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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402504

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402504

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402504
TypeOrdonnance

Résumé IA

Opposition à contrainte. Tribunal Administratif de Lyon. Rejet de la requête de Mme B contestant un indu d'allocation de logement sociale. La requérante n'a soulevé que des moyens inopérants (bonne foi, précarité) malgré une invitation à régulariser. Application des articles R. 222-1 7° et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, Mme A B, doit être regardée comme :

1°) formant opposition à la contrainte émise à son encontre par la directrice de la caisse d'allocations familiales du Rhône le 24 février 2024, pour le recouvrement de la somme de 406,00 euros correspondant au solde d'un indu d'allocation de logement sociale constitué pour la période d'octobre à novembre 2021 ;

2°) demandant au tribunal de la décharger de l'indu.

Elle soutient qu'elle ne peut pas rembourser cette somme et qu'elle n'est pas responsable de l'indu.

Par un courrier du 12 avril 2024, le greffe du tribunal a invité Mme B, en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, à motiver et compléter sa requête, dans un délai d'un mois, en indiquant précisément au tribunal l'objet de sa demande et en présentant une argumentation destinée à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. En matière de contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indus d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".

4. Par une lettre adressée le 14 avril 2024, et dont elle a accusé réception le 17 avril 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête à l'aide d'un formulaire invitant notamment la requérante à préciser les motifs de sa demande et l'informant de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments et des justificatifs destinés à établir que la décision contestée a méconnu ses droits. Dans ses écritures produites après que lui ait été notifié ce formulaire, Mme B se borne à indiquer avoir conscience d'être redevable de cette dette, et à solliciter une remise de dette en soutenant que sa situation de précarité ne lui permet pas de rembourser les sommes réclamées par la contrainte du 21 février 2024 et qu'elle n'est pas responsable de l'erreur ayant généré l'indu. Toutefois, le moyen tiré de sa bonne foi et de sa situation de précarité est inopérant à l'encontre d'une opposition à contrainte. Dans ces conditions, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens inopérants, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.

Fait à Lyon, le 3 avril 2025.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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