LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2201657

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2201657

mardi 7 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2201657
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantPICHON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mars 2022, M. E D et Mme B A épouse D, agissant en qualité de représentants légaux du jeune C D, représentés par Me Pichon, demande au tribunal :

1°) de condamner les Hospices Civils de Lyon à leur verser une indemnité totale de 105 245,27 euros en réparation des préjudices temporaires du jeune C D, somme assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2022 ;

2°) de mettre à la charge des HCL une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le principe de la responsabilité fautive des Hospices civils de Lyon (HCL) a été retenu par la cour administrative d'appel de Lyon dans son arrêt du 25 août 2020 ; les HCL sont redevables d'une indemnité provisionnelle réparant les préjudices subis par le jeune C à compter du 1er octobre 2018, tels qu'évalués par l'expert désigné par le tribunal ;

- ces préjudices peuvent être évalués à :

* 425,72 euros s'agissant des frais de déplacement ;

* 49 961,72 euros s'agissant du besoin d'assistance par tierce personne jusqu'au 31 janvier 2022 ;

* 16 409,80 euros s'agissant des frais de scolarité jusqu'à l'année scolaire 2021/2022 ;

* 1 255 euros s'agissant des frais de santé ;

* 7 618,75 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire ;

* 10 000 euros s'agissant des souffrances endurées ;

* 10 000 euros s'agissant du préjudice scolaire ;

* 10 000 euros s'agissant du préjudice d'agrément.

Par un mémoire, enregistré le 26 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, représentée par Me Rognerut, conclut à la condamnation des Hospices civils de Lyon à lui rembourser les débours, jusqu'au 29 mars 2022, à hauteur de 6 537,14 euros et à lui payer une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, les Hospices civils de Lyon (HCL), représentés par Me Deygas, concluent à ce que les préjudices soient limités à de plus justes proportions.

Ils font valoir que :

- les frais de péage ne sont pas justifiés ;

- le besoin d'assistance par tierce personne peut être évalué à 31 694 euros ;

- les frais de restauration et de fourniture scolaire ne sont pas en lien avec la faute retenue ;

- il n'est pas fait état d'éventuels remboursements d'une caisse primaire d'assurance maladie ou de mutuelle s'agissant des dépenses de santé actuelles ;

- le préjudice de déficit fonctionnel temporaire doit être ramené à 4 571,25 euros ;

- les souffrances endurées ont déjà été réparées par l'arrêt du 25 août 2020 ;

- les préjudices scolaires et d'agrément ne peuvent encore être évalués.

Par ordonnance du 27 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 août 2023.

Deux mémoires et des pièces ont été enregistrés pour les requérants les 10 et 11 octobre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiqués.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,

- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,

- les observations de Me Guerin, suppléant Me Pichon, pour les requérants et celles de Me Gneno-Gueydan, suppléant Me Deygas, pour les HCL.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêt du 25 août 2020, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Lyon a condamné les Hospices civils de Lyon (HCL) à verser une indemnité de 86 819 euros à l'enfant C D, sous administration légale de ses parents, en réparation des préjudices pour lui, constitués jusqu'à la date du 30 septembre 2018, en lien avec les fautes retenus contre cet établissement de santé à l'occasion de la prise en charge du jeune C au mois de novembre 2008. M. E D et Mme B A épouse D, agissant en qualité de représentants légaux du jeune C D, demandent la condamnation des HCL à leur verser une somme de 105 245,27 euros en réparation des préjudices afférents constitués entre le 1er octobre 2018 et le 31 janvier 2022. La caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, venant aux droits de la Sécurité sociale indépendants, sollicite le remboursement des débours de santé, jusqu'au 29 mars 2022, à hauteur de 6 537,14 euros.

Sur les préjudices :

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de l'état des débours et de l'attestation d'imputation jointe, que la CPAM du Puy-de-Dôme a exposé un total de 6 537,14 euros à raison des dépenses de santé en lien avec les fautes retenues et postérieurement aux frais remboursés en exécution de l'arrêt du 25 août 2020, jusqu'au 29 mars 2022. Il y a ainsi lieu de condamner les HCL à verser cette somme à la CPAM du Puy-de-Dôme.

3. En deuxième lieu, si les requérants font état de dépenses de santé, non remboursées, à hauteur 1 255 euros à raison de bilans neuropsychologiques et de prise en charge orthophonique, il résulte de l'attestation d'imputabilité versée par la CPAM du Puy-de-Dôme que des dépenses de cette nature ont été prises en charge par cet organisme. Si les requérants produisent des factures correspondant à des séances de préparation corporelles aux séances d'orthophonie, de tels frais ne sont pas établis comme étant en lien direct et certains avec les fautes retenues. Il n'en va toutefois pas de même s'agissant de la facture, à hauteur de 400 euros, produite s'agissant d'un bilan neuropsychologique mentionné par l'expert. Il y a ainsi lieu de condamner les HCL à verser à ce titre la somme de 400 euros au jeune C D, sous administration légale de ses parents.

4. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'état de santé du jeune C D nécessite une scolarisation hors du circuit de l'éducation nationale, exposant ainsi des frais de scolarité adaptée, au remboursement desquels les HCL ont été condamnés par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 25 août 2020 jusqu'à l'année scolaire 2018-2019. Les requérants produisent des factures acquittées représentatives de ces frais pour les années 2019 à 2022 pour un total de 16 409,80 euros, somme à laquelle il convient, ainsi que le relèvent les HCL en défense, de soustraire tant les frais de restauration et de fournitures scolaires identifiés sur ces factures que les frais de scolarisation de la sœur de la victime, qui n'apparaissent pas en lien avec les fautes retenues à l'encontre de cet établissement de santé. Il y a ainsi lieu de condamner les HCL à verser à ce titre une somme de 11 550 euros au jeune C D, sous administration légale de ses parents.

5. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 29 avril 2021, que l'état de santé du jeune C D a nécessité une aide par tierce personne de deux heures par jour, du 1er octobre 2018 au 31 janvier 2022, date retenue par les requérants pour la liquidation partielle de ce préjudice. Il en sera fait une exacte appréciation en affectant le volume horaire correspondant, de 2 438 heures, d'un taux horaire correspondant au salaire minimum de croissance augmenté des charges pour chaque période applicable et en retenant une durée annuelle de 412 jours, pour un total de 39 109,09 euros. Il y a ainsi lieu de mettre cette somme à la charge des HCL à ce titre.

6. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire affectant le jeune C D peut être évalué à 25 %. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice pour la période allant du 1er octobre 2018 au 31 janvier 2022, en le fixant à 4 900 euros.

7. En sixième lieu, ainsi que le relèvent les HCL en défense, l'arrêt du 25 août 2020 a condamné à verser une somme au titre des souffrances endurées par le jeune C D, sans mention d'un caractère temporaire. Un tel préjudice ayant déjà été indemnisé, les demandes des requérants à ce titre doivent être rejetées.

8. En dernier, lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les préjudices scolaires et d'agrément du jeune C D ne peuvent être évalués avant consolidation. Ces préjudices ne présentant ainsi pas un caractère suffisamment certains, les demandes des requérants à ce titre doivent ainsi être rejetées en l'état du dossier.

9. Il résulte de ce qui précède que les HCL doivent être condamnés à verser une indemnité de 6 537,14 à la CPAM du Puy-de-Dôme ainsi qu'une indemnité totale de 55 959,09 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la date demandée du 3 mars 2022, au jeune C D, sous administration légale de ses parents, en réparation de ses préjudices constitués entre le 1er octobre 2018 et le 31 janvier 2022.

Sur les frais du litige :

10. D'une part, il y a lieu, en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 4 février 2021 par le juge des référés du tribunal, ainsi que les frais de déplacements aux opérations d'expertise justifiés à hauteur de 368,92 euros pour se rendre aux opérations d'expertise, réfaction faite des frais de péage non établis comme acquittés, à la charge des HCL, partie perdante.

11. D'autre part, aux termes du neuvième de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. " L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 dispose : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

12. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 du présent jugement que les HCL doivent être condamnés à payer à la CPAM du Puy-de-Dôme une somme de 1 162 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

13. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des HCL, partie tenue au dépens, une somme de 1 400 euros au profit du jeune C D, sous administration légale de ses parents, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à payer au jeune C D, sous administration légale de ses parents, M. E D et Mme B A épouse D, une indemnité de 55 959,09 euros (cinquante-cinq mille neuf cent cinquante-neuf euros et neuf centimes), avec intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2022.

Article 2 : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à payer à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme une indemnité de 6 537,14 euros (six mille cinq cent trente-sept euros et quatorze centimes) et une somme de 1 162 (mille cent soixante-deux) euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale..

Article 3 : Les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 4 février 2021 par le juge des référés du tribunal et des frais de déplacement à hauteur de 368,92 euros, sont mis à la charge des Hospices civils de Lyon.

Article 4 : Les Hospices civils de Lyon verseront une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse D, représentante unique des requérants, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et aux Hospices civils de Lyon.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Maubon, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.

Le rapporteur,

M. Gilbertas

Le président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

Décisions similaires

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 507200

**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 506535

Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 504834

Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.

09/04/2026

CEPlein contentieux

Conseil d'État — N° 508061

08/04/2026

← Retour aux décisions