mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SARL BERAUD - LECAT - BONSERGENT SENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 6 septembre 2022 et 6 février 2023, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du maire de la commune de Saint-Priest du 9 août 2021 refusant de lui délivrer le certificat prévu par le III de l'article 317 B de l'annexe 2 du code général des impôts ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux contre ce refus ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui délivrer ce document dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le maire de la commune de Saint-Priest a commis une erreur de droit en estimant que l'exonération prévue par les dispositions du b du II de l'article 1529 du code général des impôts ne s'appliquait pas à sa situation ;
- son terrain est constructible depuis plus de 18 ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2022, la commune de Saint-Priest conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les conclusions ne tendent pas à l'annulation d'une décision administrative et que l'acte en litige ne fait pas grief ;
- les conclusions en excès de pouvoir sont irrecevables en application du principe de l'exception de recours parallèle et de l'existence d'un recours de plein contentieux pour contester l'imposition litigieuse ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont cédés au cours des années 2017 et 2018 plusieurs parcelles situées dans un lotissement dénommé " Le Puits ", à Saint-Priest (Ardèche). Lors du dépôt des actes de vente, ils ont bénéficié de l'exonération de la taxe sur les terrains classés en zone constructible depuis plus de dix-huit ans, prévue à l'article 1529 du code général des impôts. Toutefois, à la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a remis en cause cette exonération et leur a notifié un rehaussement de 73 535 euros. Par un jugement du 27 septembre 2022, la magistrate désignée a rejeté leur requête tendant à être déchargée de cette somme. Par un courrier du 6 juillet 2021, M. et Mme A ont sollicité de la commune de Saint-Priest, la délivrance d'un certificat leur permettant d'établir que leurs terrains étaient constructibles depuis plus de 18 ans. Leur demande a été rejetée par courrier du 9 août 2021. M. A demande au tribunal l'annulation du refus qui lui a été opposé ensemble celle de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article 1529 du code général des impôts : " I. - Les communes peuvent, sur délibération du conseil municipal, instituer une taxe forfaitaire sur la cession à titre onéreux de terrains nus qui ont été rendus constructibles du fait de leur classement par un plan local d'urbanisme ou par un document d'urbanisme en tenant lieu dans une zone urbaine ou dans une zone à urbaniser ouverte à l'urbanisation ou par une carte communale dans une zone constructible. () II. - La taxe s'applique aux cessions réalisées par les personnes physiques et les sociétés et groupements, soumis à l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dans les conditions prévues à l'article 150 U, et par les contribuables qui ne sont pas fiscalement domiciliés en France assujettis à l'impôt sur le revenu, soumis au prélèvement, dans les conditions prévues à l'article 244 bis A. / Elle ne s'applique pas : () / b. aux cessions portant sur des terrains qui sont classés en terrains constructibles depuis plus de dix-huit ans ; / () / Lorsque la cession est exonérée en application du a ou du b du II, aucune déclaration ne doit être déposée. L'acte de cession soumis à la formalité fusionnée ou présenté à l'enregistrement précise, sous peine de refus de dépôt ou de la formalité d'enregistrement, la nature et le fondement de cette exonération ou de cette absence de taxation. () ". Aux termes de l'article 317 B de l'annexe II au code général des impôts : " I. - Pour l'application du deuxième alinéa du IV de l'article 1529 du code général des impôts, l'accomplissement de la formalité de l'enregistrement ou de la formalité fusionnée est subordonné, pour tout acte constatant la cession à titre onéreux d'un terrain nu situé sur le territoire d'une commune ou d'un établissement public de coopération intercommunale dans lequel la taxe est exigible, à la mention, selon le cas, dans l'acte, que : () 5° Le terrain est constructible depuis plus de dix-huit ans ; () / III. - Les éléments mentionnés au 5° du I sont justifiés par le cédant au moyen d'un certificat d'urbanisme ou d'une attestation, établi par la commune ou, le cas échéant, par l'établissement public de coopération intercommunale, et précisant la date à laquelle le terrain est devenu constructible ou, à défaut, que cet événement est intervenu depuis plus de dix-huit ans. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les 15 parcelles vendues par M. et Mme A sont issues de la parcelle D 883, elle-même issue de la parcelle D 856 et plus anciennement de la parcelle D 356. Elles étaient classées en zone constructible par les modalités d'application du règlement national d'urbanisme adoptées en 1984 dans la commune et maintenues en 1991. Toutefois l'article 202 de la loi du 13 décembre 2000 dite " solidarité et renouvellement urbains " a rendu ces dispositions caduques, de telle sorte que les parcelles cédées ne pouvaient plus, à compter de la promulgation de la loi, être regardées comme constructibles. En 2014 la commune de Saint-Priest s'est dotée d'un plan local d'urbanisme et les parcelles concernées ont été classées en zone AUF, destinée à accueillir une urbanisation future. Le règlement du PLU disposait que l'ouverture à l'urbanisation de cette zone dépendrait d'une modification ou d'une révision du plan local d'urbanisme. C'est seulement en juin 2016 que des orientations d'aménagement du PLU ont rendu les parcelles constructibles. Ainsi il résulte de l'historique des documents d'urbanisme de la commune de Saint-Priest que les parcelles en cause n'ont pas été continuellement constructibles dans la période de 18 ans précédant leur cession. Dans ces conditions le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune de Saint-Priest a commis une erreur de droit en refusant de lui délivrer une attestation établissant la constructibilité de son terrain depuis plus de 18 ans.
4. M. A n'est ainsi, et en tout état de cause, pas fondé à demander l'annulation de la décision du maire refusant de lui établir une attestation en ce sens. Les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête doivent, dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la commune de Saint-Priest tendant à ce qu'ils soient mis à la charge de M. A doivent être rejetés.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Priest présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Priest au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Priest.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. ClémentLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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