vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200569 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DROUINEAU COSSET BACLE LE LAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 janvier 2022, enregistrée au greffe du tribunal le même jour, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Poitiers a transmis au tribunal, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme B A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Poitiers, le 2 juin 2021, Mme A, représentée par la SCP Drouineau-Veyrier-Le Lain-Barroux-Verger (Me Verger), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par le versement d'un demi-traitement à compter du 3 juin 2019 et par une décision du 18 décembre 2020 portant maintien de la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 et du taux de son incapacité permanente partielle (IPP) à 20 %, par laquelle l'inspecteur d'académie (IA) - directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) du Rhône a fixé le terme de l'imputabilité au service de sa pathologie au 3 juin 2019 et a refusé de reconnaître cette imputabilité et de lui verser un plein traitement à compter du 4 juin suivant, ensemble la décision implicite, née le 17 avril 2021, portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon, à compter de la notification du jugement à intervenir, de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail postérieurs au 3 juin 2019 et de procéder à la reconstitution de sa carrière avec toutes les conséquences de droit ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son maintien à demi-traitement postérieurement au 3 juin 2019 et la décision du 18 décembre 2020 par laquelle l'IA - DASEN du Rhône a fixé la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 révèlent implicitement mais nécessairement que la décision du 18 décembre 2020 lui refuse la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie ainsi que le bénéfice d'un plein traitement et de la prise en charge de ses frais médicaux à compter du 4 juin 2019 ;
- la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie postérieurement au 3 juin 2019 est entachée d'incompétence de son signataire ;
- cette décision est entachée d'insuffisance de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée de vices de procédure au regard des dispositions des articles 12 et 18 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, dès lors qu'en l'absence de communication de l'avis de la commission de réforme du 19 novembre 2020, elle n'est pas en mesure de s'assurer que le médecin du travail attaché au service auquel elle appartient aurait été informé de la réunion de cette commission et de son objet ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, dès lors que la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 ne correspond pas à la date de sa guérison et que ses arrêts de travail postérieurs devaient être considérés comme imputables au service et être pris en charge au titre de la maladie professionnelle dont elle est atteinte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet le requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 novembre 2022.
Une mesure supplémentaire d'instruction a été diligentée le 30 août 2023, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, afin que Mme A verse au dossier :
- la demande qu'elle aurait présentée en vue d'un " nouvel examen de son dossier pour une imputabilité au service de sa pathologie, postérieure au 31 août 2018 " ;
- la " décision du 21 février 2020 " reconnaissant l'imputabilité au service de sa pathologie.
Une mesure supplémentaire d'instruction a été diligentée le 30 août 2023, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, afin que le recteur de l'académie de Lyon verse au dossier :
- l'avis émis par la commission départementale de réforme du Rhône le 18 juillet 2019 ;
- le recours gracieux formé par Mme A le 14 novembre 2019 ;
- la " décision du 19 février 2020 annulant et remplaçant celle du 11 septembre 2019 ".
Le recteur de l'académie de Lyon a produit ces pièces le 30 août 2023 qui ont été communiquées à la requérante.
Par un courrier du 11 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des décisions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation tendant à l'annulation de la décision par laquelle l'IA - DASEN du Rhône aurait fixé le terme de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A au 3 juin 2019 et aurait refusé de reconnaître cette imputabilité et de lui verser un plein traitement à compter du 4 juin suivant, dès lors que ni le versement d'un demi-traitement " à compter du 3 juin 2019 ", ni la décision du 18 décembre 2020 par laquelle l'IA - DASEN du Rhône a maintenu la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 et le taux de son IPP à 20 % ne sont de nature à révéler une telle décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le recteur de l'académie de Lyon n'était ni présent, ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gueguen ;
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public :
- et les observations de Me Verrier, substituant Me Verger, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Affectée au sein du collège La Clavelière d'Oullins au titre de l'année scolaire 2015-2016, Mme A, professeure des écoles de classe normale, a été placée en arrêt de travail du 26 janvier au 5 février 2016 inclus puis du 29 février au 5 juillet 2016 inclus. Après avoir été mutée, à compter du 1er septembre 2016, sur un poste définitif de titulaire remplaçante à 100 % dans la zone d'intervention localisée (ZIL) de l'inspection de l'éducation nationale (IEN) couvrant les communes de Sainte-Foy-Lès-Lyon et Francheville, en étant rattachée administrativement à l'école élémentaire publique de Champvert Ouest de Lyon, l'intéressée a de nouveau été placée en arrêt de travail du 3 au 30 septembre 2018 inclus, puis du 1er octobre 2018 au 31 août 2022 inclus, avant d'être mutée dans le département de la Charente-Maritime à compter du 1er septembre 2022. Par une décision du 11 septembre 2019 faisant suite à la déclaration de maladie professionnelle qu'elle avait déposée, l'inspecteur d'académie (IA) -directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) du Rhône a placé Mme A en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) pour la période comprise entre le 1er octobre 2018 et le 3 juin 2019 inclus, en l'informant qu'il mettait en œuvre la procédure prévue pour le règlement des dépenses correspondant aux soins accordés, que la date de consolidation de son état de santé était fixée au 3 juin 2019 et que ses arrêts de travail ainsi que ses soins à compter du 4 juin suivant étaient à prendre en charge au titre de la maladie ordinaire. Par deux arrêtés du recteur de l'académie de Lyon du 11 septembre 2019, l'intéressée a ainsi été placée en CITIS du 1er octobre 2018 au 3 juin 2019 inclus, à plein traitement, puis elle a été placée en congé de maladie ordinaire du 4 juin au 16 octobre 2019 inclus par cinq arrêtés de la même autorité datés du 25 septembre 2019, avec une rémunération à plein traitement à l'exception des périodes allant du 16 au 31 août 2019 inclus et du 1er au 16 octobre 2019 inclus qui ont été rémunérées à demi traitement. En outre, par une décision du 17 septembre 2019, l'IA - DASEN du Rhône a fixé la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 3 juin 2019 et le taux de son incapacité permanente partielle (IPP) à 20 %, en l'informant que compte tenu de ce que ce taux était inférieur au seuil de 25 %, aucun dossier d'allocation temporaire d'invalidité (ATI) ne pourrait être instruit en sa faveur. Par un courrier du 14 novembre 2019, dont l'administration a accusé réception au plus tard le 18 novembre suivant, Mme A a formé un recours gracieux à l'encontre des décisions précitées des 11 et 17 septembre 2019 et des cinq arrêtés également précités des 25 septembre suivant, en sollicitant leur retrait. Par une décision du 19 février 2020, l'IA - DASEN du Rhône a procédé au retrait de la décision précitée du 11 septembre 2019 et a placé Mme A en CITIS du 26 janvier au 5 février 2016 inclus, du 29 février au 5 juillet 2016 inclus, du 3 au 30 septembre 2018 inclus et du 1er octobre 2018 au 3 juin 2019 inclus, avec une rémunération à plein traitement, en l'informant qu'il mettait en œuvre la procédure prévue pour le règlement des dépenses correspondant aux soins accordés. Cette décision du 19 février 2020 était accompagnée d'une lettre informant l'intéressée que son dossier serait de nouveau soumis à la commission de réforme pour avis s'agissant de la date de consolidation de son état de santé et du taux d'IPP applicable. Enfin, par une décision du 18 décembre 2020, l'IA - DASEN a maintenu la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 3 juin 2019 et le taux de son IPP à 20 %. En suivant, le recours gracieux formé par l'intéressée le 17 février 2021 à l'encontre de cette décision en tant d'une part, qu'elle aurait fixé le terme de la période d'imputabilité au service de sa pathologie au 3 juin 2019 et d'autre part, qu'elle fixait le taux de son IPP à 20 %, a été implicitement rejeté. La requérante, qui précise dans ses écritures ne pas " contester l'appréciation du taux d'incapacité permanente partielle ", demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision révélée par le versement d'un demi-traitement " à compter du 3 juin 2019 " et par la décision du 18 décembre 2020 portant maintien de la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 et du taux de son IPP à 20 %, par laquelle l'IA - DASEN du Rhône a fixé le terme de l'imputabilité au service de sa pathologie au 3 juin 2019 et a refusé de reconnaître cette imputabilité et de lui verser un plein traitement à compter du 4 juin suivant, ensemble la décision implicite, née le 17 avril 2021, portant rejet de son recours gracieux.
2. En l'espèce, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait perçu un demi-traitement " à compter du 3 juin 2019 ". En effet, ainsi que cela a été exposé au point précédent, l'intéressée a bénéficié, d'un plein traitement jusqu'au 3 juin 2019 inclus, conformément à la décision de l'IA - DASEN du Rhône du 19 février 2020 la plaçant notamment en CITIS sur la période comprise entre le 1er octobre 2018 et le 3 juin 2019 inclus, puis également d'un plein traitement du 4 juin au 15 août 2019 inclus et du 1er au 31 septembre 2019 inclus, conformément aux arrêtés du 25 septembre 2019 par lesquels le recteur de l'académie de Lyon l'avait placée en congé de maladie ordinaire du 4 juin au 16 octobre 2019 inclus. Ainsi, alors qu'il ressort des termes des arrêtés précités du 25 septembre 2019 que Mme A n'a été rémunérée à demi-traitement que pour les périodes allant du 16 au 31 août 2019 inclus et du 1er au 16 octobre 2019 inclus, et alors même qu'il ressort du décompte de rappel joint à son bulletin de paie du mois d'octobre 2019 que l'intéressée aurait été rémunérée à demi-traitement au mois d'août 2019, ces circonstances ne sauraient, en tout état de cause, être de nature à révéler un refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie postérieurement au 3 juin 2019, ni, par voie de conséquence, un refus d'octroi d'un CITIS à compter du 4 juin suivant, dès lors qu'il n'est ni établi ni même allégué qu'elle ait sollicité un tel placement en CITIS avant le 18 novembre 2019. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient également la requérante, la décision du 18 décembre 2020 par laquelle l'IA - DASEN du Rhône, après avis de la commission de réforme départementale du Rhône en date du 19 novembre 2020, a maintenu la date de consolidation de son état de santé au 3 juin 2019 et le taux de son IPP à 20 % en dépit de son recours gracieux précité, n'a ni pour objet, ni pour effet de fixer le terme de l'imputabilité au service de sa pathologie à la date du 3 juin 2019 et ne révèle pas davantage une telle décision ni même un refus d'octroi d'un CITIS à compter du 4 juin suivant, dès lors qu'il est constant que la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et se stabilisent et acquièrent un caractère permanent, permettant alors d'apprécier un taux d'IPP résultant d'une pathologie, et que cette date de consolidation ne peut être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie.
3. Par suite, et ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, en l'absence de toute décision révélée par laquelle l'IA - DASEN du Rhône aurait fixé le terme de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A au 3 juin 2019 et aurait refusé de reconnaître cette imputabilité et de lui verser un plein traitement à compter du 4 juin suivant, les conclusions tendant à l'annulation de cette prétendue décision sont dépourvues d'objet et, dès lors, irrecevables. En conséquence, la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée, en ce comprises ses conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née le 17 avril 2021 du silence gardé par l'administration sur son recours gracieux dirigé contre cette prétendue décision, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Lyon.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
C. Gueguen
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026