LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109753

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109753

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109753
TypeDécision
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantGOGUELAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. A B C, représenté par Me Goguelat, demande au tribunal :

1°) la décharge, en droits et pénalités, des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ;

2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant rejet de sa réclamation contentieuse est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- la proposition de rectification qui lui a été adressée méconnaît également ces dispositions dès lors qu'elle mentionne des motifs de faits contradictoires qui la rendent incompréhensible et rendent impossible la formulation d'observations ;

- la méthode utilisée par l'administration fiscale pour déterminer le montant des revenus réputés distribués est incohérente dès lors que l'administration confond la base d'imposition et le chiffre d'affaires de la société Santia ;

- à titre subsidiaire, la méthode de reconstitution des bénéfices de la société Santia est radicalement viciée dès lors que le service vérificateur n'a pas, dans un souci de réalisme économique, cherché à déduire les charges engagées du montant du chiffre d'affaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le directeur des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 31 janvier 2023 par une ordonnance du 6 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Collomb, première conseillère,

- et les conclusions de Mme Sautier, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C a exercé son activité de maçonnerie générale et de gros œuvre de bâtiment, à partir du 17 novembre 2016, dans le cadre de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Santia, dont il est le gérant et associé unique. La société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 17 novembre 2016 au 31 décembre 2017 à l'issue de laquelle l'administration a notamment procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires faisant apparaître au titre de ces deux années 2016 et 2017 des minorations de recettes. L'administration a regardé ainsi les bénéfices reconstitués non déclarés par la société comme des revenus distribués imposables entre les mains de M. B C en sa qualité de maître de l'affaire sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. En conséquences, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux ont été notifiées au requérant dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers selon la procédure contradictoire par une proposition de rectification du 13 mars 2019, assorties des intérêts de retard et de la majoration de 40% pour manquement délibéré prévue par l'article 1729 du code général des impôts. Les impositions litigieuses ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2018 pour un montant total de 1 200 euros au titre de l'année 2016 et de 105 818 euros au titre de l'année 2017. M. B C a contesté ces impositions par une réclamation contentieuse datée du 23 février 2021 à laquelle l'administration fiscale a partiellement fait droit par une décision du 6 juillet 2021 et prononcé un dégrèvement d'une somme d'un montant total de 36 276 euros, le montant des impositions restant à la charge du requérant au titre de ces deux années s'élevant ainsi à un montant total de 70 742 euros, soit 49 886 euros en droits et 20 856 euros au titre des pénalités. A la suite de la décision du 4 octobre 2021 rejetant sa seconde réclamation, M. B C demande au tribunal, par la présente requête, de prononcer la décharge de ces impositions.

Sur les conclusions à fin de décharge des impositions :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, les irrégularités qui peuvent entacher la réponse par laquelle le directeur départemental des finances publiques rejette une réclamation contentieuse sont sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé de l'imposition. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision de rejet de la réclamation de la société requérante est inopérant.

3. En second lieu, aux de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. S'agissant de revenus distribués, cette motivation peut résulter, soit de la reproduction de la teneur de la proposition de rectification adressée à la société distributrice, soit de la jonction de cette proposition de rectification en annexe du document adressé au bénéficiaire des distributions, dès lors du moins que le document concernant la société est lui-même suffisamment motivé.

4. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 13 mars 2019, adressée à M. B C indique qu'elle porte, en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, au titre des années 2016 et 2017, sur des revenus de capitaux mobiliers, résultant de revenus distribués, conformément au 1° de l'article 109-1 du code général des impôts, comme ayant été distribués par la société Santia au requérant. La proposition de rectification énonce également les motifs sur lesquels s'est fondée l'administration pour justifier les rectifications proposées en produisant des extraits de la proposition de rectification n° 3924 adressée à la société Santia et qui ont une incidence sur l'impôt sur le revenu du foyer fiscal du requérant, lesquels sont eux-mêmes suffisamment motivés. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, la proposition de rectification en date du 13 mars 2019 n'est ni incompréhensible ni entachée de contradiction dans ses motifs de fait dès lors qu'elle rappelle, en page 4, au paragraphe IV " Distributions ", que conformément aux dispositions de l'article 109. 1 1° du code général des impôts, les " sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente " tout en relevant que la société Santia n'a présenté aucune pièce comptable, de sorte qu'elle a procédé à une reconstitution des bénéfices imposables au titre d'un premier exercice clos le 31 décembre 2016 et d'un second clos le 31 décembre 2017. Au demeurant, et en tout état de cause, ces mentions n'ont pas été de nature à créer une confusion quant aux modalités de détermination du montant des impositions litigieuses précédemment exposées et n'ont pas fait obstacle à ce que M. B C engage, comme il l'a fait utilement, une discussion avec l'administration en produisant dans le cadre de sa première réclamation contentieuse présentée le 23 février 2021, des factures d'achats et de frais supportés par la société et émises par ses fournisseurs au cours des exercices 2016 et 2017 lesquelles ont été admises en totalité par l'administration fiscale en déduction des bénéfices reconstitués qui constituent les revenus réputés distribués entre les mains de l'intéressé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

5. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ", et aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".

6. Il résulte de l'instruction que la société Santia n'a déposé aucune déclaration de résultat au titre des exercices vérifiés et s'est placée dans une situation d'opposition passive à contrôle fiscal en ne présentant aucune pièce comptable lors du contrôle. Le service vérificateur a donc procédé d'office à la reconstitution du chiffre d'affaires et, par suite, des bases imposables, en se fondant sur les éléments recueillis, dans le cadre de l'exercice du droit de communication, auprès des clients de la société et des établissements bancaires. Toutefois, en l'absence de production par la société de justifications des charges déductibles, le service n'a pas été en mesure d'en déterminer le montant mais il a invité le contribuable à présenter toutes pièces justificatives, ce qui a été fait par l'intéressé dans le cadre de sa première réclamation contentieuse à l'appui de laquelle il a produit des factures d'achats et de frais qui ont été prises en compte par l'administration, dans sa décision d'admission partielle du 6 juillet 2021, ramenant à la baisse le montant des revenus réputés distribués.

7. D'une part, en se bornant à soutenir que le service a confondu le chiffre d'affaires et le bénéfice et ne pouvait reconstituer le résultat imposable au titre des deux exercices clos respectivement les 31 décembre 2016 et 2017, le requérant, qui ne produit aucun élément de nature à justifier des charges déductibles supplémentaires par rapport à celles déjà admises en déduction par l'administration en phase contentieuse et relève l'existence d'un seul exercice comptable au titre de la période du 17 novembre 2016 au 31 décembre 2017 tout en expliquant que malgré le paiement des honoraires le cabinet d'expertise comptable n'a pas présenté sa comptabilité, ne conteste pas sérieusement le montant des bénéfices ainsi reconstitués et, par suite, la réalité et le montant des revenus distribués entre ses mains. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, l'administration fiscale n'était pas tenue, dans un souci de réalisme économique, de retenir un montant forfaitaire de charges déductibles du bénéfice reconstitué au titre de chacun des deux exercices. En outre, l'intéressé n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause la reconstitution opérée par le service vérificateur et il ne propose pas davantage une méthode alternative plus précise.

8. Dans ces conditions, M. B C n'est pas fondé à soutenir que la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires et des bénéfices de la société Santia serait excessivement sommaire ou radicalement viciée ni, par suite, que le caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B C, qui ne conteste sa qualité de maître de l'affaire, n'est pas fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à la charge de son foyer fiscal au titre des années 2016 et 2017 à raison de ces revenus distribués.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C et au directeur régional des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Segado, président,

M. Delahaye, premier conseiller,

Mme Collomb, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.

La rapporteure,

C. Collomb

Le président,

J. Segado

La greffière,

E. Seytre

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 513344

07/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 513428

07/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507600

07/04/2026

CAA44plein contentieux

Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT00006

07/04/2026

← Retour aux décisions