mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403356 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, Mme A B, représentée par la Serarl Lozen Avocats (Me Cadoux), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet du Rhône lui refusant la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un premier titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer, le temps de l'instruction, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros par mois à compter du cinquième mois suivant le dépôt du complément d'instruction de sa demande de titre de séjour à parfaire au jour de la liquidation de son préjudice ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros, à lui verser, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants en violation des stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le refus illégal de délivrance d'un titre de séjour lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence dont elle est fondée à demander réparation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2025, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur la requête. Elle informe le tribunal qu'elle a décidé de faire droit à la demande de Mme B et qu'un titre de séjour, valide du 6 janvier 2025 au 5 janvier 2026, lui a été délivré.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bour, présidente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante arménienne née le 26 avril 1995, est entrée sur le territoire français le 11 septembre 2017 selon ses déclarations. Elle a sollicité, le 27 juillet 2021, la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet du Rhône a implicitement rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Rhône a délivré à Mme B le titre de séjour qu'elle sollicitait, en cours d'instance. Les conclusions en annulation et injonction de la requête ont, dès lors, perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En se bornant à soutenir qu'elle a subi un préjudice moral certain et des troubles dans ses conditions d'existence eu égard à l'intensité de sa vie privée et familiale en France, sans plus de précisions circonstanciées, Mme B n'établit, ni la réalité des préjudices dont elle demande réparation, ni leur lien de causalité avec la décision implicite qu'elle contestait et qui a disparu en cours d'instance. Ses conclusions indemnitaires doivent, par conséquent, être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en annulation et injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, première conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.
La présidente-rapporteure,
A-S. BourL'assesseure la plus ancienne,
V. Jorda
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
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