vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209013 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | KOCHBATI RIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2022, et des mémoires enregistrés le 10 mai 2023, le 3 novembre 2023 et le 22 juin 2024, M. B A, représenté par Me Kochbati, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une somme de 1 222,50 euros en paiement de son temps de travail additionnel ;
2°) de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une somme de 1 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- sur la période de juillet à octobre 2022, il a effectué 10 demi-journées et 137 heures de temps de travail additionnel ;
- en application de l'article 3 de l'arrêté du 30 octobre 2020 et de l'article 1er de l'arrêté du 11 juillet 2022 modifiant l'arrêté du 1er juin 2021, ce temps de travail doit être rémunéré ;
- les Hospices civils de Lyon ne peuvent utilement se prévaloir d'un accord qui aurait été avalisé en commission médicale d'établissement, dont ils n'apportent d'ailleurs pas la preuve, et qui ne peut conduire à faire obstacle à l'application des textes règlementaires ;
- la résistance des Hospices civils de Lyon à lui verser la rémunération qui lui est due est constitutive d'une faute ouvrant droit à réparation à hauteur de 1 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2023, les Hospices civils de Lyon concluent au rejet de la requête.
Les Hospices civils de Lyon soutiennent que
- la situation de M. A n'entre pas dans les prévisions de la contractualisation approuvée en commission médicale d'établissement ;
- par souci d'égalité, il ne peut revendiquer une rémunération qui n'est versée, en pratique, qu'à des praticiens ayant exercé en service d'urgence ou d'anesthésie-réanimation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 15 juin 2016 relatif à l'indemnisation de la permanence et de la continuité des soins des personnels médicaux et odontologiques dans les établissements publics de santé et dans les établissements publics d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, des internes et des étudiants en médecine ;
- l'arrêté du 1er juin 2021 relatif aux mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé maintenues en matière de lutte contre la covid 19, dans sa version issue d'un arrêté du 11 juillet 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Lacoste Lareymondie,
- les conclusions de Mme Fullana Thevenet,
- et les observations de Me Kochbati représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a exercé au sein de l'hôpital de la Croix Rousse, dépendant des Hospices civils de Lyon, en qualité de docteur junior en cardiologie interventionnelle entre le 1er juillet 2022 et le 1er octobre 2022. Il a saisi l'établissement d'une demande de rémunération des heures de temps de travail additionnel sur cette période, ce qui lui a été refusé. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner les Hospices civils de Lyon à lui verser une somme de 1 222,50 euros à ce titre, ainsi qu'une somme de 1 000 euros à titre de dommages-intérêts.
Sur la demande de condamnation au paiement des heures de temps de travail additionnel :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 6153-1-5 du code de la santé publique : " Les dispositions des articles R. 6153-2, à l'exception du premier alinéa de son I, à R. 6153-2-5 relatives au temps de travail sont applicables aux docteurs juniors. / En application de l'article L. 4111-1-1, le docteur junior, à sa demande, peut être autorisé à participer, dans le cadre de ses obligations de service en stage et compte tenu des nécessités pédagogiques, au service de gardes et astreintes médicales. () ". Selon l'article R. 6153-2 du même code, applicable aux docteurs juniors en vertu des dispositions précitées de l'article R. 6153-1-5 : " II. - En stage, l'interne est sous la responsabilité du praticien responsable de l'entité d'accueil. Ses obligations de service comprennent huit demi-journées par semaine, cette durée étant calculée en moyenne sur le trimestre. / () L'interne participe au service de gardes et astreintes des étudiants de troisième cycle des études de médecine, d'odontologie et de pharmacie. Le temps réalisé pendant les gardes et lors des déplacements survenant au cours d'une période d'astreinte, y compris le temps de trajet, est décompté comme du temps de travail effectif et comptabilisé dans les obligations de service. / III. - Hors stage, les obligations de service de l'interne comprennent deux demi-journées par semaine, cette durée étant calculée en moyenne sur le trimestre. () "
3. D'autre part, aux termes du XIV de l'article 43-1 de l'arrêté du 1er juin 2021 susvisé, dans sa version applicable au présent litige : " Jusqu'au 30 septembre 2022, le docteur junior mentionné à l'article R. 6153-1 du code de la santé publique peut accomplir, sur la base du volontariat au-delà de ses obligations de service hebdomadaires, et sans qu'il ne puisse subir aucun préjudice du fait d'un refus, du temps de travail additionnel dans la limite de quinze demi-périodes par trimestre, donnant lieu au versement d'indemnités de temps de travail additionnel. / Ce temps de travail est décompté en heures qui, cumulées par plages de cinq heures, sont converties en une demi-période de temps de travail additionnel. / Les périodes de temps de travail additionnel figurent au tableau de service prévisionnel du docteur junior concerné. Le décompte du temps de travail additionnel intervient à l'issue de chaque trimestre, après que la réalisation de la totalité des obligations de service hebdomadaires effectuées, en moyenne, sur cette même période a été constatée au vu du tableau de service. / Le montant versé pour une demi-période de temps de travail additionnel est fixé à hauteur d'une demi-garde supplémentaire qui se cumule, le cas échéant, avec les indemnités de participation à la permanence des soins. () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 20 mai 2016 relatif à l'indemnisation des gardes effectuées par les internes et les faisant fonction d'interne, dans sa version en vigueur au 1er juillet 2022, la demi-garde effectuée au titre du service de garde normal est indemnisée à hauteur de 84,35 euros s'agissant des gardes effectuées la nuit du samedi au dimanche, le dimanche ou les jours fériés.
4. Enfin, selon l'article L. 711-1 du code général de la fonction publique : " La rémunération des agents publics exigible après service fait est liquidée selon les modalités édictées par la réglementation sur la comptabilité publique. ".
5. Il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que les docteurs juniors ayant accompli du temps de travail additionnel jusqu'au 30 septembre 2022 ont droit au versement d'une indemnité rémunérant les heures de service ainsi accomplies en sus de leurs obligations règlementaires, dont le montant par demi-journée est fixé par référence au montant d'une demi-garde, et dans la limite maximale de quinze demi-journées par trimestre.
6. En l'espèce, M. A, qui exerçait comme cardiologue junior à l'hôpital de la Croix Rousse, était soumis à une obligation de service de 8 demi-journées par semaine, en application des dispositions précitées de l'article R. 6153-2 du code de la santé publique, ces demi-journées étant réputées inclure les heures de gardes et astreintes planifiées dans le cadre des obligations de service de l'intéressé. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté au demeurant par les Hospices civils de Lyon, qu'au 30 septembre 2022, M. A avait effectué un total de 12 demi-journées de temps de travail additionnel ainsi que 5 heures d'astreinte et 137 heures de gardes accomplies au-delà de ses obligations de service hebdomadaires de huit demi-journées par semaine, comme en atteste d'ailleurs le dernier relevé produit par les Hospices civils de Lyon. Il est constant que les Hospices civils de Lyon ne lui ont versé aucune indemnité à ce titre, en violation des dispositions précitées du code de la santé publique et de l'arrêté du 1er juin 2021. A ce titre, l'établissement ne peut valablement se prévaloir d'une " contractualisation " et d'un " ciblage " validés en commission médicale d'établissement limitant l'indemnisation du temps de travail additionnel qu'aux seules heures effectuées en service d'urgences ou d'anesthésie-réanimation, qui ne sauraient faire obstacle à l'application de dispositions à caractère règlementaire applicables à l'ensemble des docteurs juniors sans distinction de leur spécialité ni du service au sein duquel ils ont été affectés. Il s'ensuit que les Hospices civils de Lyon doivent être condamnés à verser à M. A une somme de 1 222,50 euros, soit l'équivalent, dans la limite de la somme sollicitée, de 15 demi-journées ouvrant droit au versement d'une indemnité de 84,35 euros chacune.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte de l'instruction que M. A a adressé de nombreux courriels à la direction des ressources humaines des Hospices civils de Lyon pour obtenir le versement de l'indemnité de temps de travail additionnel qui lui était due. Si ses démarches n'ont pas abouti et l'ont contraint à saisir le tribunal pour faire valoir ses droits, l'exercice d'un recours juridictionnel, pour contraignant et regrettable qu'il soit, ne saurait, en lui-même, révéler l'existence d'une résistance abusive de la part de l'autorité administrative. Au surplus, M. A ne démontre pas la réalité du préjudice dont il demande l'indemnisation à ce titre. Les conclusions indemnitaires de la requête doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des Hospices civils de Lyon la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les Hospices civils de Lyon sont condamnés à verser la somme de 1 222,50 euros à M. A.
Article 2 : Les Hospices civils de Lyon verseront à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et aux Hospices civils de Lyon.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère,
Mme Allais, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
E. de Lacoste Lareymondie
Le président,
T. Besse
La greffière
C. Réveillé
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2405746
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., une ressortissante algérienne, visant à annuler le refus de délivrance d'un visa de court séjour en France. Le tribunal a jugé que la décision explicite de rejet du 12 février 2024, dûment motivée, s'était substituée à la décision implicite initialement contestée, rendant irrecevable le moyen tiré de l'insuffisance de motivation. Il a estimé que l'administration avait légalement justifié son refus en relevant un risque de non-retour au pays d'origine, au regard notamment des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2407604
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête en annulation d'une décision implicite de rejet d'un visa de regroupement familial pour un enfant. Le juge a estimé que l'autorité consulaire était fondée à refuser le visa en raison du défaut d'authenticité des actes d'état civil produits, un motif relevant de l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 434-1, L. 434-2 et D. 312-8-1.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2408427
Le Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête d'un ressortissant marocain visant l'annulation du rejet implicite de son recours contre le refus d'un visa de long séjour en qualité de travailleur saisonnier. Le tribunal estime que l'administration consulaire était fondée à refuser le visa en raison d'un risque avéré de détournement de son objet, motif qu'elle a pu retenir indépendamment de la détention d'une autorisation de travail. La décision s'appuie sur les articles L. 312-2 et D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article L. 5221-2 du code du travail.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2408682
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler le refus de visa de court séjour pour visite familiale. La juridiction a jugé que l'administration avait légalement fondé son refus sur l'absence de preuve de moyens de subsistance suffisants pour le séjour et le retour, le requérant ne contestant pas ce motif et ne justifiant pas de ressources adéquates. La décision s'appuie sur les dispositions du code frontières Schengen (règlement UE 2016/399) et du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
08/04/2026