jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310249 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | JU 1ère chambre |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Cohen, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré du capital de son permis de conduire six points pour une infraction commise le 17 décembre 2014, un point pour une infraction commise le 7 août 2018, quatre points pour une infraction commise le 12 août 2018, deux points pour une infraction commise le 19 mai 2022, la décision référencée " 48 SI " du 8 juin 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur son recours gracieux dirigé contre cette décision du 8 juin 2023 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son titre de conduite et de reconstituer son capital de points en lui restituant les points illégalement retirés ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas été destinataire des informations préalables au retraits de points prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 8 février 2024 et présenté pour M. B A, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Drouet, président de la 1ère chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Drouet, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, en application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
2. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. A soutient n'avoir reçu, pour aucune des infractions commises les 17 décembre 2014, 7 août 2018, 12 août 2018 et 19 mai 2022, les informations requises par le code de la route.
3. S'agissant de l'infraction commise le 19 mai 2022, il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral du requérant, que M. A a payé l'amende forfaitaire relative à l'infraction du 19 mai 2022 relevée par radar automatique, ainsi que le prouvent les mentions " tribunal d'instance ou de police contrôle automatisé ". Il découle de cette seule constatation que le requérant a nécessairement reçu l'avis de contravention pour cette infraction. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré deux points de son permis de conduire à la suite de cette infraction du 19 mai 2022 aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière.
4. S'agissant des infractions commises les 7 août 2018 et 12 août 2018, pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, il est prescrit depuis l'intervention de l'arrêté du 5 octobre 1999 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, dont les dispositions pertinentes sont codifiées aux articles A. 37 à A. 37-4 du même code, que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est relevée avec interception du véhicule mais sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, ce dernier utilise un formulaire réunissant, en une même liasse autocopiante, le procès-verbal conservé par le service verbalisateur, une carte de paiement matériellement indispensable pour procéder au règlement de l'amende et l'avis de contravention, également remis au contrevenant pour servir de justificatif du paiement ultérieur, qui comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un formulaire conforme à ce modèle et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé l'amende forfaitaire correspondant à cette infraction, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet. Pour les infractions relevées avec interception du véhicule postérieurement au 1er janvier 2002, la mention au système national des permis de conduire du paiement ultérieur de l'amende forfaitaire permet au juge d'estimer que le titulaire du permis s'est vu remettre un avis de contravention comportant les informations requises, dès lors que les formulaires libellés en euros sont conformes à l'arrêté du 5 octobre 1999 précité.
5. Il résulte des pièces du dossier, notamment des mentions du relevé d'information intégral, que M. A s'est acquitté d'amendes forfaitaires relatives aux infractions du 7 août 2018 et 12 août 2018. Eu égard à la date de ces infractions, elle ont été constatées au moyen d'un formulaire libellé en euros conforme aux dispositions des articles A. 37 à A. 37-4 du code de procédure pénale. Le contrevenant s'est, dès lors, nécessairement vu remettre un avis de contravention comportant les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Faute pour lui de produire cet avis de contravention pour démontrer qu'il serait inexact ou incomplet, la preuve du respect par l'administration de son obligation d'information préalable doit être regardée comme rapportée.
6. S'agissant de l'infraction commise le 17 décembre 2014, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 223-3 de ce même code : " Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès ".
7. L'omission de la formalité prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal judiciaire ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
8. La réalité de l'infraction commise le 17 décembre 2014 par M. A ayant été établie par une condamnation pénale devenue définitive, le requérant ne saurait soutenir qu'il n'a pas été destinataire, à l'occasion de cette infraction, des informations préalables prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. En second lieu, en vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points dont est affecté le permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Il résulte du même article que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive.
10. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral qu'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été émis à raison de chacune des infractions commises les 19 mai 2022, 12 août 2018 et 7 août 2018, et qu'une condamnation pénale définitive est intervenue s'agissant de l'infraction commise le 17 décembre 2014. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 précité du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité de ces infractions ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le magistrat désigné,
H. DrouetLa greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2501812
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de Mme A... contestant plusieurs retraits de points sur son permis de conduire, dont une décision « 48 SI » constatant un solde nul. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur la décision « 48 SI », le solde de points étant redevenu positif, et a rejeté comme irrecevables les conclusions relatives à une infraction de 2014, les points ayant été restitués avant l’introduction du recours. Sur le surplus, le tribunal a rappelé que la notification des retraits de points n’affecte pas leur légalité, mais seulement leur opposabilité, et que la décision « 48 SI » peut valablement récapituler les retraits antérieurs. La solution s’appuie sur les articles L. 223-3 et L. 223-6 du code de la route.
18/12/2025
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2502222
Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en formation de juge unique, a examiné la requête de M. B... contestant le retrait de points de son permis de conduire pour plusieurs infractions routières commises entre 2022 et 2024, ainsi que la décision « 48 SI » constatant la perte de validité de son permis. Le requérant soutenait ne pas avoir reçu les informations préalables obligatoires prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le tribunal a rejeté le moyen pour l'infraction du 24 octobre 2022, estimant que l'administration n'avait pas prouvé la délivrance des informations, mais que cette omission était sans conséquence car M. B... avait déjà été destinataire de ces informations lors d'une infraction antérieure suffisamment récente (30 juin 2021). La solution retenue est le rejet des conclusions de la requête, le tribunal n'ayant pas retenu le moyen unique soulevé.
18/12/2025
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2503912
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. A... C..., qui demandait l'annulation du refus du préfet de la Loire-Atlantique d'échanger son permis de conduire algérien contre un permis français. Le tribunal a rappelé que, selon l'arrêté du 12 janvier 2012, le délai d'un an pour demander cet échange court à compter de la délivrance du premier titre de séjour autre qu'étudiant. En l'espèce, M. A... C... ayant obtenu un certificat de résidence « scientifique » le 3 juillet 2023, sa demande du 4 novembre 2024 était tardive, et les circonstances de bonne foi ou d'atteinte à sa vie personnelle invoquées n'ont pas été retenues comme fondées.
18/12/2025