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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409455

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409455

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409455
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantSCP SEBAN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche, représentée par Me Stahl, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension immédiate de l'exécution de l'arrêté préfectoral n°07-2024-08-09-00004 du 9 août 2024 portant prescriptions complémentaires à autorisation et relatif à l'expérimentation de l'ouverture de la vanne de fond pour une opération test de transit sur le barrage des Collanges ;

2°) d'enjoindre au Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche de suspendre l'exécution des travaux prévus pour la réalisation du projet autorisé par l'arrêté préfectoral du 9 août 2024 ;

3°) d'ordonner toute mesure utile et nécessaire à la sauvegarde des libertés fondamentales environnementales ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt à agir au regard de l'objet de ses statuts et de la nature des travaux autorisés et dispose d'un agrément au titre de la protection de l'environnement ;

- s'agissant d'une procédure d'urgence, l'association est régulièrement représentée par son président en vertu de l'article 30 de ses statuts ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux doivent démarrer par la vidange du barrage à compter du 24 septembre 2024 et que celle-ci aura des conséquences irréversibles sur l'environnement ;

- l'arrêté porte atteinte au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, qui est une liberté fondamentale : le projet aurait dû être soumis à autorisation environnementale en application des articles L. 214-3 et R. 214-1 du code de l'environnement, d'une part, dès lors qu'aucun calcul de la superficie des frayères affectées n'a été mené et que plus de 200m2 de frayères potentielles, concernant aussi bien la truite que le brochet, vont être affectées sur l'ensemble du périmètre du projet, d'autre part dans la mesure où l'opération projetée consiste en une modification substantielle de l'autorisation accordée par arrêté préfectoral du 15 décembre 2022 ; alors que les travaux sont prévus pendant la période de reproduction de la truite d'Europe et que l'arrêté du 30 septembre 2014 fixant les prescriptions techniques générales applicables aux installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 du code de l'environnement et relevant de la rubrique 3.1.5.0 de la nomenclature annexée à l'article R. 214-1 du code de l'environnement prévoit en son article 5 que toute intervention dans le lit mineur ou majeur d'un cours d'eau pouvant avoir une incidence sur les zones de frayères est interdite pendant la période de reproduction, sauf dérogation, il n'est justifié ni de ce qu'il n'existerait pas de solution alternative techniquement réalisable à un coût raisonnable au regard des incidences sur l'environnement, ni de mesures de compensation ; contrairement à ce qu'a estimé la préfète de l'Ardèche, le projet envisagé nécessitait une dérogation " espèces protégées " : aucun recensement complet et détaillé précisant les impacts potentiels ou atteintes à la biodiversité susceptibles d'être portés par le projet n'a été effectué préalablement au dépôt du dossier ; l'arrêté se borne à prévoir des mesures de suivi a posteriori ; le dossier du projet indique que celui-ci aura des impacts sur plusieurs espèces protégées ; les mesures d'évitement et de réduction prévues par l'arrêté sont insuffisantes.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2024, le syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, dès lors que des mesures d'évitement et de réduction sont mises en œuvre et que les impacts sur les espèces et les habitats ne sont pas significatifs ; au surplus, il y a urgence à mettre en œuvre le protocole afin de restaurer le milieu aquatique en aval du barrage ; la requérante s'est elle-même placée dans la situation d'urgence qu'elle dénonce en déposant tardivement son recours ;

- aucune atteinte grave et manifestement illégale aux atteintes de la Fédération requérante ne peut être retenue : si le projet peut porter à court terme atteinte aux frayères identifiées, il ne conduira pas à leur destruction et sera accompagné d'une mesure de décolmatage des zones de fraie, de nature à favoriser les sites de reproduction ; si la période critique de reproduction de la truite a lieu à compter du début du mois de novembre, les opérations devraient être achevées à cette date, la période de vidange ayant au demeurant fait l'objet d'une concertation avec la Fédération requérante pour minimiser l'impact ; aucune autorisation prise en application de l'article L. 181-14 du code de l'environnement ne devait être délivrée ; le projet a fait l'objet de recherches de solutions alternatives et envisage des mesures de compensation et d'évitement, en particulier s'agissant de la truite d'Europe, le dossier de déclaration de loi sur l'eau faisant état d'un impact résiduel faible à modéré sur cette espèce ; aucune dérogation " espèces protégées " n'était nécessaire, dès lors que les impacts résiduels sont nuls, faibles ou modérés ; de nombreuses études portant sur le projet et le périmètre du site ont été menées.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958 et la Charte de l'environnement ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Stahl, représentant la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche, qui reprend les conclusions et moyens de sa requête. Elle précise tout d'abord que la date de la vidange et de début de l'opération a été reportée au 30 septembre 2024. Elle indique également que la condition d'urgence est satisfaite, eu égard à l'impact sur le milieu aquatique du projet, et qu'il n'existe pas d'urgence à mettre en œuvre ce projet, qui aurait dû faire l'objet d'une autorisation environnementale. Elle rappelle que le projet porte atteinte de manière illégale à plusieurs espèces protégées, en particulier la truite d'Europe, et qu'aucune mesure alternative n'a été envisagée s'agissant des destructions de frayères. Elle souligne également le risque d'atteinte au castor d'Europe et à la flore protégée, le risque étant suffisamment caractérisé au sens de la décision du conseil d'Etat du 30 mai 2024, n°474077. Elle souligne que le recensement préalable a été insuffisant, que le risque est caractérisé pour plusieurs espèces protégées, que les mesures d'évitement sont insuffisants et qu'aucune mesure de compensation n'a été mise en œuvre.

- les observations de Me Cazou, représentant le syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche, qui précise que l'opération projetée, qui est une opération pilote, n'a pas pour objet de vider le barrage de l'intégralité de ses sédiments, mais doit seulement permettre de déterminer au mieux la possibilité d'un rétablissement du transit sédimentaire sur l'ouvrage, qui sera bénéfique à moyen terme pour l'environnement et permettra le rétablissement d'une capacité de stockage d'eau. Compte-tenu de la composition des sédiments stockés dans le barrage, seule une partie de ceux-ci devraient être évacués. Elle précise également que le syndicat a mené une concertation et des études poussées sur ce dossier, afin de disposer d'une connaissance précise des impacts, et que la Fédération requérante a été associée à ces démarches, la date de démarrage ayant été avancée à sa demande. Elle indique également que le projet tient compte des observations de l'Office français de la biodiversité, puisque près de 2 000m3 de matériaux grossiers, récupérés en queue de barrage, ont déjà été réinjectés en aval, ce qui devrait permettre de limiter les impacts de la vidange. S'agissant de la truite d'Europe, elle précise que la période critique de reproduction de cette espèce démarre en novembre, que la date retenue pour l'opération est la moins mauvaise au regard de l'ensemble des espèces présentes sur le site, que si les frayères sont susceptibles d'être impactées, celles-ci demeurent peu nombreuses sur l'emprise de l'opération, contrairement aux estimations de la Fédération requérante, qu'elles ne seront pas détruites, et que des mesures de décolmatage seront mises en œuvre pour limiter les impacts. Elle précise enfin que plusieurs scénarii ont été étudiés, et que la mise en place d'un protocole pilote par l'ouverture de la vanne de fond, qui est au demeurant réalisée chaque année, constitue la solution la moins impactante, et a justement pour objet de déterminer la meilleure solution pour permettre de rétablir un transit sédimentaire sur l'ouvrage. Elle insiste enfin sur l'urgence à mettre en œuvre l'opération, eu égard aux délais contraints fixés par la préfète de l'Ardèche dans son arrêté du 15 décembre 2022.

- les observations de M. A, représentant la préfète de l'Ardèche, qui conclut au rejet de la demande de suspension. Il fait valoir que l'opération projetée poursuit un objectif d'intérêt général, qui sera bénéfique sur l'écosystème à moyen terme et doit permettre de rétablir l'ensemble des fonctionnalités du barrage. Il précise que tant la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement que l'Office français de la biodiversité ont émis un avis favorable à cette opération, que les mesures de réduction permettant de rééquilibrer la composition granulométrique du transit sédimentaire et préconisées par cette office ont déjà été mises en œuvre par le syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche, et que des mesures de réduction, d'évitement et de contrôle ont été prescrites dans l'arrêté.

La clôture de l'instruction ayant été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

2. Le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, tel que proclamé par l'article premier de la Charte de l'environnement, présente le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Toute personne justifiant, au regard de sa situation personnelle, notamment si ses conditions ou son cadre de vie sont gravement et directement affectés, ou des intérêts qu'elle entend défendre, qu'il y est porté une atteinte grave et manifestement illégale du fait de l'action ou de la carence de l'autorité publique, peut saisir le juge des référés sur le fondement de cet article. Il lui appartient alors de faire état de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier, dans le très bref délai prévu par ces dispositions, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Dans tous les cas, l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 précité est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. Compte tenu du cadre temporel dans lequel se prononce le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.

3. Le Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche est propriétaire de la centrale hydroélectrique du Cheylard située sur la rivière " Eyrieux ", de son barrage, appelé barrage des Collanges, du plan d'eau et de ses rives. Par arrêté du 15 décembre 2022, la préfète de l'Ardèche a autorisé pour une durée de cinq ans l'exploitation de la centrale hydroélectrique, a réglementé l'usage de l'eau pour les entreprises autorisées à utiliser l'énergie hydraulique et a fixé les prescriptions relatives à la sécurité du barrage. En outre, et eu égard à l'engravement conséquent du barrage représentant environ 1,5 millions de mètres cube de sédiments et gravats, qui réduit considérablement la quantité d'eau disponible pour les besoins de l'irrigation, et eu égard à l'absence de transparence sédimentaire du barrage qui est à l'origine d'une nette dégradation du milieu aquatique en aval sur plusieurs kilomètres, l'arrêté du 15 décembre 2022 a prescrit à son article 17 que le permissionnaire disposait d'un délai de deux ans pour définir une solution partagée aux problématiques de transit sédimentaire, soit jusqu'au 15 décembre 2024, puis d'une période de trois ans au maximum pour conduire le travail de maîtrise d'œuvre et déposer les dossiers de travaux. C'est dans ce cadre que le Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche a procédé le 29 juillet 2023 à la déclaration relative à la réglementation des installations, ouvrages, travaux et aménagements, sur le fondement de l'article L. 214-3, II du code de l'environnement et sollicité la préfète de l'Ardèche en vue de la mise en place d'un protocole pilote pour acquérir des données quant au fonctionnement de la vanne de fond du barrage, en vue du rétablissement du transit sédimentaire. Par un arrêté du 9 août 2024 portant prescriptions complémentaires à autorisation et relatif à l'expérimentation de l'ouverture de la vanne de fond pour une opération test de transit sur le barrage des Collanges, la préfète de l'Ardèche a autorisé le Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de l'Ardèche à procéder à une vidange du barrage, et à laisser transiter intégralement tous les débits à fins d'observation. La Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner la suspension immédiate de l'exécution de cet arrêté.

4. Il résulte de l'instruction, en premier lieu, que le protocole pilote d'ouverture de la vanne de fond a fait l'objet, au titre du dossier de déclaration loi sur l'eau, d'un rapport d'analyse réalisé en septembre 2023 par un cabinet indépendant qui décrit l'état initial du périmètre du projet, les motifs qui ont conduit à retenir la mise en place d'un protocole pilote d'ouverture de la vanne de fond, ainsi que les impacts potentiels du projet. Le rapport d'évaluation des incidences daté de septembre 2023, réalisé par un second cabinet indépendant, et complété par un rapport de septembre 2024, analyse en particulier les incidences résiduelles du projet après mise en place des mesures d'évitement et de réduction, et conclut à un impact non significatif sur les habitats du site d'étude et sur le cortège floristique, à un impact non significatif sur les mammifères, l'avifaune, les amphibiens, les invertébrés, ainsi que sur les espèces piscicoles en amont du barrage, et à un impact faible à modéré sur le barbeau méridional, le toxostome, le blageon et la truite commune. Le même rapport fait état de ce que les zones de reproduction de ces espèces sont en l'état actuel très dégradées en aval du barrage, et que le choix de réaliser le protocole pilote lors de la période la plus propice au calendrier écologique des espèces, la mesure du taux de matière en suspension dans l'eau et les opérations de décolmatage des zones potentielles de frayère sont de nature à permettre le maintien de la fonctionnalité de ces milieux et à limiter l'impact de l'opération sur ces espèces. En deuxième lieu, il est constant que l'Office français de la biodiversité, après avoir rappelé la nécessité de restaurer le transit sédimentaire sur l'ouvrage, a émis le 26 septembre 2023 un avis favorable à l'opération, sous réserve de la réinjection d'un volume de 2 000 à 5 000 m3 de sédiments destinés à rééquilibrer la composition granulométrique du transit sédimentaire, prescription reprise à hauteur de 2 000 m3 à l'article 12 de l'arrêté contesté, et dont il résulte de l'instruction orale menée lors de l'audience qu'elle a déjà été mise en œuvre par le Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de de l'Ardèche, aucun élément de l'instruction ne permettant en outre de considérer qu'elle serait insuffisante. En troisième lieu, alors que l'arrêté préfectoral du 15 décembre 2022 oblige l'exploitant de l'ouvrage à pratiquer des chasses de dégravage, notamment par ouverture de la vanne de fond en période de crue, et que le syndicat a confirmé lors de l'instruction menée à l'audience que la vanne de fond du barrage est ouverte chaque année, il ne résulte pas de l'instruction que ces opérations auraient porté atteinte aux espèces présentes sur le site. En dernier lieu, l'arrêté contesté comporte plusieurs prescriptions obligeant l'exploitant à assurer un suivi continu du déroulé du protocole pilote, en ce qui concerne en particulier la surveillance et les mesures des matières en suspension et de l'oxygène dissous, l'obligeant à mettre en place des mesures de réduction et d'évitement en faveur de la biodiversité, enfin le contraignant à réaliser un bilan détaillé de l'opération. Il ne résulte pas de l'instruction, eu égard à la faible surface de frayères effectivement mise en évidence sur le périmètre du projet et à leur situation, que les opérations de décolmatage prescrites au syndicat pour la réalisation du projet seraient insuffisantes et inadaptées, alors au demeurant, comme il a été dit précédemment, que l'opération sera achevée début novembre 2024, début de la période critique de reproduction de la truite d'Europe.

5. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, et eu égard à l'ensemble des éléments qui viennent d'être évoqués, il n'est pas établi que l'opération autorisée par l'arrêté du 9 août 2024 aurait une incidence grave sur les espèces présentes dans la rivière et porterait une atteinte grave et manifestement illégale au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche doit être rejetée en toutes ses conclusions.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de de l'Ardèche présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de de l'Ardèche présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique de l'Ardèche, au Syndicat de développement, d'équipement et d'aménagement de de l'Ardèche et à la préfète de l'Ardèche.

Fait à Lyon, le 25 septembre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffer,

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