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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2308230

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2308230

lundi 23 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2308230
TypeDécision
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, et un mémoire en réplique enregistré le 16 octobre 2023, Mme G D, représentée par la SCP Robin Vernet (Me Robin), demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de l'admettre au séjour en France au titre de l'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile, subsidiairement de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel de sa situation ;

- il n'est pas établi que lui ont été remises les brochures prévues à l'article 4 du règlement européen n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas justifié qu'elle a bénéficié de l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement (UE) du 26 juin 2013 ;

- la décision a été prise en méconnaissance de son droit à être entendue ;

- il n'est pas justifié que les autorités allemandes ont été régulièrement saisies d'une demande de reprise en charge et ont donné leur accord explicite, ni que les autorités italiennes ont opposé un refus ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013, et méconnaît également l'article 31 du même règlement, dispositions combinées avec l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le refus opposé le 12 octobre 2023 à sa demande de titre de séjour est entaché d'illégalité, au motif qu'il est insuffisamment motivé, qu'il a été pris sans avis préalable du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et que le motif tiré de ce qu'elle ne justifie pas d'une résidence habituelle en France est illégal ; dans ces conditions, et dès lors qu'elle peut être admise à séjourner en France, l'Etat français doit être regardé comme responsable de sa demande d'asile, en application de l'article 19 du règlement UE du 26 juin 2013.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Beligon, substituant Me Robin, représentant Mme D, qui a repris les conclusions et moyens de la requête, en faisant valoir en outre qu'elle excipe de l'illégalité de la décision de refus de séjour en date du 12 octobre 2023 ; que Mme D ayant présenté une demande d'asile en premier lieu en Italie, la compétence des autorités allemandes n'est pas établie ; que la circonstance qu'il est relevé sur le compte-rendu d'entretien, qu'elle ne présente pas de vulnérabilité probante permet d'établir qu'elle n'a pas été réellement en mesure de faire valoir ses observations lors de cet entretien.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Après avoir pris connaissance de la note en délibéré présentée pour la préfète du Rhône, enregistrée le 16 octobre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante ivoirienne née en 1986, demande l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, précédemment visée.

Sur la légalité de l'arrêté du 15 septembre 2023 :

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme F B, adjointe à la cheffe du pôle régional Dublin, titulaire d'une délégation de signature à cet effet en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C E, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, par arrêté du 31 juillet 2023 de la préfète du Rhône, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Il n'est pas démontré l'absence d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre État membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

5. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre État membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement européen dont il est fait application.

6. L'arrêté attaqué vise le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et notamment son article 18, précise qu'après consultation du fichier européen Eurodac, il est apparu que la requérante avait été identifiée en Allemagne, où elle avait demandé l'asile le 27 janvier 2023, et que les autorités allemandes, ainsi responsables de l'examen de sa demande d'asile, ont accepté de le reprendre en charge. Il comprend également des éléments propres à la situation personnelle de la requérante. Il est, par suite, suffisamment motivé.

7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que la décision en litige aurait été prise sans réel examen de la situation de la requérante. Est à cet égard sans incidence le fait que la décision ne fait pas mention de ce que la requérante a déposé le 12 septembre 2023 une demande de titre de séjour sur le fondement de son état de santé, circonstance restant par elle-même sans incidence sur la légalité de la mesure en litige.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement et notamment : / a) des objectifs du présent règlement () b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée () c) de l'entretien individuel en vertu de 1'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de 1'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme D s'est vu remettre les brochures " A " et " B ", ainsi que le guide du demandeur d'asile, contenant les informations dont la délivrance est requise par les dispositions précitées, en langue française, qu'elle a déclaré comprendre, le 10 juillet 2023, soit le jour de l'enregistrement de sa demande d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

10. En cinquième lieu, selon les termes de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

11. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'elle prétend, la requérante a bénéficié le 10 juillet 2023 d'un entretien individuel confidentiel. Par ailleurs, si Mme D a contesté, à l'audience, avoir été réellement en mesure lors de l'entretien individuel de faire valoir des éléments propres à sa situation, en faisant valoir que le compte-rendu d'entretien mentionne que la requérante n'a fait état d'aucune " vulnérabilité probante ", l'intéressée, qui a d'ailleurs signé le compte-rendu après avoir coché la case selon laquelle les renseignements la concernant sont exacts, ne produit aucun élément permettant d'établir qu'elle aurait alors fait état d'éléments précis relatifs à son état de santé. Par suite, son moyen ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

12. En sixième lieu, et ainsi qu'il a été dit au point précédent, Mme D a bénéficié d'un entretien individuel et a pu, à cette occasion, faire valoir son état de santé. Par ailleurs, s'il ressort de la décision attaquée que la préfète du Rhône a été informée par une association de ce que la requérante avait fait l'objet d'une consultation médicale auprès d'un médecin spécialiste de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, circonstance prise en compte par la préfète pour prendre sa décision, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D disposait d'informations pertinentes relatives notamment à la prise en charge de son état de santé en Allemagne, qui, si elles avaient été connues de l'administration, auraient pu la conduire à prendre une autre décision. Par suite, et alors que Mme D ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de la procédure d'examen des demandes de titres de séjour présentées sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de ce qu'aurait été méconnu le droit d'être entendu de Mme D, principe général du droit de l'Union, doit être écarté.

13. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la réponse apportée par les autorités italiennes à la demande de reprise en charge formée par la France, ainsi que des indications de la requérante au cours de l'entretien individuel, que Mme D a présenté une demande d'asile en novembre 2022 en Italie, puis a été prise en charge par les autorités allemandes, dans le cadre d'un accord volontaire entre les deux pays. Par ailleurs, les autorités de l'Allemagne, pays où Mme D a déposé une demande d'asile le 27 janvier 2023, ont été régulièrement saisies le 27 juillet 2023 d'une demande de reprise en charge de l'intéressée et ont donné leur accord le 2 août 2023. Il ressort également des pièces du dossier, et en tout état de cause, que les autorités italiennes ont pour leur part exprimé leur refus de prendre en charge la requérante. Le moyen tiré de ce que l'Allemagne ne serait pas responsable de sa demande d'asile et de l'irrégularité de la procédure suivie doit par suite être écarté.

14. En huitième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. "

15. Pour soutenir que la préfète du Rhône aurait dû faire application de la clause discrétionnaire, Mme D fait valoir qu'elle est atteinte du virus de l'immunodéficience humaine, affection de longue durée nécessitant un suivi hospitalier rapproché ainsi qu'un traitement médicamenteux, d'une insuffisance rénale chronique de stade 5, et d'une infection tuberculeuse latente. Elle produit un certificat médical daté du 28 septembre 2023 selon lequel elle est en cours de préparation à une hémodialyse, avec la création d'une fistule artério-veineuse au mois d'août. Toutefois, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que Mme D, qui ne bénéficiait ainsi pas d'ailleurs d'une hémodialyse à la date de l'acte attaqué, ne pourrait pas avoir accès à un traitement approprié à son état de santé en Allemagne, la " barrière de la langue " évoquée par l'intéressée étant à cet égard insuffisante pour justifier d'une telle impossibilité. De même, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'état de santé de Mme D serait incompatible avec un transfert vers l'Allemagne, selon des modalités adaptées à son état de santé et au traitement dont elle bénéficie, et si elle indique que son état de santé requiert une continuité dans ses soins, celle-ci peut être assurée par la transmission des éléments médicaux relatifs à sa situation aux autorités allemandes. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013.

16. En neuvième lieu, les dispositions des articles 31 et 32 du règlement (UE) n° 604/2013 portent sur l'échange de données, qui concernent l'exécution de la mesure, n'imposent pas que cet échange d'information ait lieu avant l'édiction de la décision de transfert et sont sans incidence sur la légalité de la décision de transfert. Par suite, Mme D ne peut utilement soutenir que la préfète du Rhône n'aurait pas communiqué aux autorités allemandes les informations relatives à son état de santé.

17. En dixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ".

18. Eu égard au caractère très récent du séjour en France de Mme D, et en l'absence d'impossibilité démontrée de bénéficier de soins appropriés à son état de santé en Allemagne, la décision en litige ne porte pas au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. De même, ne peut qu'être écarté le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la même convention, au regard de cette même prétendue absence de soins, ainsi que de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

19. En onzième et dernier lieu, aux termes de l'article 19 du règlement UE du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Si un Etat membre délivre au demandeur un titre de séjour, les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, lui sont transférées. "

20. La préfète du Rhône ayant refusé de délivrer un titre de séjour à Mme D, par une décision dont il n'est pas sollicité l'annulation et qui est au demeurant postérieure à l'arrêté en litige, l'intéressée n'entre pas dans le champ des dispositions de l'article 19 du règlement UE du 26 juin 2013 transférant à la France les obligations de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Par ailleurs, et en tout état de cause, la requérante ne peut utilement exciper de l'illégalité de ce refus de séjour, qui ne constitue pas la base légale de l'arrêté de transfert, lequel n'a pas été pris pour son application. Par suite, le moyen doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 15 septembre 2023 de la préfète du Rhône est entaché d'illégalité et à en demander l'annulation. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente au titre de l'application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G D et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

Thierry ALa greffière,

Sophie Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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