vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400582 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2024 à 10 heures et 10 minutes, sous le n°2400582, M. B C , représenté par Me Tomc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, et lui a en outre opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de procéder au réexamen de sa situation personnelle et professionnelle, aux fins de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail ;
3°) d'annuler l'arrêté en date du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de la Loire l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de la Loire, et l'a en outre astreint à une présentation tri-hebdomadaire auprès des services du commissariat de police de Roanne (Loire) ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. C soutient que :
- l'arrêté portant éloignement, fixant le pays de destination, et portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivé en fait et en droit ;
- le préfet de Saône-et-Loire n'a pas examiné de manière sérieuse et attentive la situation qui lui était soumise ;
- la mesure d'éloignement a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît également les dispositions internes de l'article L. 313-14, L. 313-11, et L. 414-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- cette mesure de police spéciale a été prise en violation de son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'arrêté portant assignation à résidence pris par le préfet de la Loire est illégal dès lors qu'il se fonde sur un arrêté du préfet de Saône-et-Loire lui-même entaché d'illégalité ;
- cet arrêté est en outre insuffisamment motivé ;
- l'arrêté doit être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, car il l'empêche d'aller et de venir à sa guise et de travailler ;
- il porte atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la mesure d'assignation présenté un caractère excessif et disproportionné au regard de sa situation personnelle et professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces enregistrées au greffe du tribunal administratif de Lyon le 23 janvier 2024, présentées par le préfet de la Loire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A Habchi pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle ni le préfet de Saône-et-Loire, ni le préfet de la Loire n'étaient présents, ni représentés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 janvier 2024 :
- le rapport de M. Habchi, magistrat désigné,
- les observations de Me Trabelsi, substituant Me Tomc, pour M. C, non présent à l'audience. Me Trabelsi reprend son moyen tiré du défaut d'examen, et insiste en outre sur l'atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 18 juin 1977 et de nationalité tunisienne, déclare être entré en France au cours du mois de juillet 2013, démuni de tout visa ou document de séjour. L'intéressé n'a pas sollicité de titre de séjour auprès de l'autorité préfectorale de la Loire, et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire national. Le 6 mars 2018, M. C a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement à destination de la Tunisie, qu'il n'a pas exécutée. Puis, le ressortissant tunisien a été, à nouveau, l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 5 août 2020 régulièrement notifié, et dont la légalité a été confirmée par la juridiction administrative. Après avoir été interpellé lors d'un contrôle autoroutier sur la commune du Creusot (Saône-et-Loire) le 18 janvier 2024 au matin par les forces de police de Saône-et-Loire, M. C a fait l'objet d'une troisième mesure portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, par un arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 18 janvier 2024, régulièrement notifié le jour même à 17 heures et 10 minutes. Cet arrêté a été assorti d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. A cette même date, le préfet de la Loire a en outre édicté à son encontre une mesure d'assignation à résidence dans le département de la Loire, pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. C conteste ces deux arrêtés lui faisant grief, et demande au tribunal d'annuler la mesure d'éloignement en litige, ainsi que l'arrêté du 18 janvier 2024 portant assignation à résidence dans le département de la Loire et l'astreignant à se présenter trois fois par semaine auprès des services du commissariat de police de Roanne (Loire).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la mesure d'éloignement :
2. En premier lieu, l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a fait obligation de quitter le territoire français à M. C et a fixé le pays de destination vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 et L. 721-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables. Il précise en outre que l'intéressé est entré sur le territoire national démuni de tout visa, puis qu'il ne justifie pas de la réalité et de l'ancienneté de la vie familiale dont il se prévaut. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige que le préfet a bien fait mention de la nationalité de l'étranger, et a par ailleurs exposé que l'examen de sa situation ne justifiait pas une dérogation à la règlementation en vigueur. Le préfet a enfin indiqué qu'il n'est pas porté atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale. Les décisions en litige qui comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfont ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire, ni d'aucune autre des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. C au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. Contrairement à ce que soutient le ressortissant tunisien, la circonstance que l'autorité administrative n'ait pas fait mention précise de sa situation professionnelle sur le territoire national ne suffit pas à caractériser le défaut d'examen que le requérant invoque. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C âgé de 46 ans, est entré en France au cours de l'année 2013, sans toutefois l'établir de manière probante auprès du tribunal. S'il se prévaut d'une durée de séjour en France, il est vrai significative, il n'a toutefois jamais sollicité de titre de séjour auprès des autorités préfectorales de la Loire, département dans lequel il allègue pourtant résider. La seule production, le 20 janvier 2024, d'une demande de titre de séjour demeure sans incidence sur la légalité de la décision en litige, prise le 18 janvier 2024. M. C s'est également maintenu sur le sol national en dépit de deux précédentes mesures d'éloignement édictées en 2018 et en 2020 à son encontre. S'il expose qu'il vit à Roanne et qu'il y jouit d'une insertion professionnelle paisible, son seul statut d'auto-entrepreneur actuel ne suffit pas, contrairement à ce qu'il allègue, à lui assurer, en l'espèce, des ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins. Et ce alors, au demeurant qu'il a justifié de ressources annuelles, pour l'année 2022, à hauteur de 6 000 euros environ. Contrairement à ce qu'il prétend également, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier qu'il aurait obtenu une autorisation de travail délivrée par les services du ministère du travail, dans la Loire. Célibataire, sans enfant à charge en France, il ne justifie enfin d'aucune intensité dans les liens privés et familiaux qu'il invoque, lesquels ne sont, au surplus, étayés d'aucun élément de preuve probante. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale aurait porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
6. En quatrième lieu, alors même que M. C se prévaut d'un BTS " technicien de réseaux ", obtenu en Tunisie en 2004, et d'une insertion professionnelle récente sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en édictant une mesure d'éloignement à l'encontre du ressortissant tunisien, le préfet de Saône-et-Loire aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En cinquième lieu, M. C ne peut utilement invoquer les dispositions des articles L. 313-14, L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont plus applicables à la date de l'arrêté attaqué. Si l'intéressé a entendu, eu égard à ses écritures, se prévaloir d'un motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 du code, désormais applicable, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la situation de M. C relèverait de considérations humanitaires ou exceptionnelles. En outre, l'intéressé ne saurait davantage se prévaloir des dispositions de l'article L. 414-13 du même code, tendant à la délivrance d'un titre de séjour, subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail prévue à l'article L. 5221-2 du code du travail, dès lors qu'elles ne s'appliquent pas à l'édiction d'une mesure d'éloignement du territoire français. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " ; et de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C se maintient en France démuni de tout visa ou document de séjour depuis au moins neuf années à la date de l'arrêté qu'il attaque, nonobstant la vie professionnelle dont il se prévaut devant le tribunal. En outre, le préfet de Saône-et-Loire a pu légalement prendre en compte le comportement général de l'intéressé, notamment sa condamnation pour usage de faux documents administratifs. M. C ne fait pas état, au demeurant, de relations privées et familiales intenses sur le territoire national. Il a d'ailleurs mis en échec deux précédentes mesures d'éloignement, édictées en 2018 et en 2020, qu'il n'a pas exécutées. Ainsi, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, l'autorité administrative a fait, en dépit de la relative sévérité de cette mesure, une exacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il n'apparaît pas qu'en édictant une telle mesure, l'autorité administrative aurait commis une erreur d'appréciation sur ce point, ni même qu'elle aurait porté atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant.
Sur la mesure d'assignation à résidence édictée par le préfet de la Loire :
10. En premier lieu, contrairement à ce que soutient M. C, l'arrêté du préfet de la Loire contient les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
11. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 1 à 9, le moyen tiré de ce que la mesure d'assignation à résidence serait illégale, en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement, ne peut qu'être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la situation de M. C : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Puis, selon l'article L. 733-1 du même code, dans sa version résultant de l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020, " l'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage ".
13. D'une part, contrairement à ce qui a été soutenu au cours de l'audience, l'autorité administrative en charge de la police spéciale du séjour des étrangers peut légalement imposer une astreinte de présentation auprès des forces de police ou de gendarmerie, ainsi qu'il a été énoncé au point 12. Ainsi, et ce alors même que M. C exerce une profession d'auto-entrepreneur dans le domaine de la fibre optique, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Loire a pu édicter, à l'encontre de M. C, une telle mesure d'astreinte de présentation tri- hebdomadaire, pour contraignante qu'elle soit. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
14. D'autre part, si M. C invoque les difficultés matérielles qu'il aurait pour se rendre trois fois par semaine au commissariat de police de Roanne, il ne les établit pas devant le tribunal. Au demeurant, il a déclaré résider sur cette même commune, sans que ses déplacements ne soient pas possibles. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni d'aucun élément versé au débat au cours de l'audience publique du 24 janvier 2024, qu'en édictant une telle mesure d'assignation à résidence assortie d'une astreinte de présentation physique de l'étranger, le préfet de la Loire aurait porté une atteinte excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale. Au surplus, le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière qui l'empêcherait de mettre en œuvre cette mesure d'astreinte de présentation physique ou qui serait excessive au regard de sa situation personnelle et familiale. Par suite, ce moyen doit être écarté.
15. En quatrième et dernier lieu, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne s'appliquent pas aux mesures d'assignation à résidence. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de cette requête, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête n°2400582 de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de Saône-et-Loire, et au préfet de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le magistrat désigné,
H. HABCHI
La greffière,
E. GROS
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire et au préfet de la Loire, chacun en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°240058
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604297
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 février 2026, considérant que la motivation était insuffisante, notamment sur l'absence de réel examen de la situation personnelle et familiale du requérant au regard de l'article 8 de la CEDH. Les décisions ont été prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2603734
Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. C... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et son interdiction de retour de dix-huit mois. Le tribunal estime que l'administration était fondée à prendre cette mesure, car le requérant reconnaît être en situation irrégulière et ne démontre pas disposer d'attaches personnelles suffisantes en France pour rendre la mesure disproportionnée. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604300
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté d'éloignement. Le requérant, un ressortissant algérien, contestait l'obligation de quitter le territoire français, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour de trois ans prononcées par le préfet de l'Ain. Le tribunal a annulé l'arrêté attaqué, considérant que la décision était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une insuffisance de motivation, notamment au regard de l'examen de la situation personnelle et de l'état de santé de l'intéressé, en application des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604550
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant soudanais, qui contestait le refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment la violation présumée de la confidentialité de la procédure d'asile et les conditions de l'entretien, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les conventions internationales pertinentes.
03/04/2026