jeudi 3 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310049 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARTINEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 novembre 2023, 21 octobre 2024 et 3 mars 2025, Mme C A, représentée par Me Martinez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'acte du 19 février 2025 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et l'a invitée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer, à titre principal, un certificat de résidence dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de cette même date, en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge l'Etat, à verser à son conseil, la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'acte attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé, notamment en raison de mentions contradictoires et erronées ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que la préfète du Rhône a refusé d'examiner sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle.
Par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 12 octobre 2023, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par un courrier du 10 mars 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'invitation à quitter le territoire français faite à Mme A, qui, étant la conséquence nécessaire de la décision de refus de titre de séjour, ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Flechet, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 25 février 1992, est entrée en France, selon ses déclarations, au cours de l'année 2014. Le 19 juillet 2021, Mme A a déposé une demande de certificat de résidence d'une durée d'un an. Par un acte du 19 février 2025 dont la requérante demande l'annulation, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et l'a invitée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire. ".
3. Lorsque le refus de titre de séjour ou le retrait de titre de séjour opposé à la demande d'un étranger s'accompagne d'une " invitation à quitter le territoire français ", cette invitation, qui est la conséquence nécessaire de la décision de refus ou de retrait de titre ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours. Il en va ainsi alors même que cette invitation est assortie d'un délai et de l'indication qu'au-delà de ce délai, à défaut d'avoir volontairement quitté le territoire français, l'étranger concerné s'expose à l'édiction, à son encontre, d'une mesure d'éloignement. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :
4. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. B D, chef du bureau des affaires générales et du contentieux, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète du Rhône en date du 17 octobre 2024, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte litigieux doit être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise les textes applicables et mentionne les éléments déterminants du parcours de Mme A depuis son arrivée sur le territoire national, comporte les considérations de droit et de fait qui fondent le refus de certificat de résidence. Elle est, par suite, suffisamment motivée et statue sans ambiguïté sur la demande de titre de séjour déposée par la requérante. A cet égard, la circonstance que l'acte en litige comporterait des éléments erronés ou contradictoires, notamment quant à la date de dépôt de la demande de certificat de résidence ou quant à la circonstance que l'intéressée ne justifie pas de ressources, ne permet pas de caractériser le vice de légalité externe soulevé.
6. En troisième lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne relève que de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Néanmoins, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il lui appartient, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas examiné la situation de Mme A afin d'apprécier l'opportunité d'une mesure de régularisation. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
8. Il ressort des pièces du dossier que la fille de Mme A, née le 4 novembre 2016, est de nationalité algérienne. La requérante ne justifie par aucune pièce de ce que le père de l'enfant, compatriote dont il n'est pas établi, ni même allégué, qu'il résiderait régulièrement en France, entretiendrait des liens avec sa fille, notamment en exerçant le droit de visite et d'hébergement qui lui a été accordé par un jugement du juge aux affaires familiales en 2019. Par ailleurs, si la requérante soutient que la scolarisation de sa fille en Algérie, qui n'a connu que la France, porterait une atteinte grave à l'équilibre mental de l'enfant, elle n'établit ses dires, peu étayés à cet égard, par aucune pièce. Dans ces conditions, et compte tenu du jeune âge de l'enfant à la date de la décision attaquée, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaît les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point précédent, et dès lors que Mme A, qui n'établit pas résider en France de manière continue depuis 2014, ne justifie d'aucune autre attaches en France que sa fille, ni d'aucune perspectives sérieuses d'insertion professionnelle, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la préfète du Rhône s'est abstenue d'exercer son pouvoir discrétionnaire en vue de régulariser sa situation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de cette dernière à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées, de même que celles présentées par son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2025.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190
Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.
08/04/2026