Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404073

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404073
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de la commission de médiation du Rhône de la reconnaître comme prioritaire pour un relogement au titre du droit au logement opposable. La requérante, propriétaire d’un logement à Sao-Tomé et disposant de ressources suffisantes en France, n’a pas fourni de pièces justificatives pour étayer ses allégations d’insalubrité. Ses moyens ont été jugés manifestement insuffisamment précis ou inopérants, conduisant au rejet sur le fondement de l’article R. 222-1, 7° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 avril et 21 août 2024, Mme A B demande au Tribunal d'annuler la décision du 27 février 2024 par laquelle la commission de médiation du " droit au logement opposable " du Rhône a refusé de la déclarer comme étant dans une situation prioritaire et d'urgence pour un relogement.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative spécialement applicable en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 772-7 de ce même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête () a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

3. Par décision du 27 février 2024, la commission de médiation du " droit au logement opposable " du Rhône a refusé de déclarer Mme B comme étant dans une situation prioritaire et d'urgence pour un relogement aux motifs, d'une part, qu'elle est propriétaire d'un logement sur l'île de Sao-Tomé, et d'autre part, qu'elle dispose de moyens pour trouver une solution de logement ou d'hébergement par elle-même, eu égard notamment à ses ressources.

4. La requérante soutient, en produisant seulement la décision attaquée, que l'habitation dont elle est propriétaire à Sao-Tomé est une maison " insalubre [et] surpeuplée " et que c'est en raison de la situation sur cette ile qu'elle est venue en France, en précisant qu'ils ont " tous les deux un emploi ". Par le mémoire enregistré le 21 août 2024 sous la forme du formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative, faisant suite à l'invitation du greffe du tribunal à régulariser sa requête en la motivant suffisamment et en présentant toutes les pièces justificatives de sa demande, elle se borne à indiquer que " l'administration a pensé à tort que le logement occupé sur l'île est bon. L'administration n'a pas écouté [ses] revendications ". En ne produisant aucune pièce à l'appui de ses allégations concernant l'habitation dont elle est propriétaire et en ne contestant pas que son ménage dispose de ressources suffisantes pour se loger compte tenu des emplois occupés en France, la requête de Mme B ne comporte que des moyens qui sont soit manifestement pas assortis de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, soit inopérants. Elle doit, dans ces conditions, être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon le 13 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,