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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2603004

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2603004

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2603004
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision ministérielle du 6 novembre 2025 invalidant le permis de conduire de la requérante. Le juge estime que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas établie, malgré la situation personnelle de la requérante, au regard du nombre important d'infractions commises et de l'objectif de sécurité routière. Il applique l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans audience, considérant que l'affaire au fond sera jugée rapidement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mars 2026, Mme A..., demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 6 novembre 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur procède à la notification de l’ensemble des retraits de point qu’il a opéré au capital de points affecté à son permis de conduire, constate la perte de validité de celui-ci pour solde de point nul et lui enjoint de le restituer, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

Mme A... soutient que :
la condition d’urgence est avérée ;
la décision est disproportionnée

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la route ;
le code de justice administrative.

Vu la requête numéro 2511070 enregistrée le 23 décembre 2025, par laquelle Mme A... demande l’annulation de la décision du 6 novembre 2025.


Considérant ce qui suit :

Mme A... a commis une série d’infractions au code de la route. Il en est résulté la nullité du solde de capital de points affecté à son permis de conduire. Par décision du 6 novembre 2025 le ministre de l’intérieur lui a notifié l’ensemble des retraits de points et a invalidé son permis de conduire. La requérante demande l’annulation de la décision d’invalidation de son permis de conduire.
Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) » et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) » et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l’urgence s’appréciant objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l’argumentation des parties, l’ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d’urgence.
Au soutien de sa demande de suspension de l’exécution de la décision litigieuse, Mme A... fait valoir qu’elle porterait atteinte à sa situation personnelle étant reconnue handicapé par la Maison départementale des personnes handicapées du Bas-Rhin et habitant dans une zone rurale. Cependant ces seules circonstances ne justifient par une urgence au sens des dispositions rappelées au point n°2 étant constaté que la requérante s’est rendue coupable d’au moins 20 infractions au code de la route ces dernières années et que la décision du ministre de l’intérieur a pour objet de protéger la sécurité routière contre les comportements dangereux en matière de conduite des véhicules terrestres à moteur. Par ailleurs l’affaire au fond n°2511070 sera appelée à l’audience du 7 mai 2026. Dans ces conditions la requérante n’établit pas l'existence d'une situation d'urgence qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.


O R D O N N E :



Article 1 : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée Mme A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.







Fait à Strasbourg, le 7 avril 2026

Le juge des référés,

M. SIMON




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur , en ce qui la concerne, ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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