Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé, rejette la requête de Mme A... qui contestait les retenues opérées par la caisse d'allocations familiales sur ses prestations. Le juge estime que le litige relève de la compétence de l'ordre judiciaire, car il porte sur le recouvrement d'un trop-perçu de prime à la naissance, matière relevant du contentieux général de la sécurité sociale. La décision s'appuie sur les articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale, ainsi que sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative permettant le rejet pour incompétence manifeste.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2026, Mme C... A..., doit être regardée comme demandant au juge des référés d’ordonner à la caisse des allocations familiales de mettre un terme aux retenues opérées sur ses prestations familiales et de lui ordonner de reverser les sommes qu’elle a prélevées.
Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée ;
- les retenues opérées sont illégales et portent atteinte au droit à une vie digne, à la protection de la maternité et à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la Constitution ;
la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 16 février 1990 ;
le code de la sécurité sociale ;
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».
Aux termes de l’article L. 531-1 du code de la sécurité sociale : « Ouvrent droit à la prestation d’accueil du jeune enfant l’enfant à naître et l’enfant né dont l’âge est inférieur à un âge limite. Cette prestation comprend : 1° Une prime à la naissance ou à l’adoption (…) ». Aux termes de l’article L. 142-1 de ce code : « Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l’application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole (…) ». Aux termes de l’article L. 142-8 du même code : « Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l’article L. 142-1 (…) ».
Il ressort des pièces produites par Mme A... que la caisse d’allocation familiales a entendu recouvrer un trop-perçu de prime à la naissance ou à l’adoption par compensation avec d’autres prestations qui sont dues à la requérante. Il résulte des dispositions précitées que les litiges relatifs à cette prime ressortissent à la compétence des tribunaux judiciaires. Dès lors, à supposer que Mme A... ait entendu agir sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, ses conclusions doivent être rejetées comme étant portées devant une juridiction incompétente pour en connaître en application du 2° de l’article R. 222-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....
Fait à Strasbourg le 6 février 2026.
Le juge des référés,
S. B...
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. Abdennouri