saurait donc caractériser un faux ;

- la mention de la date du 1er décembre 2021 comme étant la date des effets du divorce au sein du jugement rendu par le juge aux affaires familiales se borne à concerner les biens en application de l'article 262-1 du code civil et n'est donc pas un élément suffisant pour caractériser la rupture de la communauté de vie, et donc la fraude ;

- le couple n'a introduit sa requête en divorce qu'en août 2023 ;

- l'absence de communauté de vie ne saurait se déduire de la seule absence de cohabitation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié :

- la décision contestée est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- le préfet s'est cru lié par l'absence de présentation de huit fiches de paie sur les douze derniers mois ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation par le préfet de son pouvoir général de régularisation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2025, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- il sollicite une substitution de base légale en fondant la décision portant retrait du certificat de résidence sur les dispositions de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration en lieu et place de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'existe, en l'état de l'instruction, aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 21 mars 2025 en présence de M. Haag, greffier d'audience :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Thalinger, représentant Mme B C.

Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions de l'article 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

2. Mme B C, ressortissante algérienne née le 24 septembre 1990, est entrée en France munie d'un visa long séjour obtenu dans le cadre d'un regroupement familial. Suite à son mariage le 2 septembre 2019 avec M. E, ressortissant algérien, elle bénéficie depuis le 10 mars 2022 d'un certificat de résidence algérien de dix ans. Par lettre du 6 novembre 2024 M. E a informé le préfet du Bas-Rhin du jugement rendu le 29 août 2024 par le juge aux affaires familiales de Mulhouse prononçant le divorce des époux. Par un arrêté notifié le 21 février 2025, dont la requérante demande la suspension, le préfet du Haut-Rhin lui a retiré son titre de séjour, n'a pas fait droit à sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

3. En l'état de l'instruction aucun des moyens soulevés par Mme B C n'est manifestement de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B C et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Strasbourg, le 28 mars 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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