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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2601519

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2601519

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2601519
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé, a été saisi d'une demande de mainlevée d'une suspension d'un arrêté de non-opposition à une déclaration préalable de travaux. Le juge a accueilli la demande, mettant fin à la suspension, au vu d'un élément nouveau : la régularisation du vice initial (non-respect d'une règle de recul) par la signature d'une servitude et la délivrance d'un nouvel arrêté municipal. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et L. 521-4 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 2 juillet 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a suspendu l’exécution de l’arrêté du 14 avril 2025 par lequel le maire de la commune d’Hésingue ne s’est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 068 135 25 0013 déposée par M. C... portant sur la modification d’ouvertures, la réhausse d’une toiture et la pose d’une isolation extérieure sur une dépendance sise 17 rue de Folgesbourg.

Par une requête, enregistrée le 20 février 2026, M. C..., représenté par Me Primus, demande au juge des référés :

de mettre fin, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, à la mesure de suspension prononcée par l’ordonnance n°2504848 du 2 juillet 2025 du juge des référés du tribunal ;

de mettre à la charge des consorts E... et de M. D... une somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il est justifié de nouveaux éléments permettant au juge des référés, en application de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin aux mesures qu’il a prononcées en raison de l’intervention de la signature d’une servitude de cour commune et de la délivrance d’un arrêté de non-opposition à déclaration préalable en date du 20 janvier 2026, qui permet de régulariser le vice identifié par l’ordonnance du juge des référés du 2 juillet 2025 tiré de la méconnaissance de l’article UA 7 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune d’Hésingue en ce qui concerne la règle de recul des constructions vis-à-vis des limites séparatives.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2026, la commune de Hésingue, représentée par Me Waltuch, ne s’oppose pas à la mainlevée de la mesure de suspension ordonnée le 2 juillet 2025 par le juge des référés et conclut à ce qu’il soit mis à la charge des consorts E... et de M. D... la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2026, les consorts E... et M. D..., représentés par Me Cereja, ne s’opposent pas à la demande de mainlevée de la mesure de suspension ordonnée le 2 juillet 2025 par le juge des référés et concluent au rejet des demandes de M. C... et de la commune d’Hésingue sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Vu :
l’ordonnance n°2504848 du 2 juillet 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg ;
les autres pièces du dossier.


Vu :
le code de l’urbanisme ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Strasbourg a désigné M. Iggert, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique du 16 mars 2026, en présence de Mme Bilger-Martinez, greffière d’audience :
- le rapport de M. Iggert, juge des référés,
- les observations de Me Primus, représentant M. C..., qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Huck, substituant Me Waltuch, représentant la commune d’Hésingue, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense, par les mêmes moyens.

La clôture de l’instruction est intervenue à l’issue de l’audience en application du premier alinéa de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 14 avril 2025, le maire de la commune d’Hésingue ne s’est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. C... portant sur la modification d’ouvertures, la réhausse d’une toiture et la pose d’une isolation extérieure sur une dépendance sise 17 rue de Folgesbourg. Par une ordonnance du 2 juillet 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a suspendu l’exécution de cet arrêté. Par un acte notarié enregistré le 30 décembre 2025, M. et Mme D..., voisins de M. C..., ont consenti une servitude de cour commune M. C.... Ce dernier a sollicité le 14 janvier 2026 une décision de non-opposition en vue de modifier son projet. Par un arrêté du 20 janvier 2026, le maire de la commune d’Hésingue lui a délivré un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable. Par la présente requête, M. C... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administratif, de mettre fin à la suspension de l’exécution de l’arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 14 avril 2025.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ». Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».

Lorsque le juge des référés a ordonné la suspension de l’exécution d’une autorisation d’urbanisme sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative en relevant l’existence d’un ou plusieurs vices propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité et qu’il est ensuite saisi d’une demande tendant à ce qu’il soit mis fin aux effets de cette suspension dans le cadre de la procédure régie par l’article L. 521-4 du même code, au moyen qu’un permis modificatif ou une mesure de régularisation, produit dans le cadre de cette nouvelle instance, régularise le ou les vices précédemment relevés, il appartient à ce juge, pour apprécier s’il est possible de lever la suspension du permis ainsi modifié, après avoir mis en cause le requérant ayant initialement saisi le juge du référé suspension, de tenir compte, d’une part, de la portée du permis modificatif ou de la mesure de régularisation sur les vices précédemment relevés et, d’autre part, des vices allégués ou d’ordre public dont le permis modificatif ou la mesure de régularisation serait entaché et qui seraient de nature à y faire obstacle.

Sur le vice retenu par le juge des référés pour prononcer la suspension de l’exécution de l’arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 14 avril 2025 :

Pour prononcer, en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 14 avril 2025 par lequel le maire de la commune d’Hésingue ne s’est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. C..., le juge des référés a retenu, parmi les moyens invoqués par les consorts E... et M. D..., que celui tiré de ce que l’autorisation d’urbanisme méconnaissait les dispositions de l’article UA 7 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune d’Hésingue concernant la règle de recul des constructions vis-à-vis des limites séparatives, s’agissant de la limite ouest sud-ouest, apparaissait de nature, en l’état de l’instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté en litige, en ce que le projet bénéficiait d’un accès au bénéfice d’une servitude de passage et non d’une desserte via une voie ouverte à la circulation publique et qu’il portait sur la modification d’une construction existante.

Aux termes de l’article UA 7 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune d’Hésingue : « Sur une profondeur maximum de 15 mètres comptée à partir de l'alignement existant ou de la marge de recul par rapport à la voie d’accès principale, les constructions peuvent être édifiées sur les limites séparatives des parcelles. / Toutefois, d'autres implantations sont autorisées lorsque la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative qui en est le plus proche est au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres. / Au-delà de la profondeur de 15 mètres comptée à partir de l'alignement existant ou de la marge de recul par rapport à la voie d’accès principale : / la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative qui en est le plus proche est au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans être inférieure à 4 mètres. / des constructions peuvent être édifiées le long des limites séparatives des parcelles : - si leur hauteur n'excède pas 4 mètres avec une tolérance supplémentaire de 1 mètre pour les cheminées, saillies et autres éléments de la construction reconnus indispensables ; - ou si elles s'adossent à des constructions existantes sur le fonds voisin, sans en excéder ni la hauteur ni la longueur / D'autres implantations sont autorisées lorsque les propriétés voisines sont liées par une servitude de cour commune. (…) ».

Il résulte de l’instruction que d’une part, par un acte notarié enregistré le 30 décembre 2025, M. et Mme D... ont consenti une servitude de cour commune à M. C... et d’autre part, le 20 janvier 2026, un arrêté de non-opposition à déclaration préalable a été délivré à M. C.... Dès lors que des implantations sont autorisées lorsque les propriétés voisines sont liées par une servitude de cour commune, ces deux éléments nouveaux sont susceptibles de régulariser le vice tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 7 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune d’Hésingue, qui avait fondé la suspension de l’exécution de l’arrêté du 14 avril 2025, n’apparait plus, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette autorisation d’urbanisme. Il résulte de ce qui précède que les éléments nouveaux que constituent la signature d’une servitude de cour commune et la délivrance de l’arrêté de non-opposition à la déclaration préalable, impliquent qu’il soit mis fin à la suspension ordonnée le 2 juillet 2025 aux termes de l’ordonnance n°2504848.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et les conclusions de M. C... et de la commune d’Hésingue présentées sur ce fondement doivent être rejetées.


O R D O N N E :

Il est mis fin à la suspension de l’exécution de l’arrêté du 14 avril 2025 par lequel le maire de la commune d’Hésingue ne s’est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 068 135 25 0013 présentée par M. C....
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Les conclusions présentées par M. C... et la commune d’Hésingue en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
La présente ordonnance sera notifiée à M. G... C..., à M. F... E..., à Mme B... E..., à M. A... D... et à la commune d’Hésingue.




Fait à Strasbourg, le 26 mars 2026.


Le juge des référés,





J. IGGERT




La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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