jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407252 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GRAUZAM - ELBAZ - SAMAMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, la société Mydev, représentée par Me Grauzam, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 27 mai 2024 par laquelle la préfète du Rhône suite au recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 30 janvier 2024 demandant le remboursement de la somme de 547 782,85 euros jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'obligation de verser au Trésor public la somme demandée prononcée à son encontre par la décision litigieuse a des conséquences importantes sur sa situation financière ; elle ne peut pas faire face au remboursement demandé au regard de ses revenus et de ses charges, en outre, les formateurs indépendants ayant un contrat avec elle vont se retrouver dans une situation de précarité financière.
- s'agissant des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
* la décision est entachée d'un vice de forme en indiquant que le remboursement doit intervenir pendant la période contradictoire, un vice de forme en ce que la préfète de Région agissant par ses délégataires ne pouvait proposer à elle-même une sanction et d'un vice de forme sur la date de la décision ; elle n'est pas motivée ; en outre la décision de notification est signée par une personne n'ayant pas délégation ;
* les formations de la société tendant à la délivrance des certifications " Pipplet Flex ", " Management d'équipes " et " PCIE " inscrites au répertoire spécifique étaient éligibles au compte personnel de formation ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le fait de ne pas avoir fourni les résultats des évaluations en cours de formation des candidats ni leurs dossiers professionnels ne pouvait conduire à demander le remboursement des prestations correspondant aux formations tendant à la délivrance de titre professionnels inscrits au répertoire national des certifications professionnelles, lesquelles étaient en conséquence éligibles au compte personnel de formation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juillet 2024 sous le n° 2407251 par laquelle la société Mydev demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la société Mydev analysés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité la décision du 27 mai 2024. La demande de suspension de l'exécution de cette décision est dès lors manifestement mal fondée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, la requête de la société Mydev doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Mydev est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée la société Mydev.
Fait à Lyon, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
M. A
La République mande et ordonne au ministre du travail du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,