mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2401003 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024 sous le n°2401003, Mme C A, représentée par Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de la préfète du Rhône lui refusant la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois, et de lui délivrer dans un délai de 48 heures et sous la même astreinte une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxe au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de transmission de sa demande d'autorisation de travail à la DREETS ainsi qu'en l'absence d'avis du collège des médecins de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.423-23, L. 425-9 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application par la préfète du Rhône de son pouvoir général de régularisation.
La requête a été régulièrement communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit d'observations avant la clôture de l'instruction.
Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars 2025 par une ordonnance du 20 février 2025.
II- Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024 sous le n°2401028, M. B A, représenté par Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de la préfète du Rhône lui refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois, et de lui délivrer dans un délai de 48 heures et sous la même astreinte une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxe au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de transmission de sa demande d'autorisation de travail à la DREETS ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application par la préfète du Rhône de son pouvoir général de régularisation.
La requête a été régulièrement communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit d'observations avant la clôture de l'instruction.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2023.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars 2025 par une ordonnance du 20 février 2025.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bour, présidente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 15 septembre 1975, et son fils M. A, né le 3 novembre 2001, tous deux ressortissants guinéens, sont entrés sur le territoire français le 3 août 2017 selon leurs déclarations. Ils ont sollicité, le 2 mai 2023, à titre principal, leur admission exceptionnelle au séjour, à titre subsidiaire, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à tout le moins, pour M. A, un titre de séjour en sa qualité d'accompagnant d'étranger malade et, pour Mme A, un titre de séjour en sa qualité d'étranger malade. Ils demandent au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles la préfète du Rhône a implicitement rejeté ces demandes.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s2401003 et 2401028 concernent les membres d'une même famille, une mère et son fils, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article R.*432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ", et aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " la décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / (). ", et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ". En vertu de ces dispositions, la décision refusant la délivrance d'une carte de séjour temporaire constitue une mesure de police qui est au nombre de celles qui doivent être motivées. Par suite, il est loisible à l'intéressé de demander, dans le délai du recours contentieux, les motifs de la décision implicite ayant le même objet. En l'absence de communication de ces motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve alors entachée d'illégalité pour défaut de motivation.
5. Il ressort des pièces des dossiers que M. et Mme A ont déposé chacun une demande de titre de séjour en préfecture du Rhône le 2 mai 2023, et que des attestations de dépôt comportant la mention complète des voies et délais de recours leur ont délivrées à cette occasion. Du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Rhône sur ces demandes sont nées deux décisions implicites de rejet. Il ressort également des pièces des dossiers que M. et Mme A, qui avaient sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 21 septembre 2023, ont sollicité la communication des motifs des décisions implicites de rejet ainsi opposées à leurs demandes de titre de séjour, par l'intermédiaire de leur conseil, par deux courriers reçus en préfecture du Rhône le 22 septembre 2023. En l'absence de communication de ces motifs dans le mois suivant ces demandes, ni même après, les intéressés sont fondés à soutenir que les décisions refusant de leur délivrer les titres de séjour qu'ils sollicitaient sont entachées d'un défaut de motivation et, par suite, sont illégales.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation des décisions implicites par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions en injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de statuer à nouveau sur la situation de M. et Mme A en prenant pour chacun une décision expresse dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de leur délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour correspondant à leur situation. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction des astreintes sollicitées.
Sur les frais de l'instance :
8. M. et Mme A étant tous deux bénéficiaires de l'aide juridictionnelle totale, leur conseil peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, le versement à Me Paquet, conseil des requérants, d'une somme globale de 2 000 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle dans ces deux affaires.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions implicites par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de délivrer des titres de séjour à M. A et à Mme A sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer les demandes de M. et Mme A dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement et de leur délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour correspondant à leur situation.
Article 3 : L'Etat versera à Me Paquet la somme globale 2 000 (deux-mille) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle dans ces deux affaires.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A, à Me Paquet et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, première conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er avril 2025.
La présidente-rapporteure,
A-S. BourL'assesseure la plus ancienne,
V. Jorda
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,, 2401028
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
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