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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2209405

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2209405

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2209405
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantLAMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Lambert, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité, la suspension de l'exécution des arrêtés des 17 octobre et 16 novembre 2022 du président de l'université Jean Moulin Lyon 3 lui interdisant l'accès à l'ensemble des enceintes et locaux de l'université jusqu'à l'intervention de la décision définitive de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers statuant sur l'action disciplinaire engagée à son encontre ;

2°) de mettre à la charge de cette université le paiement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il y a urgence à suspendre l'exécution des arrêtés litigieux, qui ont pour effet de le priver de cours magistraux et de travaux dirigés dispensés dans des conditions normales, et ce pendant plusieurs mois, voire même jusqu'à la fin de l'année universitaire, ainsi en outre que d'échanges directs avec les professeurs et les autres étudiants, qui sont indispensables aux études universitaires ;

- l'interdiction litigieuse est injustifiée, disproportionnée et entachée de détournement de pouvoir et porte atteinte au droit à l'instruction, à la liberté d'aller et venir et à la liberté d'expression.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 16 décembre 2022 sous le n° 2209404, par laquelle M. A demande au tribunal d'annuler les décisions dont il demande la suspension dans la présente requête.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Le premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

3. Par un arrêté du 17 octobre 2022, modifié par un arrêté du 16 novembre 2022, le président de l'université Jean Moulin Lyon 3 a interdit à M. A, étudiant en deuxième année de licence d'histoire, l'accès à l'ensemble des enceintes et locaux de l'université, et ce jusqu'à l'intervention de la décision définitive de la section disciplinaire compétente à l'égard des usagers statuant sur l'action disciplinaire engagée à son encontre. Si, comme le fait valoir le requérant, ces dispositions l'empêchent provisoirement d'assister aux cours magistraux et aux séances de travaux dirigés et d'avoir des échanges directs avec les professeurs et les autres étudiants, selon lui indispensables à ses études, l'arrêté du 17 octobre 2022 prévoit toutefois que le contenu des cours auxquels il ne pourra pas avoir accès, en raison de l'interdiction, lui sera transmis sous un autre format et qu'il bénéficiera d'épreuves de substitution si des exercices de contrôle continu devaient avoir lieu en son absence. En outre, par un arrêté du 30 novembre 2022, le président de l'université a autorisé l'intéressé à prendre part aux épreuves du troisième semestre organisées le 20 décembre 2022 et les 5, 11 et 12 janvier 2023. Dans ces circonstances, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, que la requête de M. A doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée pour information à l'université Jean Moulin Lyon 3.

Fait à Lyon le 20 décembre 2022.

Le juge des référés

J.-P. Chenevey

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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