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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2307972

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2307972

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2307972
TypeDécision
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête enregistrée le 23 septembre 2023 sous le n° 2307972, M. B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 26 833,02 euros constitué sur la période de décembre 2019 à novembre 2022 ;

2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge du département de la Loire une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la notification d'indu est entachée de nullité ;

- la décision prise sur recours administratif est entachée d'incompétence ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- il n'a pas été informé de l'usage du droit de communication ;

- la commission de recours amiable n'a pas été saisie ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'il ne lui a pas été appliqué l'abattement prévu pour les autoentrepreneurs ;

- l'indu résulte d'un défaut d'information ;

- subsidiairement, sa bonne foi et sa situation financière justifient l'octroi d'une remise.

Par un mémoire enregistré le 29 février 2024, le département de la Loire conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- le moyen tiré de la notification d'indu initiale est inopérant puisque la décision prise sur recours administratif s'est substituée ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

II) Par une requête enregistrée le 23 septembre 2023 sous le n° 2307974, M. B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, la récupération d'un indu de prime d'activité d'un montant de 1 342,05 euros constitué sur la période de mars 2021 à août 2022 ;

2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision ne comporte pas la signature de son auteur ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- il n'a pas été informé de l'usage du droit de communication ;

- la commission de recours amiable n'a pas été saisie ;

- le décompte de la créance n'a pas été indiqué ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'il ne lui a pas été appliqué l'abattement prévu pour les autoentrepreneurs ;

- l'indu résulte d'un défaut d'information ;

- subsidiairement, sa bonne foi et sa situation financière justifient l'octroi d'une remise.

III) Par une requête enregistrée le 23 septembre 2023 sous le n° 2307976, M. B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a ordonné la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 300 euros, ensemble la décision du 27 septembre 2023 rejetant son recours gracieux ;

2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision ne comporte pas la signature de son auteur ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir ne peut s'appliquer ;

- la décision n'est pas motivée ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'il ne lui a pas été appliqué l'abattement prévu pour les autoentrepreneurs ;

- l'indu résulte d'un défaut d'information ;

- subsidiairement, sa bonne foi et sa situation financière justifient l'octroi d'une remise.

IV) Par une requête enregistrée le 23 septembre 2023 sous le n° 2307977, M. B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 11 166,03 euros constitué sur la période de janvier 2021 à décembre 2022 ;

2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision ne comporte pas la signature de son auteur ;

- la preuve de l'assermentation de l'agent n'est pas rapportée ;

- il n'a pas été informé de l'usage du droit de communication ;

- la commission de recours amiable n'a pas été saisie ;

- le décompte de la créance n'a pas été indiqué ;

- des retenues ont été illégalement pratiquées ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- l'indu n'est pas justifié dès lors qu'il ne lui a pas été appliqué l'abattement prévu pour les autoentrepreneurs ;

- l'indu résulte d'un défaut d'information ;

- subsidiairement, sa bonne foi et sa situation financière justifient l'octroi d'une remise.

M. B bénéficie de l'aide juridictionnelle totale dans ces quatre instances par une décision du 28 juillet 2023.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, et du logement, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle de la situation de Mme et M. B ayant conduit l'agent contrôleur à relever qu'ils n'avaient pas déclaré l'ensemble de leurs ressources, la caisse d'allocations familiales de la Loire a, par décision du 20 décembre 2022, notamment ordonné la récupération d'indus de revenu de solidarité active d'un montant de 26 833,02 euros pour la période allant de décembre 2019 à novembre 2022, de prime d'activité d'un montant de 1 342,05 euros pour la période allant de mars 2021 à août 2022 et d'aide personnelle au logement d'un montant de 11 166,03 euros pour la période de janvier 2021 à novembre 2022. Par décision du 21 décembre 2022, la même caisse a, en outre, ordonné la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 300 euros.

2. Le recours administratifs préalable obligatoire formé contre la décision relative au revenu de solidarité active a été explicitement rejeté par une décision du président du conseil départemental de la Loire du 19 juin 2023. Ceux concernant la prime d'activité et l'aide personnelle au logement l'ont été par décisions du 27 février 2023 prises par la directrice de la caisse d'allocations familiales.

3. Les requêtes susvisées, toutes présentées séparément pour M. B mais qui sont relatives à des indus qui résultent d'un même contrôle et ont été initialement notifiés en même temps, présentent à juger des questions communes ou en lien. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur le revenu de solidarité active :

4. En premier lieu, la décision du 19 juin 2023 prise sur recours administratif préalable obligatoire de M. B s'est substituée à celle initialement édictée le 20 décembre 2022, en application de l'article L. 412-6 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, les vices propres qui entacheraient cette première décision ne peuvent être utilement soulevés dans la présente instance.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C, adjointe au directeur administratif et financier, disposait d'une délégation consentie par le président du conseil départemental de la Loire par un arrêté du 5 octobre 2022, publié au recueil des actes administratifs du département de la Loire, afin de signer les décisions relatives aux recours administratif préalables obligatoires dans le cadre du revenu de solidarité active.

6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'agent chargé du contrôle a prêté serment le 15 juin 2020 devant le tribunal judiciaire de Saint-Etienne.

7. En quatrième lieu, il ressort des termes du rapport d'enquête que le requérant été informé à l'oral et par écrit de l'usage du droit de communication prévu par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale. Il a obtenu les éléments relevés lors des investigations de l'agent en charge du contrôle dans le cadre d'une procédure contradictoire mise en œuvre le 20 octobre 2022 qui l'invitait à présenter ses observations, lesquelles ont été formulées par un courriel du 22 octobre suivant. Compte tenu de l'ensemble des informations transmises, le requérant a pu concrètement, tant à l'occasion des échanges avec le contrôleur que dans le cadre de son recours administratif, exposer précisément l'ensemble des motifs qui justifiaient, selon lui, que les sommes découvertes sur son compte bancaire et celui de son épouse, qu'il n'avait pas déclaré comme des ressources, ne pouvaient justifier l'indu en litige. Par suite, il n'est fondé à soutenir ni que les garanties prévues par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ne lui ont pas été appliquées, ni plus généralement que les droits de la défense ont été méconnus.

8. En cinquième lieu, en vertu de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 9 avril 2021 entre le département de la Loire et la caisse d'allocations familiales de la Loire en application de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles, les contestations relatives au bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active sont dispensées d'un avis de la commission de recours amiable, lorsque le montant de la dette est inférieur à 27 424 euros. Par suite, compte tenu du montant de l'indu, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure l'ayant privé d'une garantie.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer (). () ". Aux termes de l'article R. 262-19 du même code : " pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 613-7 du code de la sécurité sociale (), le calcul () prend en compte le chiffre d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant la demande d'allocation ou la révision en lui appliquant, selon les activités exercées, les taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts. () ".

10. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige est lié à la réintégration dans les ressources du foyer de M. B de l'ensemble des sommes perçues sur son compte bancaire et celui de son épouse (dépôts d'espèces, remises de chèque, virements) qui ont été découvertes dans le cadre du contrôle et que l'autorité administrative a estimé relever intégralement des revenus professionnels. Il s'agit de montants particulièrement conséquents (133 532 euros en 2019 et 94 111 euros en 2020 pour lui seul lors de ces années, 144 691 euros pour le couple en 2021 et 75 931 euros sur les neufs premiers mois de l'année 2022 pour le couple également). En se bornant à faire valoir " qu'il semble que l'abattement n'ait pas été appliqué " sur son activité " d'autoentrepreneur " alors que le requérant s'est constamment déclaré auprès de la caisse d'allocations familiales comme étant sans activité et aux ressources nulles, M. B, qui a été radié d'office par l'URSSAF en raison de l'absence de chiffre d'affaires ou de recette en 2019 et 2020, ne conteste pas sérieusement le bien-fondé du motif de l'indu qui ne résulte pas d'une faute dans la délivrance d'informations sur les conditions d'attribution du revenu de solidarité active mais de son propre comportement. Par suite, l'autorité compétente pouvait légalement estimer que ses ressources réelles perçues durant la période retenue faisaient obstacle au versement du revenu de solidarité et lui imposer, en conséquence, de rembourser les sommes perçues indument à ce titre.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président [de la métropole de Lyon] en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

12. En ayant constamment déclaré être sans activité et dépourvu de ressources, ainsi qu'omis de déclarer pendant plusieurs années les très importantes sommes que son foyer percevait, M. B, qui ne pouvait légitimement ignorer que sa situation remettait en cause son droit à percevoir le revenu de solidarité active durant la période en litige, a commis des manœuvres frauduleuses le privant de toute possibilité de réduction ou de remise de l'indu en résultant.

13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 19 juin 2023 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, la récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 26 833,02 euros constitué sur la période de décembre 2019 à novembre 2022. Par suite, ses conclusions en ce sens, ainsi que celles en décharge et remise qui en sont l'accessoire, doivent être rejetées.

Sur la prime d'activité :

13. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité () fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ". Aux termes de l'article R. 847-2 du même code : " Le recours préalable () est adressé par la personne concernée à la commission de recours amiable (). La personne concernée peut considérer sa demande comme rejetée dans le délai prévu à l'article R. 142-6, et se pourvoir, le cas échéant, devant le tribunal administratif () ". Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient qu'à la commission de recours amiable de statuer sur les recours administratifs préalables obligatoirement formés à l'encontre d'une décision ordonnant la récupération d'un indu de prime d'activité.

14. Il résulte de ce qui précède qu'il n'appartenait pas à la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire de rejeter la " contestation " de M. B mais de transmettre celle-ci à la commission de recours amiable compétente pour en connaitre. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision du 27 février 2023 rejetant son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 20 décembre 2022 en tant qu'elle concerne l'indu de prime d'activité d'un montant de 1 342,05 euros doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.

15. L'annulation, pour ce motif, n'implique pas que M. B soit déchargé de l'obligation de payer quelque somme que soit puisque l'administration peut procéder à la régularisation de la situation sous réserve des règles de prescription. Par suite, les conclusions de M. B en ce sens ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur l'aide personnelle au logement :

16. Aux termes de l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs [en matière d'aides personnelles au logement], après l'avis de la commission de recours amiable. / Ses décisions sont motivées ".

17. A défaut pour la caisse d'allocations familiales de la Loire d'établir qu'elle a consulté la commission de recours amiable, laquelle constitue une garantie pour les bénéficiaires des aides au logement, M. B est fondé à soutenir que la décision du 27 février 2023 par laquelle la directrice de cet organisme a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de l'indu d'aide personnelle au logement est intervenue au terme d'une procédure irrégulière. Par suite, cette décision doit être annulée sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.

18. L'annulation, pour ce motif, n'implique pas que M. B soit déchargé de l'obligation de payer quelque somme que soit puisque l'administration peut procéder à la régularisation de la situation sous réserve des règles de prescription. Par suite, les conclusions de M. B en ce sens ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur l'aide exceptionnelle de solidarité :

19. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (). " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions () (). ".

20. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

21. La décision contestée du 21 décembre 2022 mettant à la charge de M. B un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 300 euros ne comporte aucune mention des textes dont elle fait application et, partant, aucune motivation en droit, ni, en outre, la signature de son auteure pourtant requise par les dispositions de l'article L. 212-1 du code précité.

22. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, qu'il y a lieu d'annuler cette décision, ensemble la décision du 27 février 2023 rejetant le recours gracieux. Compte tenu de son motif et de la possibilité pour la caisse d'allocations familiales de la Loire de régulariser la situation, l'annulation prononcée n'implique pas nécessairement que M. B soit déchargé de l'obligation de payer l'indu en litige.

Sur les frais liés aux litiges :

23. Le département de la Loire n'étant pas la partie perdante dans l'instance n° 2307972, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à la demande présentée par le conseil de M. B sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, pour le compte duquel intervient la caisse d'allocations familiales de la Loire dans les autres instances, la somme demandée par ce même conseil en application des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 27 février 2023 par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire a, sur recours administratif préalable obligatoire de M. B, confirmé la récupération d'indus de prime d'activité et d'aide personnelle au logement, ensemble la décision du 21 décembre 2022 ordonnant la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité et celle rejetant le recours gracieux, sont annulées.

Article 2 : La requête n° 2307972 et le surplus des conclusions des autres requêtes de M. B sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, ainsi qu'au département de la Loire et à la caisse d'allocations familiales de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2025.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

A. Farlot

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

2, 2307974, 2307976, 2307977

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