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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2310681

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310681

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310681
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP ALBERTINI ALEXANDRE & L'HOSTIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 décembre 2023, la commune d'Orgnac-L'Aven, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Blanc (Selarl Fayol et Associés) demande au juge des référés :

1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent le musée de la commune ;

2°) de réserver les dépens.

Elle soutient que :

- dans le cadre de travaux de réhabilitation du musée régional de la préhistoire, elle a confié la maîtrise d'œuvre du projet à un groupement solidaire dont le mandataire est la société Basalt Architecture ; le lot " couverture-étanchéité " a été confié à la société Sapec Valence ;

- les travaux ont été réceptionnés le 16 décembre 2013 avec réserves ; les réserves ont été levées le 8 janvier 2015 ;

- le 21 octobre 2019, elle a déclaré auprès de son assurance des fuites d'eau en toiture à proximité d'installation électrique ayant entraîné une arrivée d'eau dans le faux plafond, une dégradation du système de ventilation ainsi que des écoulements sur le parcours du musée ;

- dans un rapport datant de 2021, l'expert mandaté par l'assurance a relevé que les dommages trouvent leur cause dans un défaut d'étanchéité sur le partie courante du toit ;

- la matérialité des désordres a été établie par constat d'huissier et ceux-ci s'aggravent.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2024, la société Basalt Architecture, représentée par Me L'Hostis (société d'avocats Albertini Alexandre et L'Hostis) demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les plus expresses réserves ;

2°) de limiter la mission de l'expert à l'examen des seuls désordres allégués dans la requête et le constat d'huissier du 7 décembre 2023 ;

3°) de mettre à la charge de la commune les dépens de l'instance.

La requête a été régulièrement communiquée à la société Mutuelle des Architectes Français, Axa France Iard et Sapec Valence, lesquelles n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. La demande d'expertise présentée par la commune d'Orgnac L'Aven, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres affectant le musée de la commune, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

3. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions en ce sens présentées par la société Basalt doivent, par suite, être rejetées.

4. Enfin, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

ORDONNE

Article 1er : M. A C, demeurant 107 rue du 19 mars à Ledignan (30350), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de réhabilitation, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;

12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune d'Orgnac L'Aven et des sociétés Axa France Iard, Sapec Valence, Basalt Architecture et Mutuelle des Architectes Français.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée la commune d'Orgnac L'Aven, aux sociétés Axa France Iard, Sapec Valence, Basalt Architecture et Mutuelle des Architectes Français, et à l'expert.

Fait à Lyon, le 11 avril 2024.

Le juge des référés,

D. B

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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