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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2408673

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408673

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408673
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantLAWSON BODY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 28 août 2024, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours de deux mois, la décision ayant été notifiée le 25 mars 2024. En application des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans invitation à régulariser. Par ailleurs, le tribunal a retiré le bénéfice de l'aide juridictionnelle accordé à M. A, conformément aux articles 50 et 51 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2024, M. B A, représenté par Me Lawson-Body demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 20 mars 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer au plus tôt un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire " et, dans l'attente, lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail sous huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) subsidiairement, d'enjoindre au préfet de la Loire de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et, dans l'attente d'une nouvelle décision préfectorale, lui remettre une autorisation provisoire de séjour sous huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, à charge pour lui de renoncer à l'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2024.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "

3. Il ressort des pièces versées au dossier par le préfet de la Loire que le pli recommandé contenant les décisions attaquées a été présenté le 25 mars 2024 et qu'il a été retourné aux services de la préfecture avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Ces décisions comportaient de manière lisible la mention des voies et délais de recours. M. A n'a déposé sa demande d'aide juridictionnelle que le 24 juin 2024, soit au-delà du délai qui lui était imparti. Dès lors, la présente requête, enregistrée au greffe du tribunal le 28 août 2024, soit après l'expiration du délai de recours, est tardive, et donc manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et de rejeter la requête.

4. En outre, aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée () manifestement irrecevable () ". L'article 51 de cette même loi dispose que : " Le retrait de l'aide juridictionnelle () peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. () Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ".

5. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la requête de M. A est manifestement irrecevable et il y a lieu, par suite, de lui retirer le bénéfice de l'aide juridictionnelle qui lui a été octroyé par la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 juillet 2024.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle octroyée à M. A par la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 juillet 2024 est retiré.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Lawson-Body et au préfet de la Loire.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Lyon, le 10 avril 2025.

La présidente,

P. Dèche

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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